Si j’étais un homme (version bouzouk. Déclaration d’amour lesbien)

 

Voilà un moment que je n’ai pas eu le temps de publier quelque chose ici. Les projets sont en cours et ne sont pas encore publiables. Heureusement, grâce au jeu de rôle, je m’aventure dans de nouvelles contrées. C’est une des choses que je préfère, quand j’écris. Quand ma plume me sert à voyager, à explorer, à imaginer et à comprendre. 

Après le pouvoir, l’argent, la dépression, la folie, la drogue, le dévouement aveugle et impitoyable, la noyade, l’amnésie, le mutisme, le désespoir, la jalousie, l’amour, la joie, la fête, le passage dans l’autre camp, la trahison, le mensonge, l’abandon… j’explore les amours saphiques, qui n’excluent en rien les domaines pré-cités 😉

 

Mon personnage, Pincemi, une bouzoukette facile, vient d’avoir le cœur encore brisé par un de ses plus anciens amants. Dans sa quête de vengeance et son combat contre la corruption, elle rencontre une kamarage, Gaya, toute jeune bouzoukette idéaliste qui ne mâche pas ses mots. Deux bouzoukettes de cette trempe étaient faites pour s’entendre et la camaraderie a bien du mal à dissimuler la véritable nature du lien qui les unit. Mais personne n’est dupe, surtout pas elles. Alors qu’elles viennent de subir un deuil douloureux, elles cherchent, ensemble, un peu de réconfort, oubliant le monde qui les entoure, de près ou de loin.

 

Dans cet extrait, il est fait référence à la corruption et aux Struleone (Stru), grande Famille mafieuse qui contrôle la ville et son économie parallèle. Pincemi et Gaya font parti du MLB, un mouvement politique terroriste qui vise à anéantir la corruption au profit d’une démocratie dictatoriale du prolétariat. Leur penchant pour l’alcool et la drogue ne facilite pas leur mission, mais ce sont avant tous des idéalistes qui rêvent d’un monde meilleur. N’oublions pas que Bouzouks.net est un univers parodique et décalé, où règnent l’absurde et le ridicule. Il est donc normal que, bien que le moment soit intense et les sentiments, profonds, on trouve des passages et du vocabulaire un peu abracadabrants.

 


 

 

*Le Skatt’ est grand. Pincemi entraîne Gaya un peu plus loin. La présence des autres ne les gêne pas. Elle leur est même indifférente. La blonde emprunte les zallumettes de Gaya et embrase quelques prospestusses. Elle étale son duvet au sol et invite Gaya à s’y asseoir. Elle lui tend une bierro, en prend une et pose le pack à côté. Elle roule un raki avec un reste de raki schnibblik qu’elle a chopé près de la chapelle, se met à blaz pattes et l’allume au coeur des flammèches du foyer qu’elle vient d’allumer. Elle l’offre sans attendre à sa Kamarade et vient s’asseoir près d’elle.

Entre zig gorgées de bierro bues à la mémoire de Zorba, Pincemi glisse sa trompe dans le creux de la zoreille de Gaya, lui murmure des serments et lui avoue une foule d’intentions inavouables. Elle tient sa main et se presse légèrement contre le corps de la future mairesse. Amoureuse, elle lui déclame même en murmures un doux poème*

 

♪♫ Moi si j’étais un zouk, je serai capitaine
D’un raffiot vert et pourpre
Une élégance rare et plus fort que le Schnibble
Pour affronter les pluies d’météorites

 

Je t’emmènerais en voyage
Voir les plus belles djeungueules de la colline
J’ te ferais l’amour sur la plage de Kah-Maté
En savourant chaque millimètre carré
Où mon corps engourdi s’enflamme
Jusqu’à  s’endormir dans tes bras,
Mais je suis zoukette et, quand on est zoukette,
On ne dit pas ces choses-là
À une autre zoukette que soi.

 

Je t’offrirais de belles bierros,
Des pothoks pour embellir le skwatt’,
Des raki à vous rendre fou
Et, juste à  côté de Sainte Quête,
Dans une ville qu’on appelle Vlurxtrznbnaxl,
Je ferais détruire la Stru villa,
Mais je suis zoukette et, quand on est zoukette,
On n’a pas ce pouvoir-là .

 

Il faut dire que les temps ont changé.
De nos jours, c’est toujours plus de strul.
Ces histoires d’amour démodées
N’arrivent qu’au cinochma.
On devient enstrulés.
C’est dommage : moi j’aurais bien aimé
t’allonger, dans l’bureau d’la mairesse.
Si les zouks n’étaient pas si pressés
De toujours s’enstruler…
Ah ! si j’étais un zouk !

 

Je t’bouzophonerais tous les jours
Rien que pour entendre ta voix.
Je t’appellerais « mon amour »,
Insisterais pour qu’on se voie
Et t’inventerais un programme électoral
À l’allure d’un soir de gala de charité,
Mais je suis zoukette et, quand on est zoukette,
Ces choses-là  ne se font pas.

 

Il faut dire que les temps ont changé.
De nos jours, c’est toujours plus de strul.
Ces histoires d’amour démodées
N’arrivent qu’au cinochma.
On devient enstrulés.
C’est dommage : moi j’aurais bien aimé
t’allonger, dans l’bureau d’la mairesse.
Si les zouks n’étaient pas si pressés
De toujours s’enstruler…
Ah si j’étais un zouk
Je me ferais ablater ♪♫

 

Parce que je n’ai pas besoin d’une stoïème trompe pour t’offrir toussa…

 

 

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