Je teste mon flow, inspirée par « Musique Nègre »

Il y a quelques jours, on m’a fait découvrir le titre « Musique Nègre » de Kery James. Parce que j’admire Martin Luther King, Rosa Parks ou encore (surtout ?) Malcolm X, leur parcours et leur combat. Parce que je suis « sensible à la cause noire ». Même si je pense qu’il faudrait qu’on arrête de se définir par la couleur de notre peau. Ou plutôt, parce que je pense qu’il faudrait qu’on arrête de se définir par la couleur de notre peau. On a discuté sur ce texte, ou plutôt son propos, et ma conclusion, c’était, grosso modo, « Ah ! Bravo Kery ! Il a raison. Fuck le politiquement correct ». Merde à la consensualité. Je ne connais pas l’oeuvre de Kery James, je ne sais pas grand chose de lui, mais il est temps que des voix s’élèvent et la sienne a le mérite de balancer. De ma conclusion étaient sortis quelques mots, un début de rap, de mots en tempo.

Ce matin, j’ai vu un extrait de l’interview du sale type à qui répond Kery James avec « Musique Nègre ». Après avoir copieusement vomi, j’ai repris mon texte. Et j’étais plutôt inspirée.

Je me suis permise de calligraphier une pseudo reproduction du lettrage du titre pour l’illustrer. 

Calligraphie de "Musique Nègre"

Merci Kery James d’avoir titillé ma plume et mon clavier.

 

Politiquement correct

Concept abject

Qui me débecte

Hypocrisie infecte

La bien pensance affecte

Notre liberté

 

La décence n’exclut pas

D’oser bousculer

De dépoussiérer

Faut pas être sympa

Si tu veux tout changer

Pour être écouté

N’aie pas peur de choquer

Pour être entendu

Pas besoin de donner ton cul

Respecte toi

Crois en c’que tu fais

Rejette l’hypocrisie

Fais comme Dieudonné

 

Visage pâle

Élève ta voix

Pour tes frères renoi

Si t’as pas la dalle

N’ignore pas

Ceux qui ont moins que toi

Ne laisse pas crever

Les réfugiés trop bronzés

À la porte de ton plein pied

En buvant ton café

 

Et toi, Renoi

Comme Malcolm autrefois,

N’oublie pas que les Blancs

n’sont pas tous comme ça .

 

Fusils braqués

Sur des Noirs baraqués

La menace plane toujours

Au d’ssus d’la vérité

 

Je pourrais parler

Des Juifs, des Pédés

Tous dans le même panier

Minorités menacées

De haut regardées

Humains agressés

Par des “gentils” fachos

Frustrés décérébrés

 

Et est-ce qu’on parle des femmes

Sans arrêt harcelées

Abusées, opprimées

Une fois par an célébrées

Et le reste de l’année

Elles peuvent bien crever

Excisées,

Tabassées,

De force mariées

De force pénétrées

Mets ta burka

Salope, je vais te baiser

On les veut libérées

Pas l’droit d’avorter

Intégriste voilée

P’tite pute trop dénudée

Faudrait savoir les gars

Laissez-nous décider

Comprends que “non”, c’est “non”

Pas “oui, s’il te plaît”

Que c’est tes yeux vicieux

Qui l’obligent à se voiler

Qu’elle veut être insouciante

Sans te redouter

Toi et ta queue que tu sais pas contrôler

Qu’une jupette ne fait pas

D’elle une sale traînée

Qu’elle veut te faire l’amour

Sans perdre ton respect

 

Musique nègre

Sous ta bannière

Accueille tous les opprimés

Sois la voix de tous ceux qu’on veut bâillonner

On me traite de Bobo parc’ que j’suis végé

J’suis sans doute pas crédible

En rappeuse révoltée

Pourtant mes yeux voient clair

Et j’suis écoeurée

Et même si l’écrire

Ne va rien changer

Au moins, je réagis

J’aurai essayé

Ne pas être complice

Par la passivité

De ces esprits tordus

Ces âmes vérolées

L’humanité perdue

À l’argent sacrifiée

Est bien plus meurtrière

Qu’un fusil chargé

Alors j’écris ces mots

Après tout qui sait

Si le choeur de nos voix

N’peut pas tout changer.

 

 

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