Mois : juillet 2015

 

 

Poème/chanson sur le désir de maternité et l’horloge biologique qui égrène les heures en regardant passer les chances de procréer.

 

Tic tac tic tac il est déjà 35 ans

Tic tac tic tac tu n’es toujours pas maman

Tic tac tic tac pourtant ça devient urgent

Tic tac tic tac ton ventre réclame un enfant

 

Tic tac tic tac ce ventre vide

Tic tac tic tac ces bras avides

Tic tac tic tac mais qu’est-ce que t’attends ?

Tic tac tic tac toujours pas ? C’est pour quand ?

 

Les aiguilles tournent dans ma tête

Réduisent mon cerveau en purée

Mes hormones me font perdre la tête

Je suis cinglée et déprimée.

 

L’horloge détruit ma raison

Me conduit à l’aliénation

Biologique, tu n’l’es que de nom

Psychiatrique est mon affection.

 

Deux moitiés manquaient à mon moi

L’âme soeur, stupeur, est arrivée.

L’équation n’est pas terminée.

Pour être entière, nous serons trois.

 

Nous avons rendez-vous

L’agenda est serré

Je redoute, je l’avoue,

La ponctualité

Un retard, pour le coup,

Serait bien apprécié.

Un baiser dans le cou

Me voilà inspirée.

 

Tic tac tic tac il est déjà 36 ans

Tic tac tic tac tu n’es toujours pas maman

Toc toc toc d’un minuscule enfant

Toc toc toc elle l’est à présent.

 

 

 

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Je publie cet article dans le cadre (entre autres) du concours « Vis ma vie de rôliste » organisé par Infinite RPG.

 

Il s’agit, si j’ai tout bien compris, de présenter le jeu de rôle textuel et de parler des personnages. Je suis rôliste et le jeu de rôle a eu de gros impacts sur ma vie, dont certains assez inattendus. Je ne vais pas faire un exposé sur le RolePlay, un tuto sur la création de perso ou encore donner des conseils d’écriture pour rendre un personnage et son histoire plus crédibles ou plus vivants. Le mieux, c’est de vous montrer.

 

 

Bienvenue dans « ma vie de rôliste » :

 


 

 

Il est 7 heures. Je me lève, je mets le café à chauffer, j’allume le PC, je vais pisser. Le petit dort encore. Je m’installe tranquillement, mon bol à la main. Le premier onglet que j’ouvre, c’est Bouzouks.net. C’est un jeu de rôle textuel. Je suis addict. Je suis Pincemi.

 

L'avatar de Pincemi

 

J’ai commencé à y jouer il y a plus de dix ans. Mais je n’avais pas compris le principe du RP (le fait de jouer un rôle). Je me croyais persécutée par les modérateurs d’un forum que je trollais.

Cette incompréhension fut source de confusion dans mon esprit. Ne faisant pas bien la différence entre le jeu et la réalité, j’ai finalement arrêté quand j’ai vu que j’étais bien trop affectée émotionnellement.

Je suis retombée sur le jeu quelques temps plus tard, il y a environ 8 ans. Je me suis réinscrite en sachant, cette fois, où je mettais les pieds. J’ai fait preuve de plus de prudence et de distance.

 

 

Je me connecte. Je file voir le résultat des élections. Et merde, j’ai encore perdu. Ils ont encore élu ce naze de Trouducu. Bon, tant pis… Demain, je lancerai une destitution. Je serai maire, un point c’est tout !

Du courrier ? Une notification ? Le RP (action en cours) a avancé ? Machin a enfin répondu ?

 

 

Avec la complicité d’une autre joueuse, nous avons créé un duo et je me suis lancée sur le Tobozon, le forum RP du jeu. Nos personnages se sont étoffés, se sont affirmés, tout en se définissant toujours par notre duo. On s’est marré, on s’est fait des potes, on a intégré la communauté.

Puis j’ai rencontré ce joueur, à la fois génial et complètement cinglé. Je crois que je suis tombée amoureuse la première fois que je l’ai lu.

 

Je prends connaissance des événements pouvant avoir un impact sur mon personnage et sa vie, pour pouvoir décider de la suite des événements. Je ris des bêtises des copains « Ah ah ah Dedel a encore frappé ! »… « Quelle goillotte, cette Nabuee ! Je l’adore ! ». C’est en jubilant que je fais dire les pires vacheries à Pincemi, que je la rends tour à tour splendide ou ridicule, détestable ou émouvante… C’est parfois la gorge serrée que je lui fais traverser les drames de sa vie.

 

Quelques semaines après que le génial cinglé ait emménagé chez moi, le site fermait, laissant des centaines de joueurs désespérés.

 

Tiens ! Un nouveau RP ! Crole ? Qui c’est ? Voyons voir ça. Encore un nouveau qui poste 3 imbécilités et qui espère remporter le jeu et devenir une célébrité ? Ah non, c’est une nouvelle et elle arrive en ville après un tour du monde à l’envers et à cloche-pied ?! J’aime son humour, son style, son histoire. J’ai envie de jouer avec elle. Je rédige vite un post sur son sujet pour que nos personnages fassent connaissance, une pige pour diriger les joueurs vers son RP et un article pour la Gazette, histoire de lui donner un max de visibilité.

 

Il y a six ans, j’ai épousé le cinglé. Il y deux ans et demi, nous nous sommes tous les deux réinscrits quand Bouzouks.net v2 a ouvert ses portes. Il ne s’est pas plu dans la nouvelle version. Il a arrêté d’y jouer.

 

Le bébé se réveille. Je finirai l’article plus tard.

 

Le lendemain de l’accouchement, j’ai posté une photo de notre bébé sur le forum du jeu, pour le présenter à la communauté. Les admins sont ses « parrains » et Tweedy me traite de mauvaise mère parce que je fais manger du brocoli à Patate, mon bébé.

 

Quelques heures plus tard, j’ai un peu de temps. Je boucle l’article puis je me remets à bosser. Je résiste environ cinq minutes à la tentation de me reconnecter.

 

Depuis que je suis maman, je joue beaucoup moins. Manque de temps, mais pas seulement. Je n’ai plus ce besoin de fuir une vie qui me malmenait pour me réfugier dans celle que je créais, que je contrôlais, une vie où je n’avais pas ce que je voulais contre une vie pleine de réussite, de richesse, de pouvoir, d’amours, de sexe, de drogue, de haines, de gloire, d’amants, d’amis et d’ennemis.

 

Chaque jour, je construis la vie de Pincemi.

 

 

Elle est ma création, ma créature, mon meilleur support d’écriture. Elle a vécu moult aventures et, aujourd’hui, elle me fournit tant de matière que j’ai de quoi en faire un roman.

 

 

Je clique « Nouveau document ». Je commence à taper. J’écris la vie de Pincemi, et de ceux qui en font partie.

 

J’ai toujours cet amour du RolePlay. J’ai juste envie de le servir autrement. Alors, très naturellement, j’ai intégré le jeu de rôle à mon métier. Je serai très bientôt officiellement écrivain public et, parmi mes prestations, je souhaite partager mon expérience de rôliste et faire pratiquer le jeu de rôle dans le cadre d’ateliers d’écriture spécialisés.

 

Fin de la journée. Le bébé est couché. Mon mari m’écoute distraitement pester contre ces nazes qui ne savent pas jouer, ceux qui écrivent avec leurs pieds, ceux qui n’ont pas voté pour moi alors que je suis bien plus amusante, présente et charismatique que le boulet auquel j’étais opposée… Il subit mes états d’âme de rpiste contrariée. Pour la Xième fois, furieuse, je menace de quitter le jeu, on verra bien ce qu’ils feront sans moi, blablabla blablabla….

Le lendemain matin, ou même parfois à peine une heure après, je suis en train de rédiger mon prochain RP…

 

 

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Je crois que ça se passe de commentaire (quoi qu’en dise le SEO)…

 

Lentement, je le déballe

Mon joli p’tit Maroilles.

Gourmande je me délecte

D’une odeur qui débecte.

Pas besoin d’inspirer pour le respirer.

La pièce est embaumée, contaminée.

Pas de quoi pleurnicher,

Il arrache le nez, mais pas le gosier.

 

Zut ! Mes doigts ont touché l’emballage

De ce fichu fromage !

Me voilà pestilence.

Je devrais filer au lavabo

Comme une forcenée, frotter au savon et à l’eau.

Mais je suis décadence.

Je hume mes mimines

Je bouffe mon fromage, me lèche les babines.

 

Une fois l’orgie faite

Et la goulue, repue,

Vite ! L’emballage je jette,

Car lui aussi, il pue.

 

 

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