Mois : août 2017

 

Il faut croire que les poils m’inspirent, car si ça continue je vais en faire un recueil ! Après J’ai du poil aux pattes, qui parle surtout de la vulnérabilité des femmes, voici « J’ai du poil sous les bras », sur le droit de ne pas se conformer aux modèles et standards féminins imposés par la société, le droit d’être différente et imparfaite, d’être belle parce qu’on est soi-même.

 

J’ai du poil aux pattes

Du poil sous les bras

Le ch’veu un peu gras

Des bourrelets sympa

Ailes de chauve souris

Tombant sous les bras

Pas de beaux habits

J’aime mieux les sketba

J’mets pas de talons

Que des pantalons

J’m’habille comme un sac

Sauf pour mon mari

Pour les autres morbacs

J’me fous d’être jolie

 

Je

Suis une femme

Imparfaite

Pas refaite

 

J’ai

Une âme

J’suis pas qu’une jupette

Une paire de gambettes

 

J’ai des cicatrices

Et puis des varices

Je suis la matrice

Et ça laisse des traces

J’ai des p’tits kilos

En vrai ils sont gros

Et ils sont en trop

Je suis un peu grasse

J’ai des p’tits boutons

Un poil au menton

Des rides sur le front

Le nez un peu rond

Des yeux bleus tout cons

Du sébum en masse

 

Je

Suis une femme

Imparfaite

Pas refaite

 

J’ai

Du charme

Une tête bien faite

Pas trop bête

 

Ces foutus défauts

N’affectent pas trop

Ma féminité

Quand je mets mon haut

Mon mari a chaud

Mon buste est parfait

Ces foutus défauts

N’altèrent pas trop

Ma féminité

J’suis quand même jolie

Puisque je te l’dis

Même pas toshopée

Ces foutus défauts

Je les aime pas trop

Mais faut accepter

Alors ne pointe pas

Ton vilain gros doigt

Pour les désigner

Et puis toi aussi

T’es pas bien joli⋅e

Tu t’es bien r’gardé⋅e

 

Je

Suis une femme

 

Je

Suis un homme

 

Je

Suis humain⋅e, en somme

 

Merci de votre partage

Je ne suis pas féministe, parce que je ne me reconnais pas dans cette mouvance, et parce que je préfère être humaniste et me soucier aussi du sort fait aux gros⋅ses, aux noir⋅e⋅s et aux pédé⋅e⋅s (oui, l’écriture inclusive, c’est compliqué, mais moins que le passage à l’euro. Vous verrez, vous vous y ferez… et moi aussi).

Mais chaque fois que j’entends « Mais tu as vu comment elle était habillée, aussi ? Elle l’a bien cherché », je bondis. Quand une jeune fille a honte de demander une protection hygiénique, je m’insurge contre cette société qui nous apprend à avoir honte de quelque chose qu’on ne peut pas contrôler et qui est aussi naturel que respirer.

Alors comme à chaque fois qu’un sujet me touche, me parle, me fait gerber, j’écris.

Petit message à la société :

Je suis délicate

J’ai du poil aux pattes

Et quand on s’éclate

J’me mets à quatre pattes

Mais j’suis pas ta pute

Même si j’suis en rut

Tu dois demander

Si tu veux m’baiser

Et ne pas renier

Ma putain d’liberté

En m’traitant de traînée

Sitôt rhabillés

Parce que même délicate

Si je trouve une batte

Ta p’tite gueule j’l’éclate

Comme une primaire primate

 

Je

Veux juste la liberté

Être traitée comme je le permets

Être payée comme je le mérite

Pas moins cher

Ou bien à coups de bite

 

Je

Veux juste la sécurité

Pouvoir être belle

Sans l’avoir mérité

Cette jupe échancrée

N’est pas un appel

 

Je

Veux juste l’adelphité

Pouvoir exister

Sans avoir à me battre

Qu’on n’me méprise pas

Parce que j’ai une chatte

 

Être écoutée

Sans avoir à crier

Que la féminité

Ne soit plus un handicap

Ne sois plus un danger

Que la misofolie soit bel et bien finie

 

Et si j’dis non

Garçon tu es prié

De n’pas être violent

De ne pas m’insulter

De contrôler ton gland

De ne pas me forcer

De n’pas briser mon corps

De n’pas briser ma vie

De n’pas tuer en moi toute envie

Sauf celle de me donner la mort

Tu peux être vexé

Tu peux être frustré

Ça t’donne pas le droit de me bafouer

Tu survivras, tu sais

Mais si tu forces

Moi, peut-être pas.

 

Je

Veux juste la sécurité

Pouvoir être belle

Sans l’avoir mérité

Cette jupe échancrée

N’est pas un appel

 

Je

Veux juste l’adelphité

Pouvoir exister

Sans avoir à me battre

Qu’on n’me méprise pas

Parce que j’ai une chatte

 

Être écoutée

Sans avoir à crier

Que la féminité

Ne soit plus un handicap

Ne sois plus un danger

Que la misofolie soit bel et bien finie

 

Chéri, si j’te dis oui

Qu’on baise à la folie

Que ce soit dans un lit

Ou dans une boite de nuit

Que de toi j’n’attends rien

Pas même un lendemain

Ce n’est pas parce que j’suis

Une salope finie

Une pute bon marché

Usine à MST

Mais parce que tu m’plaisais

Et que j’ai eu envie

Juste pour une nuit

Avec toi d’m’allonger

Parce que je suis libre

De faire ce qui me plait.

 

Doublure Stylo, féministe refoulée, grossière et blasée

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