[Vis ma vie de rôliste #2] Jeu de rôle et écriture

 

 

Me revoilà pour la deuxième édition du concours “Vis ma vie de Rôliste”. L’année dernière, j’ai plus ou moins consciemment et volontairement fait un hors sujet, préférant traiter “Vis ma vie de rôliste” plutôt que le thème du concours. Mais cette année, je suis bien décidée à gagner ! (j’ai même déjà fanfaronné, alors je dois pas me louper).

 

 

Plus sérieusement, le thème de cette année, je ne peux tout simplement pas passer à côté. Et je vois mal comment faire un hors sujet, cette fois, étant donné que ce thème, je veux le traiter depuis longtemps, parce que c’est l’histoire de ma vie ou, tout au moins, d’une partie de ma vie. Il n’est donc plus temps de repousser la rédaction de cette article.

 

Le jeu de rôle textuel, là où tout a commencé.

 

Pour rappel, le jeu de rôle, c’est une activité ludique et créative qui consiste à faire vivre une histoire et des personnages en “interprétant” un rôle. Il y a plusieurs supports et, donc, plusieurs façons de jouer (JdR sur table, textuel, sur Skype, sur FB, par SMS, par e-mail…). Pour ma part, je pratique, depuis plus dix ans, le jeu de rôle textuel : j’interprète mon personnage par écrit, en (co)écrivant ses aventures, ses états d’âme, ses sentiments et en lui infligeant moult péripéties, amusements et tragédies.

 

C’est une activité que j’ai découverte par hasard et que j’ai commencé à pratiquer sans vraiment comprendre ce que je faisais. À mesure que mon personnage s’étoffait, ma participation s’enrichissait et le jeu est devenu un support d’écriture. Mon personnage a gagné en popularité et en influence. J’ai commencé à prendre conscience du “pouvoir” de l’écriture en général, et de mon écriture en particulier. Le jeu sur lequel j’ai débuté a brutalement fermé. Pendant plusieurs années, j’ai cherché un site, un jeu qui me donnerait les mêmes sensations, la même communauté, la même liberté… Nulle part ailleurs je n’ai retrouvé ce que j’avais perdu avec Bouzouk.net.

 

En même temps que ce jeu, j’ai perdu mon écriture. J’ai eu beau essayer des forums, ouvrir des documents Word et regarder le curseur clignoter, écrire de la merde et tout effacer, rien à faire, je n’avais plus ni plaisir à écrire, ni satisfaction à me lire. Entre le manque d’inspiration et un style pas assez affirmé, écrire devenait une corvée. Jusqu’à ce que je découvre le métier d’écrivain public. L’idée d’exercer ce métier a fait son chemin. Lentement mais sûrement, je me suis préparée, j’ai réfléchi mon projet, j’ai rédigé un business plan.

 

Faire du rôlisme un métier : écrivain public et raconteuse d’histoires

 

Et puis, il y a un peu plus de trois ans est arrivé un miracle qu’on n’attendait plus : Bouzouks.net a rouvert ses portes. Ni une ni deux, j’ai foncé, je me suis réinscrite, j’ai retrouvé les copains qui, comme moi, avaient attendu près de cinq ans la résurrection de leur jeu préféré. J’ai recommencé avec le même personnage. En même temps que je travaillais sur mon business plan, j’écrivais les aventures de Pincemi, bouzoukette blonde, belle et bonne. À cette époque, j’étais ce que la société appelle une demandeuse d’emploi. En vérité, j’étais en cours de création de mon propre emploi, et ce que beaucoup prendrait pour de la glande fut en réalité un moteur puissant, en plus d’être très formateur.

 

Ces heures passées à écrire la vie de Pincemi, ou à rédiger des articles sur l’univers et l’actualité Role Play, n’étaient non seulement pas de la glande de chômeuse branleuse mais c’était même tout le contraire. J’ai appris à affirmer et à peaufiner mon style, à penser non plus seulement à mon plaisir mais aussi à celui du lecteur, j’ai amélioré ma maîtrise rédactionnelle, je l’ai éprouvée et ressentie en rassemblant un lectorat assidu, ce qui m’a permis de prendre confiance en moi et en mon écriture et, enfin et surtout, j’ai retrouvé le plaisir d’écrire et découvert celui d’en procurer à qui aime me lire.

 

Le jeu de rôle textuel m’a donné confiance en moi et en mon projet. Il m’a donné les compétences pour l’exercer et le courage pour oser affirmer que, oui, je sais bien écrire, pour les autres ou pour moi. Certaines rencontres que j’y ai faites m’ont confortée dans mon choix (je profite de cet article pour remercier encore une fois Ouah, fan de la première heure, super ami et client test assidu, enthousiaste et satisfait <3).

 

C’est donc tout naturellement que le jeu de rôle s’est intégré à mon projet professionnel, me guidant vers une pratique ludique de mon métier. Je me suis servie du jeu de rôle pour créer certaines prestations et j’ai voulu, en même temps et en retour, servir le jeu de rôle en contribuant à le faire connaître et en favorisant sa pratique, dans une approche ludique et créative de l’écriture, persuadée que c’est par le plaisir et le jeu qu’il faut y entrer, avant même de penser à la formaliser avec des approches scolaires trop strictes et rébarbatives qui génèrent souffrance, complexes et culpabilité. C’est ce que je m’applique à faire en animant des ateliers d’écriture rôliste dans un collège, ateliers dont j’aurai prochainement l’occasion de reparler.

 

Pendant l’été 2015, pour répondre à mes objectifs, j’ai créé Doublure Stylo. Depuis, le temps avançant et mon investissement dans le jeu de rôle textuel grandissant, Doublure Stylo, plus qu’un cabinet d’écrivain public, est devenu une identité, une entité “écriveuse”, qui écrit aussi bien pour elle que pour ses clients.

 

Aujourd’hui plus que jamais, le jeu de rôle textuel reste mon support d’écriture préféré et, en plus de mes blogs, j’ai multiplié les personnages pour diversifier ma palette d’écrits, m’essayer à de nouveaux styles d’écriture, avec d’autres objectifs, pour de nouveaux publics.

 

Qu’elle rapporte de l’argent ou pas, mon activité professionnelle, c’est écrire, et c’est au jeu de rôle que je le dois.

 

 

Merci de votre partage

4 thoughts on “[Vis ma vie de rôliste #2] Jeu de rôle et écriture

  • Pingback: Participations à Vis Ma Vie de Rôliste : écriture et jeu de rôle

  • Srithanio

    Je passe rapidement ici pour te féliciter de ta victoire.

    Ton texte donne envie de se lancer – pas forcément dans la vie active d’écrivaine, mais dans l’acte d’écrire. Même sans exemple dans le texte même, on ressent le plaisir de mettre par écrit. D’ailleurs, c’est amusant, mais tu relies quasiment toujours à l’écriture l’idée de communauté, de partage, d’échange – ateliers, jeu de rôle, blog… Quid des RP solo ?

    Ce qui m’a manqué en lisant ce texte hors blog, c’est quelques éclaircissements – j’aurais aimé en savoir plus sur Pince-mi par exemple ou avoir une vision de l’évolution du « pouvoir » de ton écriture. C’est amusant de voir que ce texte didactique ne donne finalement que peu de traces de ton « vrai » RP !

    Sur ce, au plaisir de te (re)lire 🙂

    Reply
    • Doublure Stylo (Post author)

      Merci pour ton passage, ton commentaire et tes compliments ! (Par contre, je n’ai pas gagné ^^)
      Je suis touchée et ravie si ce texte peut donner envie d’écrire. C’est un de mes objectifs, autant dans le jeu qu’avec mon métier. C’est d’ailleurs plus en lien avec mon métier que j’ai écrit ce texte, ce qui explique que tu n’y retrouves pas mon RP ^^ Pour ça, il faudra venir jouer avec moi 😉
      Quant au RP solo, pour moi, ça n’existe pas. Si j’écris seule, je suis écrivain, pas joueuse 🙂

      À bientôt alors, ici ou ailleurs 😉

      Reply
  • Pingback: L'écriture ludique et créative - Doublure Stylo

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.