Mois : novembre 2018

Il y a presque un an, j’ai décidé de participer au concours de Fiction-interactive.fr avec, évidemment, l’impression d’avoir largement le temps. Sauf qu’on est à un mois et demi de l’échéance et je n’ai toujours rien à présenter. Mais comme je tiens à participer, j’essaie de mettre un coup de collier, histoire d’avoir au moins un petit quelque chose pour participer. Pour le plaisir. Pour l’honneur. Pour Hugo Labrande et la sympathique communauté du monde de la fiction interactive. C’est un peu, je l’avoue, ce qui a donné l’exercice de cette quinzaine.

Le conte dont vous êtes le héros

On va s’en tenir au conte ou, du moins, au micro-récit. Si l’idée vous plaît et que le coeur vous en dit, vous pourrez toujours écrire un livre après. Quelle que soit la taille du récit, le principe du « dont vous êtes le héros » (qu’on résumera en DVELH), c’est d’immerger le⋅a lecteur⋅ice dans le récit, d’en faire le personnage de l’histoire. Ce sont ses choix qui décideront du tour qu’elle  va prendre et de sa fin. Ses choix le⋅a mèneront-ils à la résolution de la quête ou causeront-ils sa perte prématurée ? Évidemment, c’est l’auteur⋅ice qui pave son chemin et iel peut aussi bien y semer moult embûches qu’y donner quelques coups de pouce. Iel peut même, si ça lui chante, décider que tous les choix mèneront inexorablement à une seule et même issue, telle l’implacable destinée que seul⋅es les dieux et les déesses ont le pouvoir de changer.

Twine

Je vous propose ce logiciel parce que je le connais un peu, contrairement à tous les autres, et parce qu’il est libre et gratuit, qu’il est reconnu et recommandé et qu’il existe en version téléchargeable ET en ligne. Il permet tout simplement de créer une arborescence et de structurer facilement une histoire à choix multiples. Je laisse à Hugo Labrande le soin de vous le présenter et de vous initier à l’utilisation relativement simple de ce joujou très utile aux écrivain⋅es et autres scribouilleur⋅euses. Bon à savoir : avec la version en ligne, la sauvegarde se fait avec des cookies. Pensez donc bien à enregistrer votre histoire/jeu (en l’exportant au format html) si vous videz votre historique et que vous nettoyez vos cookies.

L’exercice d’écriture de la semaine

L’objet de cet exercice, c’est de découvrir un genre littéraire et de s’y essayer. C’est également de faire de vos lecteur⋅ices les héro⋅ines, les acteur⋅ices de votre histoire ; de leur proposer des choix palpitants, cornéliens ; de leur donner envie de la relire encore et encore en faisant différents choix pour savoir ce qu’il y a derrière chacun d’entre eux… Pour que l’exercice reste ludique et ne vire pas à l’arrachage de cheveux avec une histoire trop étoffée qui deviendrait difficile à gérer, on va rester au stade du micro-récit. D’autant plus qu’il faudra prendre au moins cinq minutes pour découvrir Twine (et l’adopter !) et qu’il s’agit avant tout de s’initier, de stimuler la curiosité, l’inspiration et de s’ouvrir de nouvelles possibilités.

Il faut donc écrire un micro-récit-dont-vous-êtes-le-héros ou l’héroïne sur le thème du concours FI auquel j’espère parvenir à participer, à savoir « écran ». Votre livre-jeu contiendra entre cinq et dix choix maximum.

N’hésitez pas à m’envoyer vos jeux/récits interactifs par mail avec vos éventuelles remarques et questions. Et surtout, amusez-vous !

Info bonus : j’ai créé un serveur Discord dédié à l’écriture et à l’accompagnement. Il est encore en construction mais n’hésitez pas à le rejoindre pour me contacter, me faire part de vos besoins en la matière et ainsi m’aider à l’étoffer.

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Depuis trop longtemps relégué au rang de procédé stylistique littéraire cucul et démodé, le poème est pourtant un moyen d’expression créatif. La poésie n’est pas obligatoirement niaise, naïve ou béate. Elle peut se révéler violente, brutale, agressive, érotique, désespérée ou taquine. Il ne s’agit pas que de louer la beauté des fleurs et des prés mais plutôt de dire des choses avec les pieds.

La liberté de ton

On a tendance à voir la poésie comme un art naïf et hébété célébrant la beauté, la nature et la beauté de la nature. Un bon gros cornet de barbapapa rose à la guimauve enrobé de sucre et dégoulinant de miel. Si cette forme littéraire est effectivement propice à la célébration de l’amour et de la beauté de Dame Nature, elle sert aussi de voix aux coeurs tristes, aux âmes révoltées ou aux moqueries facétieuses de prétendant⋅es éconduit⋅es. On peut citer deux exemples évidents parmi les plus célèbres, le torturé Rimbaud et le mélancolique Baudelaire, qui expriment souffrance, laideur, beauté et cruauté dans leurs œuvres. Et si les chansons ne sont que des poèmes chantés, alors le rap n’est rien d’autre que de la poésie énervée.

Un moyen d’expression créatif

La poésie est un art dont les règles peuvent rebuter. Compter les pieds, les vers, les strophes, choisir les rimes croisées ou embrassées, composer en décasyllabes ou en alexandrins sont autant de contraintes dont on a le droit de s’affranchir. On n’est certainement pas obligé⋅e de faire rimer, ni même de compter ses pieds. Voyez plutôt ça comme des contraintes oulipiennes qu’on choisit, ou non, de s’imposer. « Tiens, aujourd’hui, je vais composer un sonnet en rimes croisées et demain, je ferai des alexandrins« . Essayer de les respecter peut compliquer la tâche, mais c’est aussi un bon moyen de travailler et de progresser. « Mince, ce mot fait trois pieds, il rend mon vers bancal, je dois en trouver un autre qui n’en fera que deux si je veux respecter la métrique ». Une chose que j’aime particulièrement quand j’écris, c’est me laisser guider par les sonorités. Rimes et allitérations sont de chouettes sources d’inspiration.

Rédiger un poème en vers et contre tout

Pour cet exercice, je ne vais pas imposer des contraintes trop sévères car le but reste le plaisir. Je vous propose de choisir le sujet que vous voulez, le ton que vous souhaitez et d’en faire un poème. Candide, passionné et énervé, sur l’amour, la mort ou le camembert, ça n’a aucune importance. Ma seule consigne sera des vers de six pieds en rimes. Pour vous inspirer ou vous amuser, je vous propose quelques poèmes que j’ai rédigés, dans des styles divers et variés, en commençant par l’extrait d’un poème érotique écrit à quatre mains en vers de six pieds et en rimes (justement).

Le sang coule et Vredha
Gourmande, se repaît
De ce met délicat
À qui elle s’offrait
Son menton est souillé
Son souffle est exalté
Elle ne peut arrêter
De boire ce lycan
Son sang si différent
Est-ce parce qu’il est loup ?
Parce qu’il a le coeur doux ?
Vredha veut à tout prix
Que cet homme devienne sien
Par les crocs ou les reins
Pourvu qu’ils soient unis
Extrait d’un poème érotique rédigé à quatre mains

Voici un poème sur le Maroilles

Un poème érotique inspiré par un vers de Ronsard

Un poème féministe

Un autre

Un rap énervé

Une ode à la tristesse

Un poème sur la maternité

Et quelques autres. Vous pouvez tous les retrouver ici, si le cœur vous en dit.

Vous pouvez mettre un lien vers votre texte en commentaire ou me l’envoyer par mail avec vos éventuelles remarques et questions. Et surtout, amusez-vous !

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Les exercices d’écriture font une rentrée un peu tardive, mais qui pourrait m’en vouloir d’avoir fait passer Tommy Griotte en priorité ?! Avant de rentrer dans le vif du sujet, je vous informe que pour des raisons d’organisation et d’emploi du temps, ainsi que pour votre confort personnel, les exercices d’écriture paraîtront dorénavant toutes les deux semaines. Pour la reprise et l’épisode #6 de notre grande saga rédactionnelle, je vais me baser sur une série au thème inspirant : Sense 8.

Trouver un thème inspirant

L’écriture, ce n’est pas seulement raconter des histoires aux autres. C’est aussi s’en raconter à soi-même et, surtout, c’est un outil d’exploration peu coûteux, peu polluant, moins compliqué que de construire une machine à voyager dans le temps qui est parfois tout aussi éprouvant qu’une thérapie. Dans Sense8, ce qui me séduit et m’inspire, c’est la notion de lien. Ce lien mystérieux, instantané, puissant et indéfectible qui unit les personnages. Pour ceux qui ne connaissent pas la série, en résumé,  huit personnes se retrouvent mystérieusement liées entre elles et peuvent se voir, se sentir, se toucher en étant à plusieurs endroits à la fois sans y être vraiment. Sans se connaître, iels sont pourtant proches, intimes et confiant⋅es les un⋅es envers les autres. Pour les mêmes raisons que celles citées dans l’exercice d’écriture #3, le pourquoi de ce lien m’importe peu. Ce que j’ai envie qu’on me montre, c’est la nature de ce lien, comment il se manifeste et se développe, ce qu’il fait ressentir aux personnages, à quel point iels sont lié⋅es et/ou indépendant⋅es… C’est ce que j’ai envie d’explorer et je vous propose de m’accompagner.

L’écriture comme outil d’exploration

Il faut commencer par définir, ne serait-ce que brièvement, ce qu’on a envie d’explorer. La dimension amoureuse ? L’adelphité ? L’intimité ? La connaissance inexpliquée de certains détails à propos des autres ? Le fait de partager leurs connaissances et compétences ? L’expérience sensorielle à distance ? L’ubiquité ? Cette série offre plusieurs pistes. Libre à vous d’en emprunter quelques unes ou de créer votre propre voie. Une fois que vous savez où chercher, il n’y a plus qu’à faire un pas pour avancer.

L’exercice d’écriture de la semaine

Cette semaine, je vous propose de rédiger un texte sur un lien spécial entre au moins deux personnages, qui ne sont d’ailleurs pas forcément humain⋅es. C’est à vous de définir le type de lien, qui ne sera pas obligatoirement à la façon de Sense8 (cité juste pour l’exemple). L’enjeu ici est de décrire le lien, la façon dont il unit vos personnages et l’impact qu’il a sur eux.

Vous pouvez mettre un lien vers votre texte en commentaire ou me l’envoyer par mail avec vos éventuelles remarques et questions.

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