Catégorie : Les Blogs

Les contraintes autour de l’écriture rendent l’exercice pénible pour beaucoup. Si bon nombre de profs encouragent l’écriture ludique à travers des activités éducatives originales, l’exercice d’écriture en milieu scolaire reste encore trop souvent évaluée, sanctionnable et sanctionnée.

Pour progresser, s’exercer et surmonter ses difficultés, il est important de s’affranchir de ces pressions. L’écriture ludique, sans pression et sans jugement, est un moyen de vivre l’écriture autrement que dans la contrainte et la douleur. S’amuser est la clé dans de nombreux apprentissages et il n’en va pas différemment pour l’écriture. Pour y parvenir, je propose deux supports d’écriture ludique et créative : le jeu de rôle textuel et l’écriture oulipienne.

Le jeu de rôle textuel

Comme son nom l’indique, c’est du jeu de rôle à l’écrit. On dit aussi “écriture collaborative”, car, s’il existe des rôlistes solo, la plupart du temps, le jeu de rôle se joue au moins à deux et l’histoire s’écrit à plusieurs. Chaque joueur crée un personnage, le dote de caractéristiques physiques et psychologiques, d’un passé, de qualités, de défauts, de relations… bref, de tout ce qui constitue un personnage. De nombreux jeux exigent un personnage très (trop) abouti, poussant le joueur à rédiger en solitaire une biographie digne d’un roman, au risque de voir les joueurs même les plus aguerris se décourager et abandonner. Je suis formellement opposée à cette pratique et prône l’immersion en jeu la plus rapide possible, quitte à présenter une fiche personnage allégée, mais qui ne demandera qu’à s’étoffer au fil du jeu. Un personnage grossièrement défini est amplement suffisant pour se lancer dans une partie. Son passé, comme son avenir, s’écriront au fur et à mesure, se dévoileront dans les scènes de RP (Role Play). Le joueur a alors le choix des armes pour raconter l’histoire de son personnage et s’offre une excellente façon de pratiquer le flash back, la narration, ou encore les dialogues.

Des dés de jeu de rôle, une feuille de personnage et un crayon

Le jeu de rôle comme support d’écriture

Créatif et récréatif, le jeu de rôle est un excellent support pour l’exercice d’écriture.

L’écriture sous contraintes

Qu’on se rassure, il ne s’agit pas d’écrire sous la contrainte. L’idée est même tout le contraire. Il s’agit de libérer la créativité grâce aux contraintes d’écriture. Je vous renvoie au site de l’OULIPO (Ouvroir de Littérature Potentielle), qui définit l’écriture sous contraintes et propose et détaille un grand nombre d’entre elles. Selon le degré de difficulté que l’on veut s’imposer, on choisit une ou plusieurs contraintes et on écrit. Paradoxalement, la contrainte permet de se libérer. C’est une technique très créative, qui peut aboutir à des résultats inattendus, voire saugrenus, mais qui peut aussi produire des textes très poétiques. Certaines contraintes sont plus ardues que d’autres mais, dans l’ensemble, l’exercice se révèle presque toujours amusant et, quelque soit le résultat obtenu, il est toujours formateur.

ambigramme OULIPO

L’écriture sous contrainte

L’exercice d’écriture sous contrainte est une excellente façon de libérer sa plume.

L’exercice d’écriture ludique : quelques exemples

Pour mieux comprendre de quoi je parle et réaliser le potentiel de ces supports d’écriture, rien de mieux que la preuve par l’exemple.

Le jeu de rôle

Il y a une bonne douzaine d’années, j’ai créé un personnage un peu au hasard sur un jeu de rôle textuel en ligne, sans trop savoir ce que c’était. J’ai fini par comprendre le principe et raconter l’histoire de Pincemi est devenu une véritable passion. La part d’aléatoire apportée par les autres joueurs qui, à tout moment, peuvent donner une tournure imprévisible aux événements, apporte une dimension créative supplémentaire en nous obligeant à adapter notre récit au leur. Car une des règles inviolables du Role Play, c’est qu’on doit impérativement tenir compte de ce que les autres joueurs ont écrit. Il m’est souvent arrivé de voir l’histoire prendre une tournure différente de celle que j’avais imaginé et rebondir sur des faits inattendus s’est avéré productif et amusant. Le jeu de rôle m’a également permis de travailler mon style personnel, ainsi que différents exercices d’écriture : le récit, le dialogue, le style journalistique, le ton sarcastique ou dramatique, les courriers… En jouant, j’ai élargis ma palette d’écriture, j’ai développé en style personnel et c’est ce qui m’a permis de devenir écrivain public (et écrivaine à titre privé à mes heures perdues).

L’écriture sous contraintes, exercice d’écriture par excellence

99 notes préparatoires

Morceaux choisis :

  • Si rire équivaut à manger un steak, suis-je condamnée à une vie d’austérité.
  • Les cougars aiment la chair fraîche.
  • Qui a dit « Les prêtres aussi » ?
  • Être végétarien, c’est bon pour la santé. Surtout celle des animaux.
  • Élever un yucca pour les petites faims.
  • Les végétariens ne sont pas des légumes nazis.
  • On peut succomber aux plaisirs de la chair sans compromettre son végétarisme.
  • Sauf si on mord trop fort.
  • Pécher par omission mais ne pas manger de poisson.
  • Jacques Chirac fut, en son temps, un grand ambassadeur de la cause végétarienne. D’après mes sources, c’est la monotonie de son régime alimentaire, uniquement constitué de pommes, qui mit fin à sa belle aventure.

Le portrait alphabétique

Voici un texte qui pourrait aussi illustrer le paragraphe sur le jeu de rôle, puisqu’il s’agit d’un portrait de Pincemi, le personnage que j’ai joué pendant plusieurs années.

Et voici le mien

L’acrostiche, une des contraintes les plus populaires

-Engagé

-Bonne fête, Maman

-La variante du Beau présent

L’Abécédaire

Arrivée bredouille, cette débrouillarde et fantaisiste grenouille hurla involontairement. Jaune kaki, le menu navet orange pomme qui regardait soudain tituba.Un vain « Wesh ! ».

Xena, Yoda, Zorg ainsi battus coururent directement en Finlande. Goldorak, haltérophile, incendia joliment Kiki la masseuse, n’osant pas quémander rencard : « Sale teigne ! ».

Un vivant wapiti, X-or, yaourt zesté accroché bien calé, danse. Élégante flûtiste, Gertrude Hopopope, indolente, joue « Kamasutra ». La mignonne nunuche ondule, piètre quête racoleuse, séduisant Toto, un verreux Wall-Streeter, xénophage yogi zoophobe.

La boule de neige

L’acronyme

Le poème monorime

Se faire accompagner par un écrivain public

Les séances collectives sont encore à l’étude. Je suis toutefois disponible pour un accompagnement individuel, avec un tarif personnalisé et abordable, en fonction de la fréquence et de l’accompagnement désiré.

Merci de votre partage
error

Une des premières choses que l’on apprend quand on suit la formation à distance au métier d’écrivain public, c’est que la lettre de motivation, tout comme le CV, n’est pas celle que l’on croit. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ce n’est pas la motivation du candidat qui en est le sujet.

Un candidat motivé, c’est bien…

La lettre de motivation est devenue un exercice périlleux dans lequel les candidats s’évertuent à prouver combien ils sont motivés par le job et l’entreprise où ils postulent, que cela soit vrai ou pas. C’est un compréhensible, mais regrettable hors sujet. Si savoir ce qui motive un candidat est un facteur important, sa lettre doit avant tout dire ce qui motive… sa candidature. Rédiger une bonne lettre de motivation nécessite une bonne connaissance de soi, de ses compétences, une dose d’estime de soi et un regard sans complaisance.

Une candidature motivée, c’est mieux

Par motivée, on n’entend bien évidemment pas l’enthousiasme débordant d’une candidature, mais plutôt ce qui la justifie.

Définition de "motivation"

Définition de « motivation »

Définition de "motiver"

Définition de « motiver »

La lettre de motivation doit légitimer la candidature, démontrer sans équivoque que le profil et les compétences de son auteur sont en parfaite adéquation avec le poste et/ou l’entreprise. Ceci exclut les modèles de lettres et autres lettres de motivation types, puisque ce document doit être tout à fait personnel et personnalisé, comme un reflet du parcours et du profil du candidat. Les recruteurs ne manqueront pas de remarquer l’enthousiasme du candidat au moment de l’entretien que sa lettre de motivation, personnelle, cohérente et soignée, lui aura permis de décrocher.

Lettre de motivation : le plan

Si le contenu doit impérativement être personnel, on s’accorde généralement sur un plan type qui permet de traiter tous les points qui intéressent les recruteurs. Le fameux

MOI

Un paragraphe pour résumer le profil du candidat : son parcours, ses compétences, ses qualités.

On “se vend” sans se vanter, ni apitoyer. Exit le ton larmoyant ou l’ego surdimensionné, on s’applique à trouver le bon ton, celui qui dit “Je suis compétent et je le sais”.

VOUS

Un paragraphe sur l’entreprise/l’organisme, son activité, son identité.

On ne fayote pas, on se contente de montrer qu’on sait où on met les pieds

NOUS

Un paragraphe sur l’évidence et les bénéfices d’une collaboration entre le candidat et la société qui recrute.

Dans ce paragraphe, on ne sollicite pas un poste, on propose ses compétences et son expertise

Exemple de lettre : la LM de Doublure Stylo

Pour conclure

En conclusion, la lettre de motivation explique le pourquoi de la candidature et démontre sa légitimité.

 

Merci de votre partage
error

Pour finir l’année, j’ai écrit un petit conte de Noël autour de Tommy Griotte et de sa famille. L’occasion d’en savoir un peu plus sur son papa et sur cette mystérieuse tradition du sapin.

C’est l’hiver à Wilwar et même si l’île est toujours aussi verte et belle, c’est une saison où les wilwariens ne sont plus tout à fait eux-mêmes. En effet, les habitants de l’île du printemps ont, pour la plupart, des pouvoirs liés à la nature et à la végétation. Alors l’hiver, quand la nature pique un somme, leurs pouvoirs diminuent. Les Griotte ne font pas exception et même les couleurs de Tommy sont moins vives.

Ce matin, Madame Griotte peste contre le froid qui a gelé la terre et l’oblige à se rendre au travail à pied. “Déjà qu’en cette période, les enfants sont agités, mais si en plus il faut marcher ! On se demande à quoi ça sert d’avoir un pouvoir !!”, l’entend-on râler. Madame Griotte travaille à l’école de Wilwar. Elle aide la maîtresse à apprendre aux enfants à lire, écrire, peindre, dessiner et réfléchir. Mais, surtout, elle les aide à maîtriser leur pouvoir une fois que celui-ci s’est déclaré. Son air renfrogné disparaît un instant, le temps d’embrasser son mari et son petit Tommy. “À tout à l’heure, les garçons. Et Tommy, sois sage avec papa !”. Puis elle disparaît sous son gros bonnet et s’engouffre dans le froid.

Les garçons rigolent bien de voir maman râler ainsi. Eux vont rester au chaud et ils vont bien s’amuser. Tommy entraîne son père et sort presque tous ses jouets. Ensemble, ils jouent un bon moment à toutes sortes de jeux. Puis Papa Griotte se lève pour aller préparer à manger. Après le copieux déjeuner mitonné par son papa, Tommy fait une sieste, car il est encore tout petit et a besoin de repos. Il fait un bon gros dodo, bien au chaud dans son petit lit. Quand il se réveille, il se dépêche de quitter son lit et court, pressé de rejoindre son papa. “Je suis véreillé !” crie-t-il à tue-tête en déboulant en slip, le cheveu en bataille. Il se met sagement à dessiner du bout de son petit doigt. “Tommy, tu remettras le mur en blanc quand tu auras fini, hein ?!”. Le petit garçon acquiesce distraitement et poursuit son oeuvre. Au bout d’un moment, il fronce les sourcils et commence à trépigner. “J’arrive pas à colorier la bayeine en comme avec de l’or.” gémit-il en commençant à pleurer. Son papa lui explique que ce n’est pas grave, qu’il doit continuer à essayer, qu’il a confiance en lui et qu’il sait qu’il finira par y arriver. “Et puis, tu sais, Tommy, le doré, c’est une couleur vraiment difficile. Presque aussi difficile que de faire pousser les légumes l’hiver”. Puis il retourne observer le jardin par la fenêtre d’un air songeur. Le petit garçon, pas vraiment consolé, efface son dessin d’un geste de la main plein de colère et de désarroi. La bonne humeur du matin est loin et les deux garçons sont bougons.

Pour éviter de bouder plus longtemps, Papa Griotte propose à Tommy d’aller chercher Maman au travail. “Ça nous fera une promenade et ça lui fera une belle surprise, elle sera contente. En plus, ce soir, c’est les vacances à l’école. Et en rentrant, on mangera des crêpes !”. Tommy retrouve illico le sourire. Il fait part de son enthousiasme et fonce chercher ses chaussures et son manteau. Lorsqu’ils sont prêts et tous les deux bien emmitouflés, Papa Griotte et Tommy se hâtent à la rencontre de Maman.

Lorsqu’elle les aperçoit en sortant de l’école, Maman Griotte est ravie. Son sourire et sa présence redonnent instantanément le sourire à Monsieur Griotte et leur bambin et c’est souriants qu’ils prennent le chemin du retour. Alors qu’ils traversent la forêt, ils discutent gaiement et rient des phrases improbables de Tommy, qui raconte à sa maman sa journée avec papa, revenant inlassablement sur l’épisode douloureux du doré raté. Pour lui changer les idées, Maman Griotte lui suggère de ramasser quelques jolis cailloux. Tommy part donc devant à la recherche de quelques nouveaux trésors.

Pendant ce temps, Monsieur Griotte se confie à sa femme.

-Mon pouvoir est en panne. D’habitude, l’hiver, il faiblit, mais depuis l’hiver dernier, il n’est toujours pas revenu. Je me demande s’il n’a pas carrément disparu.

-Tu exagères. Enfin, tu sais bien que c’est impossible. On a jamais vu un Hensien perdre son pouvoir.

-Tu en es sûre ? Et si j’étais le premier ?

-Il reviendra ! Il ne doit pas être bien loin.

-Et s’il ne revient pas ? Qu’est-ce qu’un Hensien sans pouvoir ?

-Un mari et un super papa ?

Monsieur Griotte sourit, même si son sourire est un peu triste. La disparition de son pouvoir le ronge depuis des mois et il se sent bizarre, sans lui. Il n’a pas le temps de répondre, car Tommy arrive bruyamment et attrape ses parents par la main.

-Papa, Maman, venez voir ! Le arbre, il est tout cassé ! Il est tout triste et il pleure…

Les parents du bambin se regardent et décident de suivre Tommy pour voir de quoi il peut bien parler. Ils arrivent vite près d’un sapin à moitié déraciné. Il est en piteux état. Il a perdu sa belle couleur verte et la plupart de ses aiguilles sont tombées. Papa Griotte hausse les épaules.

-On ne peut rien pour lui. Rentrons.

-Si, tu peux le soigner.

-Papa ! Papa ! C’est vrai ? Tu peux le soigner ? Tu vas soigner le arbre ?

-Non, je ne peux pas.

Sans un mot de plus, il se remet en marche. Madame Griotte ne dit rien. Elle ramasse le sapin et l’emmène avec elle.

Une fois rentrés, Tommy, qui n’a pas oublié que papa peut soigner le sapin, insiste auprès de son père pour qu’il guérisse l’arbre. Mais celui-ci refuse, explique qu’il ne peut pas et gronde Tommy en lui disant de le laisser tranquille. Mais le bambin ne l’entend pas de cette oreille. Il essaie malgré tout de comprendre :

-C’est comme le coloriage en couleur de l’or ?

Papa Griotte hésite, il sent le piège se refermer.

-Papa, c’est le plus fort ! Tu vas arriver à le soigner, le arbre !

Monsieur Griotte ne sait pas quoi faire. Il a peur d’échouer encore, mais il ne veut pas décevoir son fils. Alors il se concentre et il pose sa main sur le sapin. Mais rien ne se passe.

-Je le savais. Ce matin, je n’ai même pas réussi à faire germer un radis.

-Enfin, tu sais bien que l’hiver, les Pouces Verts sont un peu endormis.

À ces mots, Tommy s’approche de son père et observe ses pouces.

-Ils sont pas verts, les pouces à Papa !

Les parents rient devant l’innocence de leur enfant.

-C’est pour ça qu’ils marchent pas ?

Alors, du bout de son petit doigt maladroit, il teinte les pouces de Papa Griotte en vert.

Est-ce la magie de la couleur qui opère ou l’émotion d’un papa empli de tendresse qui lui fait oublier l’angoisse qui le rongeait ? Tout ce qu’on sait, c’est qu’à ce moment là, une douce lueur dorée s’échappa de la main de Monsieur Griotte et que le sapin se remit à verdir, que ses branches se redressèrent, que ses épines se mirent à repousser. Lentement, en douceur, le sapin reprit vie. Monsieur Griotte lui prodigua ses soins avec confiance et tendresse. Tommy était émerveillé et Madame Griotte, émue de ce spectacle. Lorsque le bambin approcha sa main du sapin, sa maman le mit en garde contre la piqûre des aiguilles, mais le sapin se fit tout doux et les aiguilles molles purent recevoir la caresse de Tommy sans le blesser. Monsieur Griotte le savait, c’était la façon qu’avait le sapin de les remercier. Malgré les soins de Papa Griotte, l’arbre était encore trop fragile pour retourner affronter l’hiver et ses racines avaient besoin de se renforcer. Il resta donc chez les Griotte jusqu’à la fin de l’hiver et, chaque jour, Tommy s’amusa à changer ses couleurs. Tous ceux qui voyaient ce sapin s’émerveillaient de sa beauté et voulaient avoir le même. Monsieur Griotte eu alors l’idée de ramasser tous les sapins blessés de la forêt, de les soigner et d’en laisser un en convalescence dans chaque foyer de Wilwar. Sans le pouvoir de la couleur, ils se débrouillèrent avec des guirlandes de papier, des dessins ou même des bonbons pour les décorer et, ainsi, célébrer leur guérison. Les sapins se laissaient faire, trop heureux d’être soignés et de pouvoir rendre hommage au pouvoir de celui qui les avait sauvés. Puis, quand l’heure fut venue, au premier jour du printemps, les Wilwariens retirèrent les décorations, Tommy redonna à son sapin son vert le plus éclatant, et ils rendirent les arbres à la forêt, en se promettant de recommencer chaque année.

Merci de votre partage
error

Contrairement à la croyance populaire, il ne s’agit pas d’aligner son expérience, ses compétences et ses diplômes en trichant sur la mise en page pour réussir à tout, absolument tout caser, du BEPC au job étudiant, en passant par les cours de tricot et votre amour pour les balades en forêt, les chats et les gâteaux au chocolat. En réalité, il ne s’agit même carrément pas de ça. C’est un exercice délicat et bien plus subtil, sur lequel reposent de gros enjeux, certes, mais qui n’a rien d’insurmontable, ni même de compliqué pour qui sait ce qu’il est, ce qu’il peut et ce qu’il veut. Le CV n’est pas une autobiographie. C’est la preuve que vos compétences sont en adéquation avec un profil recherché.

Extrait du CV de Doublure Stylo

Extrait du CV de Doublure Stylo

Un parcours tout tracé

Depuis votre plus tendre enfance, vous savez avec une certitude inébranlable quel métier vous exercerez. Vous vous y destinez et vous y préparez depuis la maternelle. Vous avez soigneusement sélectionné vos jeux, vos activités et vos options scolaires, vous avez suivi scrupuleusement l’itinéraire indiqué, suivi la mélodieuse voix du GPS de votre carrière sans jamais dévier, certain qu’elle vous mènerait à bon port. Une fois les études terminées et vos bagages en poche, vous entrez, confiant, dans le merveilleux monde du travail. Et là, c’est le drame… C’est un monde impitoyable, où la loi du plus expérimenté s’oppose à celle du plus diplômé, où la loi du plus fort a été remplacée par celle du plus pistonné.

Dans ce monde où tous les moyens sont bons, laissez les “modèles de CV” à ceux qui n’ont pas envie de se démarquer et aiment être noyés dans la masse des candidatures insipides et formatées. Prenez votre courage à deux mains, un peu de temps,  beaucoup de soin et misez sur un CV personnalisé. Pas besoin qu’il soit trop original, voire marginal. Il faut qu’il soit adapté à vous, au poste à pourvoir et au profil recherché.

Mettez-y tout ce qui sert votre candidature, mais évitez toute information superflue qui pourrait noyer les informations pertinentes. Un acupuncteur qui aime tricoter, ça risque d’inquiéter, même si ça reste des travaux d’aiguilles. Vos loisirs, s’ils ne servent pas votre candidature, n’intéressent que vous.

Mettez en avant ce que le recruteur ne doit pas manquer. Partez du principe qu’il lit deux mille CV par jour, qu’il ne lit que la moitié de chacun, même si ce n’est pas toujours vrai. À vous de lui montrer la meilleure moitié au premier coup d’oeil. Ne brodez pas une rubrique avec des choses insignifiantes juste pour la remplir, parce qu’elle vous semble trop aérée. Si vous avez un doctorat, vous pouvez vous dispenser de faire figurer votre BEPC et votre Baccalauréat. Vous voulez travailler dans une boutique de sport ? Votre jogging du dimanche matin peut vous sauver. En revanche, on se fiche de votre passion pour le macramé.

Ou une voie détournée

Peu importe. Dans les deux cas, l’important, c’est que le profil décrit sur votre CV corresponde à celui qui est recherché. Si, au lieu de l’autoroute, vous avez choisi la nationale et, qu’en plus, vous êtes tombé dans les embouteillages, vous pouvez quand même arriver à destination. Ado, vous êtes parti bille en tête, sans avoir calculé d’itinéraire, ni même prévu de destination. Les bagages, c’est pas votre truc et vous avez préféré voyager léger. De métiers en formations, de passions autodidactes en stages, vous avez acquis des compétences dont un jeune diplômé n’oserait même pas rêver. Elles vous désignent pour un métier, vous y amènent et vous y prédisposent parfois mieux qu’un diplôme ne le ferait.

C’est ce que votre CV doit montrer. Pour être convaincant, il faut se donner le mal et le temps, en commençant par recenser toutes vos compétences, les trier et les classer. Compétences informatiques, relationnelles, graphiques, etc. Le tri consiste à ne présenter que les compétences qui collent avec le poste recherché et rendent votre candidature parfaitement légitime.

Exemple de CV :

Curriculum Vitae de Doublure Stylo

Rédigé pour mon activité d’écrivain public autant que pour mes activités rédactionnelles plus ludiques et créatives, il n’a rien à voir avec celui que j’envoyais pour des jobs plus alimentaires.

En résumé

Un CV chargé n’est pas gage de qualité, au même titre qu’un CV léger n’est pas forcément un CV pauvre. Avant tout, votre Curriculum Vitae doit être personnel, cohérent et synthétique. Il ne doit pas dire “Regardez tout ce que je sais faire !”, mais “Je sais faire ce que vous demandez”. Et n’oubliez jamais qu’il n’y a aucune honte à se faire aider.

Merci de votre partage
error

Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple ?

Lorsqu’on rédige un texte, il faut toujours garder le message à l’esprit. Il faut penser qu’on écrit pour être lu. Il est donc important de connaître au mieux son lecteur. Si votre texte porte sur une thématique pointue et s’adresse à un public expert, il est primordial d’employer un vocabulaire adapté, précis et spécifique. Mais si vous vous adressez à un lectorat novice, voire profane, il est alors préférable d’adapter son texte afin qu’il soit non seulement lu, mais aussi, et surtout, compris.

Il est parfois difficile de trouver le recul nécessaire : implication trop forte, enjeu trop important, manque de temps… Les raisons sont légion. Il peut alors être intéressant de demander l’aide d’une personne extérieure, avec un regard distant, détaché, mais concerné.

C’est là que l’écrivain public intervient. Ce professionnel de l’écrit a le recul nécessaire pour « déjargoniser »  votre texte. Il saura, avec empathie et compréhension, nuancer votre propos sans le dénaturer, le simplifier sans l’appauvrir, afin de le rendre accessible et compréhensible par tous. 

 

Définition du mot "jargon"

 

Car la principale mission de l’écrivain public, c est de favoriser l’accès à l’écrit, pas seulement dans sa production, mais également dans sa compréhension. Il s’assure que le message est clairement transmis, pour qu’il soit correctement compris. 

Dans la pratique, comment ça se passe ?

Il y a sans doute autant de façons de procéder que de prestataires. Pour ma part, la procédure est simple : après une première lecture, je fais quelques remarques globales et je me fais expliquer les passages qui me posent problème, afin de dissiper les doutes et d’être certaine de ne pas trahir le propos de l’auteur quand je suggérerai des modifications. J’effectue ensuite une seconde lecture, au cours de laquelle j’annote le texte de remarques et de suggestions, que le client sera libre ou non de valider. Après traitement de mes suggestions par le client, l’opération est renouvelée pour un total d’au moins quatre relectures et jusqu’à satisfaction complète des deux parties.

Une correction concertée pour un document sous contrôle

Afin d’éviter les mails fastidieux et les pièces jointes qu’on oublie une fois sur deux, j’utilise Google Doc, qui génère un document en ligne, avec un accès limité aux personnes autorisées. Cet outil permet, d’une part, d’être à plusieurs simultanément sur un document et, d’autre part, de faire des commentaires et suggestions de corrections sans toucher au document d’origine. Le client reste ainsi maître à bord : non seulement il choisit les modifications qu’il approuve ou non, mais c’est lui qui, en les validant, apporte les corrections à son document.

Une prestation et un devis personnalisés

La « déjargonisation » est donc une prestation de relecture/correction, personnalisée en fonction de la longueur et de la complexité du document. En conséquence, le tarif est disponible uniquement sur devis, après étude de la demande et du document. On peut tout de même se baser sur un tarif minimum de 5 euros par page (une page contenant environ 1500 caractères, espaces non comprises).

Merci de votre partage
error

 

 

 

Calligraphie du mot "Ulmo"

 

La famille Griotte a décidé de débuter son voyage par Ulmo, où le climat est doux et la plage réputée. Après un bon repas à L’Atelier, excellent restaurant ulmois, et une agréable promenade sur le port, monsieur Griotte propose de passer l’après-midi à la plage. Tommy crie de joie et madame Griotte est ravie d’avoir enfin l’occasion d’utiliser l’éventail qu’elle a fabriqué avec l’aide de Tommy.

 

éventail coloré en quilling

 

Sous l’oeil attentif de ses parents, Tommy joue. Il s’éloigne de l’eau, revient en courant, tourne le dos à l’océan et se laisse tomber sur les fesses en riant et en criant “Badaboum ! Tombé dans y’eau, le bébé”. Après quelques aller et retour, il se met à attraper des poignées de sable jaune au fond de l’eau. Il revient sur la plage et lance au sol des poignées de sable multicolore. Quand il se lasse de jeter du sable, il s’accroupit au bord de l’eau et éclabousse partout avec ses petites mains en criant “Patouille ! Patouille ! Patouille !”. À chaque impact de ses mains, c’est une gerbe d’eau colorée qui jaillit.

 

 

Non loin de là, un poisson observe le petit garçon. C’est un poisson normal. Un poisson banal, sans forme spéciale, ni couleur originale. Sa seule fantaisie, c’est sa jolie queue. Malheureusement, personne ne la remarque. Ce poisson aux couleurs de l’océan passe totalement inaperçu. À tel point qu’ils n’en veulent pas à l’aquarium d’Ulmo. Sans doute ne savent-ils même pas que ce spécimen existe car, bien qu’il ne soit pas rare, personne ne le remarque jamais. Et ça, ça le rend infiniment triste.

 

 

Le poisson fixe Tommy avec des yeux de merlan frit. Il regarde les éclaboussures de mille couleurs et il rêve qu’un peu de toute cette couleur se dépose sur lui. Rien qu’un peu. Pour qu’il soit joli. Alors, bien qu’on ne le remarque jamais, il s’approche avec une grande prudence. Il a un peu peur mais il se dit qu’après tout, ce n’est qu’un petit enfant, qu’en cas de danger, il n’aura qu’à nager très vite pour que, rapidement, on ne le voit plus. Plein d’espoir, il nage là où les éclaboussures retombent, puis il s’éloigne pour admirer ses nouvelles écailles colorées. Il se tortille dans tous les sens, mais aucune trace de couleur sur lui. Il est toujours camouflé par les tristes couleurs de l’océan.

 

Une fois la déception passée, il se remet à observer l’enfant, l’eau et les couleurs. Dans sa tête, le cerveau est petit mais le poisson le fait fonctionner à plein régime, déterminé à percer le secret de ce bambin magique. Après un long moment, il finit par remarquer que l’eau n’est plus colorée au moment où elle retombe dans l’océan, que c’est lorsque les mains de l’enfant tapent sur l’eau qu’elle prend toutes ces merveilleuses couleurs. Conscient du danger de la proximité avec un humain, le poisson, fermement décidé, nage malgré tout en direction de Tommy. Il se place dans le dos du petit garçon, se concentre et s’élance à toute vitesse vers l’endroit où la bambin patouille l’océan. Au moment où les mains de Tommy frappent l’eau, le poisson bondit, traversant l’onde colorée qui jaillit de ses doigts. Le spectacle est à couper le souffle. Les éclaboussures arc-en-ciel accompagnent le poisson dans un bond gracieux. Il retombe, plonge et s’éloigne avec une élégance rarement vue chez un poisson.

 

 

Une fois à bonne distance, le poisson s’immobilise, encore stupéfait de ce qu’il vient d’oser faire. Empli de fierté, il oublie presque combien ce fut effrayant, tellement ce fut excitant. Il ose à peine se regarder, redoutant une nouvelle déception. Mais après avoir fait preuve d’une telle bravoure, il ne peut plus reculer, il doit savoir. Il ferme ses yeux très fort, tourne la tête en direction de sa queue, hésite un instant et les ouvre comme on arrache un pansement, d’un coup sec. Le poisson reste bouche bée. Si les mouches volaient sous l’eau, il en goberait, c’est certain. Son corps est resté bleuté, mais sa queue, autrefois si insipide, bien que majestueuse, est à présent un feu d’artifice, une explosion de couleurs, un ravissement enchanteur. Le poisson frétille, tourne sur lui-même, bondit hors de l’eau. Il voudrait pouvoir crier sa joie, il voudrait pouvoir parler et connaître le langage des humains pour dire à Tommy combien il le remercie, même si, d’une certaine façon, ces couleurs, il les a volées. Il ne sait pas parler, mais il connaît une façon de remercier l’enfant. Une façon poisson. Il est certain que l’enfant magique comprendra.

 

Alors il s’approche, lentement, sans crainte, fier. Le soleil fait briller l’eau et resplendir ses couleurs. Si c’était un oiseau, il serait un paon. Il s’arrête devant Tommy, qui cesse instantanément d’agiter ses mains. Il regarde le poisson, admirant non seulement la forme et les couleurs de sa queue, mais également le ballet gracieux que lui offre le poisson en remerciement. Émerveillé, Tommy lève vers ses parents un visage radieux et dit : “ Égade, Maman ! Égade, Papa ! Un beau passon ! Yé beau, le passon, égade !”. Le poisson tourne autour de l’enfant, passe entre ses jambes, occasionnant les rires du petit, amusé et un brin apeuré. Les parents échangent un regard à la fois tendre et rieur et expliquent à leur fils que le poisson le remercie pour sa si jolie magie des couleurs. Puis le poisson éclabousse Tommy dans un dernier bond d’adieu et repart au fond de l’océan. Pendant que Tommy lui fait signe de la main en criant “Au ‘voir, passon !”, monsieur et madame Griotte débattent pour savoir s’ils vont surnommer ce poisson Kodak ou Léon.

 

 

Merci de votre partage
error

 

 

Le marché aux légumes

 

Aujourd’hui, c’est samedi. C’est jour de marché et il fait gris. Madame Griotte, la maman de Tommy, enfile son manteau.

Allez, Tommy, viens mettre ton manteau. On va se promener au marché !

Le bambin arrive en courant, tout content d’aller se balader. Il glisse, tombe à plat ventre, se relève et dit “Ça va ?”, avant que ses parents n’aient eu le temps de poser la question.  Il enfile volontiers son manteau et ses chaussures et donne la main à sa maman en répétant “Se mener ? On va se mener ? Ach’ter les légumes !”. La maman de Tommy sourit. Elle embrasse son époux avant de quitter la maison avec son bambin. “On n’en a pas pour longtemps.”

 

Aujourd’hui, elle a décidé de marcher, plutôt que d’utiliser son pouvoir, un brin salissant, surtout quand le temps est aussi humide. Pendant le trajet, Tommy, fier de ses connaissances, récapitule la liste des courses et énumère tous les légumes qu’il connaît : “Du cocoli, du pavron vert, du pavron rouge, du pavron orange… “ Et quand l’envie lui prend, le poivron devient bleu. “Des tomates, une be’gine, des carottes…” Mme Griotte repense au temps où il disait “croyotte”. Sur son visage se dessine un sourire sur lequel se mêlent nostalgie et fierté. Le petit Tommy reprend sa litanie légumière. Sa maman presse le pas. “Hâtons nous, il va pleuvoir.”. “Des patates pas douces… des pommes de terre, du cracro… des petines !”.

 

 

Ils arrivent au marché et parcourent les étals aux mille senteurs et aux mille couleurs. Mme Griotte salue les marchands, qui la connaissent bien et apprécient la magie du petit Tommy. Le petit garçon facétieux fait toutefois enrager un des marchands, qui ne supporte pas qu’il joue avec les couleurs de ses légumes et ne rate pas une occasion de râler contre “ce garnement mal élevé”.

 

Mme Griotte, pour l’énerver plus encore, encourage discrètement Tommy à lui faire un étal arc-en-ciel, qui arrache des cris d’admiration béate aux camelots voisins. Mais ce n’est décidément pas au goût du marchand qui, encore une fois, peste contre l’enfant, qui ne comprend pas pourquoi “le monsieur, i yé pas content”. Alors, de ses grands yeux bleus innocents et coquins, il le regarde et lui demande : “Kékya ? T’as peur ?”.

 

Le marchand devient tout rouge et s’apprête à se défouler sur Mme Griotte, plutôt amusée par la colère disproportionnée du marchand. Tentée de demander à Tommy de changer le teint rouge du bonhomme pour une nuance plus bleutée, elle préfère disparaître avant que les vilains mots du monsieur à propos de son petit garçon ne la mettent dans une fureur noire que même Tommy ne pourrait changer.

 

Elle tire la langue au marchand rougeaud. “À la semaine prochaine !” lui dit-elle d’un air moqueur en lui faisant au revoir de la main. Tommy imite sa maman et salue le maraîcher mal aimable, lui envoyant même quelques baisers volants. Puis Mme Griotte creuse une galerie et disparaît instantanément, se demandant encore pourquoi le marchand se met dans une telle colère. Pourtant, la semaine dernière, les brocolis roses se sont vendus comme des petits pains.

 

 

Un brocoli rose

 

Merci de votre partage
error

 

Voici un nouvel opus des aventures de la famille Griotte sur Hens World :

 

Le Pouvoir de taupe

 

Mme Griotte s’exerce beaucoup pour développer son pouvoir de taupe. Suite à un entraînement intensif, elle est capable d’emmener Tommy avec elle dans ses déplacements souterrains. Mais il lui est impossible d’emmener une personne plus grande. Elle aimerait également pouvoir se déplacer sur de plus longues distances et se rendre dans les autres villages grâce à son pouvoir de taupe. Mais sa dernière tentative s’est soldée par une presque noyade. Elle avait mal évalué la distance et était réapparue sous l’eau, en plein milieu de l’océan. Heureusement, elle n’emmène jamais Tommy lors de ses entraînements. Elle ne le prend que si elle est sûre de son trajet.

 

Aujourd’hui, elle essaie d’aller à Sulimo. C’est la destination dont l’itinéraire est le moins risqué et elle n’a pas à traverser d’eau, à part une petite rivière sans grand danger. Pendant le trajet, elle croise la taupe dont elle et Tommy avaient sauvé le bébé. Ravie de voir qu’ils vont tous les deux parfaitement bien, elle reprend sa route, pour réapparaître à quelques mètres du moulin à vent. “Pas si mal”, se dit-elle, même si elle visait la grande Tour de Sulimo.

 

Sur le chemin du retour, elle prend soin de mémoriser quelques points de repères, pour que sa prochaine tentative soit un succès. Elle ressort de terre au beau milieu de son jardin, tout près de son bambin, qui n’a pas vu ses deux minutes d’absence passer. Elle s’inquiète malgré tout de ne pas le voir réagir à son retour, lui qui est d’habitude si content à chacune de ses réapparitions et ne manque jamais de la gratifier d’un enjoué “Coucou, maman !”.

 

 

Elle s’approche et voit Tommy et la petite famille taupe, qui a profité de la galerie qu’elle avait creusée. Le bébé taupe est dans les bras de Tommy et la maman taupe les observe, confiante et sereine. Elle semble se réjouir de voir les deux petits si heureux de se retrouver. Tommy fait des bisous à la petite taupe qui, en signe de contentement, plisse sa mignonne frimousse et frétille des moustaches.

 

 

Les deux mamans se regardent et, d’un commun accord silencieux, se mettent à construire ensemble les galeries d’une nouvelle taupinière. C’est décidé, la famille taupe est adoptée et habitera désormais dans le jardin des Griotte.

 

 

 

Merci de votre partage
error
Portrait miniature

par Doublure Stylo

Je sais écrire. Je sais bien écrire. Mais je ne sais pas toujours quoi écrire. Si je me mets devant l’écran en me disant « Allez ! Aujourd’hui, j’écris ! », je me retrouve immanquablement à regarder le curseur clignoter sur la page blanche, à taper quelques mots, quelques phrases, les relire et tout effacer. 

C’est peut-être pour ça que j’ai choisi le métier d’écrivain public. C’est plus facile d’écrire pour les autres, d’écrire leur contenu.

Alors… Comment je fais pour alimenter trois blogs, dont un blog d’écriture ? 

J’écris, mais pas quand je l’ai décidé. J’écris pour exprimer. Une émotion, un sentiment, une frustration, ma créativité, mon humour… J’écris en réaction. Mes textes sont souvent le contrecoup d’un événement, d’une émotion… J’écris en récréation. J’écris pour jouer, pour rire et m’amuser.

Texte manuscrit

Écrire, c’est comme jouer la comédie. Quand on passe à la fiction, on puise en nous de quoi donner un peu de vérité à notre création. En fin de compte, c’est toujours un peu de nous que l’on parle, même quand notre personnage est notre exact opposé.

D’ailleurs, j’ai appris à maîtriser mon écriture en jouant au jeu de rôle. Autrement dit, en jouant un rôle. Je dois avouer que j’ai souvent ri en écrivant les aventures absurdes de Pincemi et que, dans les moments difficiles que je lui ai infligés, il m’est arrivé d’écrire l’œil humide et la vue troublée. 

Mais en jeu de rôle aussi, la page blanche fait trembler. La différence, c’est les autres joueurs, qui vont faire agir et réagir leur personnage, faisant avancer l’histoire dans laquelle on s’est tous lancés. Et de leur réaction viendra l’inspiration.

Car l’inspiration, ce n’est rien d’autre qu’une réaction. 

Merci de votre partage
error

 

 

Un arbre en quilling

 

C’est une belle journée ensoleillée et Tommy a coloré la forêt de mille nuances de rose, la couleur préférée de sa maman. Ils jouent à cache cache tous les deux dans le jardin, et Tommy s’amuse beaucoup.

 

“Cachée maman !”

 

Pour sa mère, qui a reçu le pouvoir de taupe, c’est un jeu d’enfant d’apparaître et de disparaître pour le plus grand plaisir de son bambin, qui rit aux éclats chaque fois qu’elle surgit de terre avec une nouvelle grimace pour l’amuser.

 

Au bout d’un moment, elle commence à fatiguer, et Tommy à se lasser. Il est petit et rien ne retient jamais son attention très longtemps. Le bambin, flanqué de son éternelle tototte, a envie de faire un dessin. Sa maman l’embrasse et part jardiner, pas trop loin, pour pouvoir veiller sur lui. Tommy regarde autour de lui et commence à dessiner. “Une bayeine” annonce-t-il fièrement.

Pour dessiner, Tommy Griotte n’a pas besoin de crayon. Il n’a pas besoin non plus de papier. Il lui suffit de “tracer les couleurs” avec le bout de son petit index. Il peut ainsi dessiner un poussin violet sur de la terre humide ou un lapin bleu dans les feuilles d’un arbre, simplement en changeant les couleurs grâce à son pouvoir.

Les dessins d’un enfant de deux ans sont plus proches du gribouillage que de l’oeuvre d’art. Toutefois, la façon dont il joue avec les nuances et les couleurs est toujours une source d’émerveillement.

 

Pendant qu’il dessine sagement, un bébé taupe sort d’une galerie que sa mère, sans doute un peu fatiguée, a oublié de reboucher lorsqu’elle en a surgi pendant qu’ils jouaient. Aveuglé par la lumière, le bébé taupe est perdu et ne sait pas où aller. Tommy le voit et le prend doucement dans ses petites mains maladroites.

 

“Oh ! Cro mignon le petit bête ! Gros cayin !”

 

Il serre le petit animal contre lui, en essayant de ne pas lui faire de mal. Le bébé taupe a l’air triste, il cherche sa maman. Tommy appelle alors la sienne pour lui montrer sa trouvaille. Ni une ni deux, la mère de Tommy utilise son pouvoir et emmène son fils avec elle à la recherche de la maman taupe. Ils parcourent ensemble les galeries souterraines pendant un moment, puis ils finissent par trouver une taupe en pleurs. Ils lui rendent son bébé et rentrent chez eux manger de bonnes crêpes pour consoler le petit Tommy, triste d’avoir quitté son nouvel ami…

 

 

Fleur, soleil et papillon en quilling

 

Merci de votre partage
error