Catégorie : Exercices de Stylo

 

 

 

Calligraphie du mot "Ulmo"

 

La famille Griotte a décidé de débuter son voyage par Ulmo, où le climat est doux et la plage réputée. Après un bon repas à L’Atelier, excellent restaurant ulmois, et une agréable promenade sur le port, monsieur Griotte propose de passer l’après-midi à la plage. Tommy crie de joie et madame Griotte est ravie d’avoir enfin l’occasion d’utiliser l’éventail qu’elle a fabriqué avec l’aide de Tommy.

 

éventail coloré en quilling

 

Sous l’oeil attentif de ses parents, Tommy joue. Il s’éloigne de l’eau, revient en courant, tourne le dos à l’océan et se laisse tomber sur les fesses en riant et en criant “Badaboum ! Tombé dans y’eau, le bébé”. Après quelques aller et retour, il se met à attraper des poignées de sable jaune au fond de l’eau. Il revient sur la plage et lance au sol des poignées de sable multicolore. Quand il se lasse de jeter du sable, il s’accroupit au bord de l’eau et éclabousse partout avec ses petites mains en criant “Patouille ! Patouille ! Patouille !”. À chaque impact de ses mains, c’est une gerbe d’eau colorée qui jaillit.

 

 

Non loin de là, un poisson observe le petit garçon. C’est un poisson normal. Un poisson banal, sans forme spéciale, ni couleur originale. Sa seule fantaisie, c’est sa jolie queue. Malheureusement, personne ne la remarque. Ce poisson aux couleurs de l’océan passe totalement inaperçu. À tel point qu’ils n’en veulent pas à l’aquarium d’Ulmo. Sans doute ne savent-ils même pas que ce spécimen existe car, bien qu’il ne soit pas rare, personne ne le remarque jamais. Et ça, ça le rend infiniment triste.

 

 

Le poisson fixe Tommy avec des yeux de merlan frit. Il regarde les éclaboussures de mille couleurs et il rêve qu’un peu de toute cette couleur se dépose sur lui. Rien qu’un peu. Pour qu’il soit joli. Alors, bien qu’on ne le remarque jamais, il s’approche avec une grande prudence. Il a un peu peur mais il se dit qu’après tout, ce n’est qu’un petit enfant, qu’en cas de danger, il n’aura qu’à nager très vite pour que, rapidement, on ne le voit plus. Plein d’espoir, il nage là où les éclaboussures retombent, puis il s’éloigne pour admirer ses nouvelles écailles colorées. Il se tortille dans tous les sens, mais aucune trace de couleur sur lui. Il est toujours camouflé par les tristes couleurs de l’océan.

 

Une fois la déception passée, il se remet à observer l’enfant, l’eau et les couleurs. Dans sa tête, le cerveau est petit mais le poisson le fait fonctionner à plein régime, déterminé à percer le secret de ce bambin magique. Après un long moment, il finit par remarquer que l’eau n’est plus colorée au moment où elle retombe dans l’océan, que c’est lorsque les mains de l’enfant tapent sur l’eau qu’elle prend toutes ces merveilleuses couleurs. Conscient du danger de la proximité avec un humain, le poisson, fermement décidé, nage malgré tout en direction de Tommy. Il se place dans le dos du petit garçon, se concentre et s’élance à toute vitesse vers l’endroit où la bambin patouille l’océan. Au moment où les mains de Tommy frappent l’eau, le poisson bondit, traversant l’onde colorée qui jaillit de ses doigts. Le spectacle est à couper le souffle. Les éclaboussures arc-en-ciel accompagnent le poisson dans un bond gracieux. Il retombe, plonge et s’éloigne avec une élégance rarement vue chez un poisson.

 

 

Une fois à bonne distance, le poisson s’immobilise, encore stupéfait de ce qu’il vient d’oser faire. Empli de fierté, il oublie presque combien ce fut effrayant, tellement ce fut excitant. Il ose à peine se regarder, redoutant une nouvelle déception. Mais après avoir fait preuve d’une telle bravoure, il ne peut plus reculer, il doit savoir. Il ferme ses yeux très fort, tourne la tête en direction de sa queue, hésite un instant et les ouvre comme on arrache un pansement, d’un coup sec. Le poisson reste bouche bée. Si les mouches volaient sous l’eau, il en goberait, c’est certain. Son corps est resté bleuté, mais sa queue, autrefois si insipide, bien que majestueuse, est à présent un feu d’artifice, une explosion de couleurs, un ravissement enchanteur. Le poisson frétille, tourne sur lui-même, bondit hors de l’eau. Il voudrait pouvoir crier sa joie, il voudrait pouvoir parler et connaître le langage des humains pour dire à Tommy combien il le remercie, même si, d’une certaine façon, ces couleurs, il les a volées. Il ne sait pas parler, mais il connaît une façon de remercier l’enfant. Une façon poisson. Il est certain que l’enfant magique comprendra.

 

Alors il s’approche, lentement, sans crainte, fier. Le soleil fait briller l’eau et resplendir ses couleurs. Si c’était un oiseau, il serait un paon. Il s’arrête devant Tommy, qui cesse instantanément d’agiter ses mains. Il regarde le poisson, admirant non seulement la forme et les couleurs de sa queue, mais également le ballet gracieux que lui offre le poisson en remerciement. Émerveillé, Tommy lève vers ses parents un visage radieux et dit : “ Égade, Maman ! Égade, Papa ! Un beau passon ! Yé beau, le passon, égade !”. Le poisson tourne autour de l’enfant, passe entre ses jambes, occasionnant les rires du petit, amusé et un brin apeuré. Les parents échangent un regard à la fois tendre et rieur et expliquent à leur fils que le poisson le remercie pour sa si jolie magie des couleurs. Puis le poisson éclabousse Tommy dans un dernier bond d’adieu et repart au fond de l’océan. Pendant que Tommy lui fait signe de la main en criant “Au ‘voir, passon !”, monsieur et madame Griotte débattent pour savoir s’ils vont surnommer ce poisson Kodak ou Léon.

 

 

Merci de votre partage
error

 

 

Sur Infinite-RPG, je fais partie d’un groupe dédié à la science-fiction et animé par Mad. Pour fêter le 200è membre, elle a organisé un petit concours de « courts textes de SF ». 

 

Voici comment je me suis frottée à la science-fiction :

 

Il existe une infinité de mondes. Ou plutôt, une infinité de réalités. Elles sont toutes la même, à quelques détails près, plus ou moins gros. Elles sont alternatives. Mais surtout, elles sont parallèles, et ce n’est pas par hasard. C’est pour qu’elles ne se rencontrent jamais.

 

Dans cette infinité de réalités, il existe une infinité de Lara Noessac. Elles sont toute la même et, à l’instar des réalités, elles mènent des vies différentes. Dans chaque monde et comme tout individu, Lara Noessac est confrontée à des choix. Sauf dans celles où elle a déjà fait le mauvais. En fonction de ses choix, la réalité suit un cours ou un autre. Mais qu’elle soit riche, pauvre, chaste, traînée, frigide, droguée, alcoolique, fidèle, meurtrière, mariée, morte, blonde, brune, célèbre, adulée, malade, sportive, dépressive, geek, folle, artiste, scientifique, reine, astronaute, sorcière, homme,  hétéro, lesbienne, chanteuse ou clodo, Lara est insatisfaite. Chaque Lara rêve d’une autre vie. Une vie menée par une autre Lara insatisfaite qui rêve d’une autre vie.

 

 

Un jour, il s’est produit une chose qui n’arrive jamais. Ça n’était jamais arrivé et ça n’arrivera plus jamais. Absolument toutes les Lara Noessac vivantes d’absolument toutes les réalités alternatives ont fait exactement même choix. L’absence d’alternative a entraîné un chamboulo-bouli spatio temporel et, histoire de rétablir la diversité, chaque monde a été affecté, bouleversé, modifié en fonction de l’autre choix, celui qu’elles n’ont pas fait.

 

 

Nombreuses sont celles qui sont mortes, fauchées par un choix qui s’est avéré sans issue. Dans certains mondes alternatifs, elle a ressuscité, le choix mortel ayant été fait par une autre Lara. Toutes celles qui ont fait un choix identique ont été amalgamées dans un seul corps difforme ayant gardé la conscience de chacune d’elle. Celles qui étaient partagées entre plusieurs choix ont été également partagées entre plusieurs mondes et ce sont des Lara physiquement ou mentalement partielles qu’on voit à présent errer dans des mondes qui ne sont plus le leur. En fonction du choix et de sa nature, Lara est devenu amnésique, amputée, muette, aveugle, asexuée, défigurée… Certaines ne sont plus que des corps sans âme, des coquilles vides, d’autres sont  des âmes perdues qui flottent loin de leur corps égaré dans la réalité d’à côté. Certaines Lara un peu moins torturées n’ont perdu que la capacité d’aimer, celle de pleurer, ou encore celle de comprendre les mots, quels qu’ils soient. Ici et là, Lara est une jambe, un doigt, un buste, un cerveau ou un pied.

 

Lara Noessac a perdu son intégrité, mais elle peut être enfin satisfaite, l’équilibre a été maintenu et la fin des mondes a été évitée.

 

 

Merci de votre partage
error

 

 

Le marché aux légumes

 

Aujourd’hui, c’est samedi. C’est jour de marché et il fait gris. Madame Griotte, la maman de Tommy, enfile son manteau.

Allez, Tommy, viens mettre ton manteau. On va se promener au marché !

Le bambin arrive en courant, tout content d’aller se balader. Il glisse, tombe à plat ventre, se relève et dit “Ça va ?”, avant que ses parents n’aient eu le temps de poser la question.  Il enfile volontiers son manteau et ses chaussures et donne la main à sa maman en répétant “Se mener ? On va se mener ? Ach’ter les légumes !”. La maman de Tommy sourit. Elle embrasse son époux avant de quitter la maison avec son bambin. “On n’en a pas pour longtemps.”

 

Aujourd’hui, elle a décidé de marcher, plutôt que d’utiliser son pouvoir, un brin salissant, surtout quand le temps est aussi humide. Pendant le trajet, Tommy, fier de ses connaissances, récapitule la liste des courses et énumère tous les légumes qu’il connaît : “Du cocoli, du pavron vert, du pavron rouge, du pavron orange… “ Et quand l’envie lui prend, le poivron devient bleu. “Des tomates, une be’gine, des carottes…” Mme Griotte repense au temps où il disait “croyotte”. Sur son visage se dessine un sourire sur lequel se mêlent nostalgie et fierté. Le petit Tommy reprend sa litanie légumière. Sa maman presse le pas. “Hâtons nous, il va pleuvoir.”. “Des patates pas douces… des pommes de terre, du cracro… des petines !”.

 

 

Ils arrivent au marché et parcourent les étals aux mille senteurs et aux mille couleurs. Mme Griotte salue les marchands, qui la connaissent bien et apprécient la magie du petit Tommy. Le petit garçon facétieux fait toutefois enrager un des marchands, qui ne supporte pas qu’il joue avec les couleurs de ses légumes et ne rate pas une occasion de râler contre “ce garnement mal élevé”.

 

Mme Griotte, pour l’énerver plus encore, encourage discrètement Tommy à lui faire un étal arc-en-ciel, qui arrache des cris d’admiration béate aux camelots voisins. Mais ce n’est décidément pas au goût du marchand qui, encore une fois, peste contre l’enfant, qui ne comprend pas pourquoi “le monsieur, i yé pas content”. Alors, de ses grands yeux bleus innocents et coquins, il le regarde et lui demande : “Kékya ? T’as peur ?”.

 

Le marchand devient tout rouge et s’apprête à se défouler sur Mme Griotte, plutôt amusée par la colère disproportionnée du marchand. Tentée de demander à Tommy de changer le teint rouge du bonhomme pour une nuance plus bleutée, elle préfère disparaître avant que les vilains mots du monsieur à propos de son petit garçon ne la mettent dans une fureur noire que même Tommy ne pourrait changer.

 

Elle tire la langue au marchand rougeaud. “À la semaine prochaine !” lui dit-elle d’un air moqueur en lui faisant au revoir de la main. Tommy imite sa maman et salue le maraîcher mal aimable, lui envoyant même quelques baisers volants. Puis Mme Griotte creuse une galerie et disparaît instantanément, se demandant encore pourquoi le marchand se met dans une telle colère. Pourtant, la semaine dernière, les brocolis roses se sont vendus comme des petits pains.

 

 

Un brocoli rose

 

Merci de votre partage
error

 

Voici un nouvel opus des aventures de la famille Griotte sur Hens World :

 

Le Pouvoir de taupe

 

Mme Griotte s’exerce beaucoup pour développer son pouvoir de taupe. Suite à un entraînement intensif, elle est capable d’emmener Tommy avec elle dans ses déplacements souterrains. Mais il lui est impossible d’emmener une personne plus grande. Elle aimerait également pouvoir se déplacer sur de plus longues distances et se rendre dans les autres villages grâce à son pouvoir de taupe. Mais sa dernière tentative s’est soldée par une presque noyade. Elle avait mal évalué la distance et était réapparue sous l’eau, en plein milieu de l’océan. Heureusement, elle n’emmène jamais Tommy lors de ses entraînements. Elle ne le prend que si elle est sûre de son trajet.

 

Aujourd’hui, elle essaie d’aller à Sulimo. C’est la destination dont l’itinéraire est le moins risqué et elle n’a pas à traverser d’eau, à part une petite rivière sans grand danger. Pendant le trajet, elle croise la taupe dont elle et Tommy avaient sauvé le bébé. Ravie de voir qu’ils vont tous les deux parfaitement bien, elle reprend sa route, pour réapparaître à quelques mètres du moulin à vent. “Pas si mal”, se dit-elle, même si elle visait la grande Tour de Sulimo.

 

Sur le chemin du retour, elle prend soin de mémoriser quelques points de repères, pour que sa prochaine tentative soit un succès. Elle ressort de terre au beau milieu de son jardin, tout près de son bambin, qui n’a pas vu ses deux minutes d’absence passer. Elle s’inquiète malgré tout de ne pas le voir réagir à son retour, lui qui est d’habitude si content à chacune de ses réapparitions et ne manque jamais de la gratifier d’un enjoué “Coucou, maman !”.

 

 

Elle s’approche et voit Tommy et la petite famille taupe, qui a profité de la galerie qu’elle avait creusée. Le bébé taupe est dans les bras de Tommy et la maman taupe les observe, confiante et sereine. Elle semble se réjouir de voir les deux petits si heureux de se retrouver. Tommy fait des bisous à la petite taupe qui, en signe de contentement, plisse sa mignonne frimousse et frétille des moustaches.

 

 

Les deux mamans se regardent et, d’un commun accord silencieux, se mettent à construire ensemble les galeries d’une nouvelle taupinière. C’est décidé, la famille taupe est adoptée et habitera désormais dans le jardin des Griotte.

 

 

 

Merci de votre partage
error

 

 

Un arbre en quilling

 

C’est une belle journée ensoleillée et Tommy a coloré la forêt de mille nuances de rose, la couleur préférée de sa maman. Ils jouent à cache cache tous les deux dans le jardin, et Tommy s’amuse beaucoup.

 

“Cachée maman !”

 

Pour sa mère, qui a reçu le pouvoir de taupe, c’est un jeu d’enfant d’apparaître et de disparaître pour le plus grand plaisir de son bambin, qui rit aux éclats chaque fois qu’elle surgit de terre avec une nouvelle grimace pour l’amuser.

 

Au bout d’un moment, elle commence à fatiguer, et Tommy à se lasser. Il est petit et rien ne retient jamais son attention très longtemps. Le bambin, flanqué de son éternelle tototte, a envie de faire un dessin. Sa maman l’embrasse et part jardiner, pas trop loin, pour pouvoir veiller sur lui. Tommy regarde autour de lui et commence à dessiner. “Une bayeine” annonce-t-il fièrement.

Pour dessiner, Tommy Griotte n’a pas besoin de crayon. Il n’a pas besoin non plus de papier. Il lui suffit de “tracer les couleurs” avec le bout de son petit index. Il peut ainsi dessiner un poussin violet sur de la terre humide ou un lapin bleu dans les feuilles d’un arbre, simplement en changeant les couleurs grâce à son pouvoir.

Les dessins d’un enfant de deux ans sont plus proches du gribouillage que de l’oeuvre d’art. Toutefois, la façon dont il joue avec les nuances et les couleurs est toujours une source d’émerveillement.

 

Pendant qu’il dessine sagement, un bébé taupe sort d’une galerie que sa mère, sans doute un peu fatiguée, a oublié de reboucher lorsqu’elle en a surgi pendant qu’ils jouaient. Aveuglé par la lumière, le bébé taupe est perdu et ne sait pas où aller. Tommy le voit et le prend doucement dans ses petites mains maladroites.

 

“Oh ! Cro mignon le petit bête ! Gros cayin !”

 

Il serre le petit animal contre lui, en essayant de ne pas lui faire de mal. Le bébé taupe a l’air triste, il cherche sa maman. Tommy appelle alors la sienne pour lui montrer sa trouvaille. Ni une ni deux, la mère de Tommy utilise son pouvoir et emmène son fils avec elle à la recherche de la maman taupe. Ils parcourent ensemble les galeries souterraines pendant un moment, puis ils finissent par trouver une taupe en pleurs. Ils lui rendent son bébé et rentrent chez eux manger de bonnes crêpes pour consoler le petit Tommy, triste d’avoir quitté son nouvel ami…

 

 

Fleur, soleil et papillon en quilling

 

Merci de votre partage
error

 

 

La maison de Tommy

 

 

Tommy Griotte est né il y a un peu plus de deux ans. Il est venu au monde comme éclot une fleur : lentement, en douceur. De lui émane un parfum de bonheur. Dès qu’ils l’ont vu, ses parents ont vu la vie en rose. Ses bêtises leur font parfois voir rouge et il se retrouve souvent avec quelques bleus. Tommy a reçu le Pouvoir de la Couleur.

 

C’est un pouvoir très pratique pour sa maman, qui adore changer la couleur de ses ongles, de ses robes, de ses sacs à main et de son intérieur. Mais un bébé, ça n’en fait qu’à sa tête et il n’est pas rare qu’on la voit au marché avec les cheveux violets et les yeux arc-en-ciel ou que son papa, qui fait des dessins, se retrouve avec un crayon bleu qui écrit en vert.

 

Pour son anniversaire, ses parents ont décidé d’organiser une grande fête. Sa maman a fait des gâteaux et décoré le jardin et son papa a installé des tables, des chaises et un petit chapiteau. Tous les habitants de Wilwar ont apporté quelque chose de bon et se sont réunis pour célébrer l’anniversaire du bambin.

 

Les enfants ont couru, sauté, joué, se sont gavés de sucreries, bref, se sont bien amusés. Les parents ont mangé, ont parlé, ont ri et certains ont même dansé. Et comme Tommy parvient maintenant à nommer les couleurs et s’entraîne beaucoup pour maîtriser son pouvoir, il a voulu montrer à tout le monde l’étendue de ses capacités. Ce jour-là, Wilwar en a vu de toutes les couleurs. Le soir, quand Tommy s’est couché, il était très fatigué, mais très heureux de sa journée. C’est le sourire aux lèvres qu’il s’est endormi, sous le regard attendri de ses parents comblés.

 

 

Merci de votre partage
error

 

 

Me revoilà pour la deuxième édition du concours “Vis ma vie de Rôliste”. L’année dernière, j’ai plus ou moins consciemment et volontairement fait un hors sujet, préférant traiter “Vis ma vie de rôliste” plutôt que le thème du concours. Mais cette année, je suis bien décidée à gagner ! (j’ai même déjà fanfaronné, alors je dois pas me louper).

 

 

Plus sérieusement, le thème de cette année, je ne peux tout simplement pas passer à côté. Et je vois mal comment faire un hors sujet, cette fois, étant donné que ce thème, je veux le traiter depuis longtemps, parce que c’est l’histoire de ma vie ou, tout au moins, d’une partie de ma vie. Il n’est donc plus temps de repousser la rédaction de cette article.

 

Le jeu de rôle textuel, là où tout a commencé.

 

Pour rappel, le jeu de rôle, c’est une activité ludique et créative qui consiste à faire vivre une histoire et des personnages en “interprétant” un rôle. Il y a plusieurs supports et, donc, plusieurs façons de jouer (JdR sur table, textuel, sur Skype, sur FB, par SMS, par e-mail…). Pour ma part, je pratique, depuis plus dix ans, le jeu de rôle textuel : j’interprète mon personnage par écrit, en (co)écrivant ses aventures, ses états d’âme, ses sentiments et en lui infligeant moult péripéties, amusements et tragédies.

 

C’est une activité que j’ai découverte par hasard et que j’ai commencé à pratiquer sans vraiment comprendre ce que je faisais. À mesure que mon personnage s’étoffait, ma participation s’enrichissait et le jeu est devenu un support d’écriture. Mon personnage a gagné en popularité et en influence. J’ai commencé à prendre conscience du “pouvoir” de l’écriture en général, et de mon écriture en particulier. Le jeu sur lequel j’ai débuté a brutalement fermé. Pendant plusieurs années, j’ai cherché un site, un jeu qui me donnerait les mêmes sensations, la même communauté, la même liberté… Nulle part ailleurs je n’ai retrouvé ce que j’avais perdu avec Bouzouk.net.

 

En même temps que ce jeu, j’ai perdu mon écriture. J’ai eu beau essayer des forums, ouvrir des documents Word et regarder le curseur clignoter, écrire de la merde et tout effacer, rien à faire, je n’avais plus ni plaisir à écrire, ni satisfaction à me lire. Entre le manque d’inspiration et un style pas assez affirmé, écrire devenait une corvée. Jusqu’à ce que je découvre le métier d’écrivain public. L’idée d’exercer ce métier a fait son chemin. Lentement mais sûrement, je me suis préparée, j’ai réfléchi mon projet, j’ai rédigé un business plan.

 

Faire du rôlisme un métier : écrivain public et raconteuse d’histoires

 

Et puis, il y a un peu plus de trois ans est arrivé un miracle qu’on n’attendait plus : Bouzouks.net a rouvert ses portes. Ni une ni deux, j’ai foncé, je me suis réinscrite, j’ai retrouvé les copains qui, comme moi, avaient attendu près de cinq ans la résurrection de leur jeu préféré. J’ai recommencé avec le même personnage. En même temps que je travaillais sur mon business plan, j’écrivais les aventures de Pincemi, bouzoukette blonde, belle et bonne. À cette époque, j’étais ce que la société appelle une demandeuse d’emploi. En vérité, j’étais en cours de création de mon propre emploi, et ce que beaucoup prendrait pour de la glande fut en réalité un moteur puissant, en plus d’être très formateur.

 

Ces heures passées à écrire la vie de Pincemi, ou à rédiger des articles sur l’univers et l’actualité Role Play, n’étaient non seulement pas de la glande de chômeuse branleuse mais c’était même tout le contraire. J’ai appris à affirmer et à peaufiner mon style, à penser non plus seulement à mon plaisir mais aussi à celui du lecteur, j’ai amélioré ma maîtrise rédactionnelle, je l’ai éprouvée et ressentie en rassemblant un lectorat assidu, ce qui m’a permis de prendre confiance en moi et en mon écriture et, enfin et surtout, j’ai retrouvé le plaisir d’écrire et découvert celui d’en procurer à qui aime me lire.

 

Le jeu de rôle textuel m’a donné confiance en moi et en mon projet. Il m’a donné les compétences pour l’exercer et le courage pour oser affirmer que, oui, je sais bien écrire, pour les autres ou pour moi. Certaines rencontres que j’y ai faites m’ont confortée dans mon choix (je profite de cet article pour remercier encore une fois Ouah, fan de la première heure, super ami et client test assidu, enthousiaste et satisfait <3).

 

C’est donc tout naturellement que le jeu de rôle s’est intégré à mon projet professionnel, me guidant vers une pratique ludique de mon métier. Je me suis servie du jeu de rôle pour créer certaines prestations et j’ai voulu, en même temps et en retour, servir le jeu de rôle en contribuant à le faire connaître et en favorisant sa pratique, dans une approche ludique et créative de l’écriture, persuadée que c’est par le plaisir et le jeu qu’il faut y entrer, avant même de penser à la formaliser avec des approches scolaires trop strictes et rébarbatives qui génèrent souffrance, complexes et culpabilité. C’est ce que je m’applique à faire en animant des ateliers d’écriture rôliste dans un collège, ateliers dont j’aurai prochainement l’occasion de reparler.

 

Pendant l’été 2015, pour répondre à mes objectifs, j’ai créé Doublure Stylo. Depuis, le temps avançant et mon investissement dans le jeu de rôle textuel grandissant, Doublure Stylo, plus qu’un cabinet d’écrivain public, est devenu une identité, une entité “écriveuse”, qui écrit aussi bien pour elle que pour ses clients.

 

Aujourd’hui plus que jamais, le jeu de rôle textuel reste mon support d’écriture préféré et, en plus de mes blogs, j’ai multiplié les personnages pour diversifier ma palette d’écrits, m’essayer à de nouveaux styles d’écriture, avec d’autres objectifs, pour de nouveaux publics.

 

Qu’elle rapporte de l’argent ou pas, mon activité professionnelle, c’est écrire, et c’est au jeu de rôle que je le dois.

 

 

Merci de votre partage
error

 

 

J’ai créé une page pour expliquer le projet #100acrostichesencopperplate, mais je n’ai pas encore eu/pris le temps de faire un article pour présenter mon travail. Sur ce blog, je vais bien sûr parler uniquement de la partie rédigée, la partie calligraphie étant ici hors sujet. Par contre, je suis flemmarde et occupée, donc je n’ai pas retapé les textes. Je publie l’image de l’acrostiche calligraphiée (c’est le même texte et c’est plus joli).

 

J’ai eu un contretemps, un aléa de la vie qui m’a beaucoup freinée. J’ai pris du retard dans le projet qui entame, il me semble, sa quatrième semaine. De mon côté, j’ai écrit et calligraphié quatorze acrostiches. Il n’est pas question d’abandonner, ni de bâcler mes textes ou mes calligraphies. Le but est de progresser. J’irai donc au bout, quitte à boucler le challenge trois semaines après qu’il ne soit terminé.

 

J’ai donc rédigé, disais-je, quatorze acrostiches, pour lesquelles j’ai ajouté une contrainte supplémentaire : je m’oblige à faire apparaître au moins une fois chaque lettre de l’alphabet dans chaque poème. Lorsque ce n’est pas possible de le faire sans que ça ne nuise au texte, je note les lettres manquées pour les doubler dans un prochain texte. Je me dois facilement deux ou trois « w, x, y, z »…

 

Les quatorze mots traités en acrostiches sont :

 

  1. Pincemi (mon personnage en jeu de rôle)
  2. Doublure Stylo (mon cabinet d’écrivain public)
  3. Chocolat
  4. Prince (lendemain de sa disparition)
  5. Koh Lanta
  6. Koala
  7. Elliot (mon fils)
  8. Gold (mon groupe préféré 😀 Ah nan, c’est Radiohead ! « Gold » pour utiliser mon encre dorée)
  9. Pangramme (pour la contrainte des lettres de l’alphabet)
  10. Dans ton cul (sans commentaire)
  11. Rainbow (pour le plaisir d’écrire de toutes les couleurs)
  12. Jon Snow (il est so sexy)
  13. Mélancolie (pour faire écho à mon texte précédent Le droit de pleurer)
  14. Café (pas encore publié)

 

Je suis ouverte aux propositions, pour les fois où je suis à court d’idée. En attendant, je publie mes huit textes préférés. Pour les autres, il faudra attendre ou aller fouiller sur Instagram !

 

WP_20160517_16_23_59_Pro WP_20160510_17_14_32_Pro WP_20160509_19_22_38_Pro 29-04 25-04 wp_20160421_18_56_08_pro 20-02 19-01(2)

Merci de votre partage
error

 

Comme souvent, comme presque toujours, j’ai écrit en réaction. Parce que face à la souffrance, au chagrin et au deuil, j’observe trop souvent un positivisme écœurant et des exhortations  à surmonter qui frôlent l’indécence. Je lis des conneries du genre « Le deuil est une forme de procrastination » et autres foutaises sans queue ni tête, jargon d’une nouvelle mode du bien-être. Le hippie nouveau est arrivé, toujours aussi niais dans le refus de la réalité.

 

Oui, c’est bien de positiver, d’encourager, de chercher la beauté. Mais quand c’est la merde, faut pas forcément se boucher le nez. Quand on subit une perte, qu’on se prend un parpaing en pleine gueule, quand on se fait quitter, quand on chatouille l’enfer et le paradis du bout des pieds et qu’on voit les vers se frotter les mains, bref, quand on a mal, entendre « C’est sûrement mieux comme ça » ou « Il en ressortira forcément quelque chose de positif » et autres « Il faut aller de l’avant, ne pas ressasser…« , pardonnez-moi mais… ça fait putain chier ! 

 

Pourquoi vouloir être des pantins qui sourient et s’agitent sans savoir où ils vont ni comprendre ce qu’ils sont ? On a parfois besoin de s’arrêter, de pleurer, de crier que « Merde, je mérite pas ça« , de prendre le temps de dire adieu et de panser nos plaies. Et même, quelques fois, moi, je prends cinq minutes pour pleurer sur mes plaies cicatrisées, parce qu’il arrive qu’elles me démangent et me picotent et parce que mes chagrins m’ébranlent, m’entament, m’effritent, mais ils me construisent aussi. Et parce qu’ils valent bien que je prenne soin d’eux.

 

Alors putain et par pitié, laissez-nous le droit de pleurer.

 

Il faut sourire
Il faut aller
Aller bien, aller mieux
Ne pas souffrir

 

Progresser, positiver
Avancer, nier ses regrets.
Tu as les clés de la guérison
Fais taire ton cœur, écoute la raison

 

Aller vous faire foutre
Je veux juste le droit d’pleurer
De dire adieu à ce que j’ai paumé
Mon frère, mon homme, un presque bébé

 

Prendre le temps de regretter
D’être amère et déprimée
De rager sur ce gâchis
De croire que ma vie est finie

 

Mais si vous insistez
Je vais sourire, je vais aller
Le pire est derrière, regardez
Oui j’ai fini par surmonter

 

Je vais cacher
Tous mes chagrins
Comme des secrets
Je vais pleurer
Derrière mes mains
Et vous croirez
Que je vais bien
Rassurés
Et tellement loin.

 

Merci de votre partage
error

 

Sans prévenir, des douleurs étaient apparues dans la tête de Pincemi. Ce n’était pas la kahière fois et, les fois précédentes, un mercurochroute Hello Zoukette avait suffi. Mais pas cette fois. Ni la pikouz, ni le médicazouk n’avaient calmé la douleur.

 

Pincemi se tenait la tête à zig mains, se tordant de douleur. Des PinSbires l’amenèrent au centre médical où Komira et ses nains fermiers s’occupèrent de la zoukette quêtante.

 

Après avoir cherché partout et passé son neurone au peigne fin (parce que bon, des beaux cheveux comme ça, ça s’entretient, c’est pas Britney Sprout qui dira le contraire) et aux rayons Z, l’équipe médicale découvrit un lobrik blond niché dans la trompe têtale de Pincemi. Égaré là, il avait bouffé toutes les saloperies qui avaient pu s’y glisser. Il avait fait du gras, obstruant sa céphalotrompe. Il était inextricablement coincé, menaçant d’exploser à tout moment.

 

Dans l’urgence, comme le reste du temps, les bouzouks ne réfléchirent pas et ablatèrent la trompe de Pincemi, le lobrik avec, sauvant ainsi le neurone de la bouzoukette, qui n’avait plus qu’à se reposer pour retrouver ses forces. La blonde, à présent mi-bouzoukette, prit le repos recommandé, se demandant comment ce mignon petit lobrik avait pu se nicher là. Elle pu enfin quitter le centre médical et retrouver ses kamarades … et Patate.

 

Merci de votre partage
error