Catégorie : D’influence oulipienne

Replaçons rapidement le contexte, moins tragique que le poème pourrait le laisser penser : c‘est l’adieu de Pincemi (personnage fictif) à Crumble/Clafoutis, un bouzouk qu’elle a aimé sous ces deux identités et qui « part en Quête » (un euphémisme du décès pour expliquer les possibles retours de certains joueurs emplis de regrets ou trop addict pour arrêter).

Ce texte a l’avantage de réunir mes deux « supports d’écriture », à savoir les contraintes oulipiennes (ici, l’acrostiche) et le jeu de rôle.

 

Comment partiras-tu ? Auras-tu mal ?
La nuit qui t’emportera sera banale.
À peine plus triste qu’une nuit normale.
Froide comme les draps de soie
Oublions que cette nuit, tu t’en vas.
Un adieu distant et silencieux
Tumulte dans un coeur dénué de chaleur,
Indigne monstre odieux
Seule, sèche ses pleurs.

 

Cet adieu est le dernier
Rebondissement de notre histoire.
Ultime pensée, ultime espoir
Ma peine ravivée d’avoir cru retrouver,
Béate, l’être aimé.
La magie n’a pas opéré
Essaie de me pardonner.

 

 

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Quittons un moment l’univers rose et larmoyant des mamans. 

La contrainte du prisonnier interdit toutes les lettres à jambages. Je me suis malgré tout autorisé le « i » et les accents, parce que quand même, faut pas abuser.

 

amour, mon ami, ce voeu me remue… marions-nous.
nourris-moi sur un mur, cocorico.
ce minou voua sa vie à sa souris.
mon amour, ma mine s’anime, sème ces rimes… vers moi, cours.

 

Pour le prisonnier libéré, c’est l’inverse. On a le droit aux voyelles et aux consonnes à jambages.

 

qui peut la pile, peut le pieu.
le joli jouet du petit glapit, le petit gland pâlit.
la belle jupe de la poupée folle fait la joie du poli et pâle kéké de la plage.
quelle folle quête que la quête de l’idole qui affole et qui jette.

 

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Pendant ma grossesse, nous n’avons pas voulu connaître le sexe du bébé. Nous avons désiré les deux. Nous avons eu un merveilleux petit garçon.

J’ai malgré tout ressenti le besoin, à un moment, d’adresser une pensée à la petite fille qui n’est pas née.

 

Augustine, ma poupée,
Toi la première nommée,
Voilà bien des années,
Alors que l’on séchait sur le sexe opposé.
On disait pour plaisanter :
« C’est une fille qu’il faut qu’on ait ! ».
Il m’est arrivé de t’imaginer,
Parfois, même, je t’ai rêvée.
Sois sûre que je t’aurais aimée.
Pardonne-moi si l’amour que j’ai
Pour le petit garçon qui est né
Me prive de tout regret.

 

*edit du 23 avril 2015 : le poème monorime est en fait une contrainte oulipienne.

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Pour mon premier essai, je me suis laissée porter par ma dernière expérience la plus bouleversante, à savoir devenir mère.
Toujours nauséeuse devant les mamans guimauve dégoulinantes d’amour avec leur progéniture, je me suis lancée en espérant ne pas avoir été trop niaise à mon tour, au risque de me donner la gerbe, en plus de me coller la honte.
J’ai choisi l’acrostiche comme contrainte. Quand il est composé des lettres d’un prénom, l’acrostiche devient un Beau présent. Et quand tous les mots d’un vers commencent par la même lettre, c’est un tautogramme.

Être étrange et émouvant, enfant espéré
La lutte, longue, lente
Le loupiot libéré, lutin lové
Indescriptible, indestructible, inconditionnel, illumination insolente
Oisillon occupant outrageusement
Transforme tout tendrement.

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