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Mon résumé de l’épisode 5 saison 1 de Procrastination : « Question de point de vue »

Parce qu’elle va influencer toute la narration, la question du point de vue est un choix crucial. C’est aussi un élément mal connu et difficile à maîtriser qui peut devenir un véritable écueil si on n’y prend pas garde.

Dans l’épisode 5 de la saison 1 du podcast Procrastination, Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort, tel un phare dans la nuit de l’auteurice perdu·e, nous donnent les outils pour guider ce choix afin qu’il soit fait en conscience et en maîtrise.

Les différents points de vue

La première chose à savoir et à retenir, c’est que narrateur et personnage sont deux rôles différents, même si un personnage peut-être narrateur. La ou le narrateur, c’est celui qui raconte l’histoire. Et c’est de son point de vue qu’elle nous sera contée.

Le point de vue
Le point de vue, c’est la longue-vue à travers laquelle on regarde l’histoire
Source : studio4rt sur Magnific

La focalisation, c’est le mode de vision. Il en existe trois :

La focalisation zéro

Le narrateur sait tout (omniscient). Il connaît les faits autant que les intentions des personnages. Cette narration se fait au passé (temps du conte) et à la 3è personne.

La focalisation externe

Le narrateur est extérieur à l’histoire et aux personnages. Il s’apparente à une caméra en plan fixe : on voit l’action se dérouler, mais on ne sait pas ce que pensent les protagonistes. Cette focalisation donne une impression d’objectivité du récit.

La focalisation interne

Le narrateur est un personnage. Cette focalisation permet de ménager le suspense, puisque le narrateur ne peut parler que de ce qu’il sait. Il peut aussi mentir et dissimuler, ce qui donne un récit forcément subjectif (on ne peut pas se fier au narrateur) et dont la subjectivité est assumée.

Les focalisations les plus répandues sont la focalisation interne à la première personne et le point de vue externe focalisé (d’un personnage). Il peut arriver que le narrateur donne au lecteur des infos que le personnage n’a pas : “Il ne savait pas que…” (avis personnel : c’est bidon).

Le point de vue et la focalisation ne sont pas forcément fixes et il est courant de voir une alternance de points de vue dans un récit, ainsi que des fluctuations de la focalisation externe à interne et inversement.

Le choix du point de vue

Les trois auteurices nous rappellent qu’une histoire, c’est avant tout des personnages. C’est non seulement leur histoire qu’on va suivre, mais c’est à travers leurs yeux qu’elle va nous être racontée. Les personnages sont le guide du lecteur (surtout quand, comme l’explique Shonda Rhimes dans sa Masterclass, le personnage à travers lequel on suit l’histoire est aussi novice que la lectrice).

Vivre l’histoire à travers les sens et les émotions d’un personnage permet de relever les enjeux et de ménager le suspense. Le choix du personnage focal est donc fondamental, car c’est ce qui va guider le lecteur, mais aussi l’histoire. Cela implique également la possibilité que le récit soit faux, partiel et teinté d’une subjectivité qu’on a évoquée dans un paragraphe précédent.

La multiplicité des points de vue est une technique courante, notamment en fantasy épique. Les mêmes évènements sont vus à travers le point de vue de plusieurs personnages, ce qui permet de mettre en évidence la complexité d’une situation.

Pour Mélanie Fazi, le point de vue et le temps de narration sont liés. La première personne se prête plutôt au présent et répond pour l’autrice à « un besoin d’immédiateté, d’être dans la tête du personnage » (ce sont aussi le point de vue et le temps qui ont ma préférence et que j’utilise le plus souvent).

Les problèmes de point de vue les plus courants

La vision stéréoscopique est souvent considérée comme une erreur de point de vue nommée « headhopping ». Lionel Davoust soulève la question de comment embarquer le lecteur ? Laurent Genefort souligne l’importance de l’identité des personnages (leur voix, d’où la nécessité d’une caractérisation soignée). La question à se poser au moment du choix du point de vue est : qu’apporte le point de vue par rapport à la situation ? Expérimenter les perceptions permet de jouer avec la narration, la fiabilité de ce qui est raconté…

Parmi les “erreurs” de point de vue les plus courantes, il convient de rappeler qu’on évite de changer de point de vue au sein d’une même scène. Il est également important de se rappeler que le personnage est véhicule, et quel personnage nous suivons.

Le “resserrage de caméra” (ou changement de point de vue/focalisation) doit se faire dans une logique de narration, pour la servir, et pas au petit bonheur la chance. Tout est possible tant que le système construit reste cohérent.

Le point de vue est une distribution d’informations sur le monde et les sentiments. Si le statut de la distribution change, c’est là qu’est la faute. On peut changer la focalisation si la distribution d’informations reste harmonieuse et cohérente.

Conclusion

Pour conclure, j’insisterai sur l’importance de caractériser ses personnages en amont de l’écriture d’une histoire et de s’appuyer sur ce travail préliminaire pour choisir le point de vue le plus adapté et en tirer le meilleur parti.

“Le PdV le plus simple est toujours le meilleur.”

Charlie Chaplin

Pour aller plus loin

Pour approfondir le sujet du point de vue et de la focalisation, parmi toutes les ressources possibles, Lionel Davoust suggère le livre de Élisabeth Bonharbour « Comment écrire des histoires », ainsi qu’un article sur son blog (auquel j’ajoute un lien vers celui de Stéphane Arnier, auquel je renvoie souvent les auteurices qui ont des lacunes/questions sur le sujet).

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Exercice d’écriture : Procrastination saison 1 épisode 4 « C’est pas la taille qui compte »

Pour l’exercice d’écriture basé sur l’épisode 4 de la saison 1 du podcast « Procrastination », il m’est difficile de proposer un atelier qui invite à écrire une histoire dans chacun des formats décrits dans l’épisode. Si toutefois l’expérience vous tente, je vous laisse la gérer en solo et me contenterai pour l’heure de vous présenter Writever, le défi d’écriture qui valorise la micronouvelle, format le plus commode à exploiter pour un exercice d’écriture, il faut bien l’avouer.

La micronouvelle, toute une histoire

Pour rappel, la micronouvelle est une histoire racontée en quelques mots. Son format oblige à une concision et une force d’évocation plus fortes encore que la nouvelle.

La micronouvelle la plus célèbre et la plus souvent citée en exemple est celle attribuée à Ernest Hemingway qui, au cours d’un dîner entre amis, aurait parié pouvoir écrire un roman en six mots.

Ernest aurait alors raflé la mise avec :

For sale : baby shoes, never worn.

(À vendre : chaussures bébé, jamais portées.)

Fake tweet créé avec Tweetgen
La microfiction la plus célèbre
Fake tweet créé avec Tweetgen

Ce qu’on retiendra de cet exemple, ce n’est pas qu’elle soit bel et bien d’Ernest ou que la légende lui ait attribué une paternité potentiellement illégitime, mais plutôt la masterclass narrative de cette micronouvelle.

Writever, un défi littéraire en ligne

Né sur Twitter, Writever est un défi d’écriture consiste à écrire une histoire en un tweet. L’exercice privilégie les genres de l’imaginaire dont parlait l’épisode 3 de la saison 1 et que je vous ai présentés dans l’article précédent (le hasard est réel et bienheureux, je dois l’admettre). Mais soyons fol·les, fuck les injonctions et écrivons dans le genre qui nous fait plaisir.

Twitter étant devenu X et ayant connu une fuite massive des cerveaux, le défi s’est exporté sur des réseaux plus… moins… Notamment sur Mastodon.

On retrouve les participations sous le hashtag #writever, où vous pourrez lire des microfictions aussi bien en français qu’en anglais.

L’exercice d’écriture : une micronouvelle par jour

Tous les mois, une liste thématique est proposée avec un mot pour chaque jour. Héritier de l’écriture sous contrainte oulipienne, ce défi invite les auteurices, confirmé·es ou aspirant·es, à poster quotidiennement une micronouvelle à partir du mot du jour, accompagnée du hashtag #writever.

L’ exercice que je vous propose – qui ne m’aura demandé nul autre effort que de présenter ce défi d’écriture et de vous inviter à le faire – consiste donc, vous l’aurez compris, à trouver la liste du mois en cours – et/ou des mois précédents si ça vous botte – et à rédiger une micronouvelle par jour (sans liste ou avec votre propre liste, ça marche aussi).

Ayant de plus en plus de mal avec les contraintes et les délais, j’ai écrit et posté au rythme de mon envie et de mon inspiration (et fini par abandonner) et je vous inviterais bien à faire pareil, mais je pense qu’un brin de rigueur et d’autodiscipline ne peuvent nuire ni à vous ni à moi.

Il n’y a évidemment aucune obligation à publier vos créations sur les réseaux sociaux, mais si vous le faites, n’oubliez pas le #writever pour vous donner une chance d’être vu·e et lu·e.

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Mon résumé de l’épisode 4 saison 1 de Procrastination : « C’est pas la taille qui compte »

Dans l’épisode 4 de la saison 1 du podcast « Procrastination », Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort nous parlent de la taille des textes et de l’évolution des normes des différents formats au fil des avancées technologiques. Iels s’attardent entre autres sur ce qui différencie, outre le nombre de caractères, un roman d’une nouvelle.

Des différences de taille

Avant de définir la taille des différents formats d’histoires, les trois auteurices précisent que dans l’édition française, les textes se mesurent en SEC (Signes Espaces Comprises) et non en mots.

Iels nous présentent ensuite les différents formats sous lesquels on peut raconter une histoire et qui se définissent principalement selon la taille du texte :

  • La short short story (ou micronouvelle, format courant sur les réseaux sociaux) est une histoire racontée en une phrase à une page maximum.
  • La short story, ou nouvelle en français, compte de 2-3 000 sec à 50 000 SEC.
  • De 50 à 150 000 SEC, on aura affaire à une novela.
Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la taille d’un texte
Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la taille d’un texte
Source : wirestock sur Freepik
  • Si le roman et le cycle (une histoire coupée en morceau ou une histoire et ses suites) ont connu une inflation de la taille du récit et vont aujourd’hui aisément jusqu’à un million de signes – voire deux, il y a encore quelques années, la taille moyenne d’un roman se situait plutôt autour de 300 k SEC.

Des différences de taille

Comment décide-t-on de la longueur d’un roman ? Et bien, on ne décide pas vraiment. Le format se dessine de lui-même, comme l’explique Mélanie Fazi, dont la nouvelle est le genre de prédilection. Elle pense que certain·es auteurices sont plus fait·es pour un type de longueur ou l’autre, selon que leur style d’écriture repose sur la suggestion et la concision ou sur la description.

Outre les préférences personnelles, la question des contraintes (éditoriales notamment), qui peuvent être induites par le genre, la maison d’édition… peut également influer sur la taille d’un texte (je dois d’ailleurs revoir la taille d’une de mes histoires à la hausse avant de la soumettre, afin de rentrer dans les critères d’une éventuelle publication papier en plus de l’e-book).

Le texte lui-même, en fonction de plusieurs critères, peut se prêter plus facilement à un format ou à l’autre en dépit de la volonté de son auteurice.

La taille des textes, une norme soumise aux contraintes et aux évolutions technologiques

Les normes éditoriales sont soumises aux limites et progrès de la technologie plus qu’à la volonté des auteurices et/ou des éditeurices. Par exemple, le feuilleton littéraire est né des contraintes de publication quotidienne dans les journaux, et l’apparition du format poche et les contraintes qu’il implique ont causé des problèmes de coupe et de restriction de signes, menant à la moyenne précédemment citée de 300 k sec pour un roman.

Cette moyenne a ensuite explosé grâce à l’apparition du traitement de texte, qui a facilité l’accès à l’écriture, mais aussi aux réductions des coûts d’impression et à l’apparition de longs cycles et des univers partagés (les grosses licences comme Star Wars…), qui ont formé l’esprit de læ lecteurice à des exigences de longueur, auxquelles bon nombre d’auteurices sont heureuxses de se plier.

La nouvelle, tout un art

Pour résumer de façon un peu simpliste, la nouvelle pourrait être un épisode de la vie d’un personnage et le roman en raconterait l’intégralité.

Une des principales différences entre les deux formats réside dans la gestion du rythme de la narration. Dans un roman, l’auteurice joue avec les variations de rythme pour tenir læ lecteurice en haleine, tandis que le rythme de la nouvelle tend vers l’élan constant ou l’accélération (les trois auteurices valident la comparaison du sprint Vs marathon).

Outre la taille et le rythme, une autre différence majeure entre la nouvelle et le roman réside dans la chute, qui est la ligne directrice de la nouvelle, tandis que le roman se concentre plus sur la route qui y mène. Si la nouvelle est moins tributaire d’un formatage, l’aspiration vers la fin pose d’autres contraintes, telles que la limite du nombre de personnages, de péripéties ou encore la nécessité de descriptions sommaires mais percutantes.

Concision et précision sont les deux mamelles de la nouvelle. Edgar Poe disait d’ailleurs à ce sujet :

Dans une nouvelle, tout doit concourir à l’effet final.

Lionel Davoust ajoute que l’écriture de nouvelles est une excellente école, notamment parce que le risque est minimum : si une nouvelle est mauvaise ou rejetée par une maison d’édition, elle aura demandé un investissement en temps et en énergie moindre et même si les enseignements de la nouvelle doivent s’oublier dès qu’on passe à l’écriture d’un roman, elle est un très bon moyen d’exercer son écriture.

Laurent Genefort précise que la science-fiction est le genre de la nouvelle par excellence, car la SF concerne l’expérience plus que l’histoire avec tous ses développements.

En conclusion

En littérature comme ailleurs, ce n’est pas la taille qui compte, mais la façon dont on s’en sert. Le format n’est pas une fin en soi, il n’est que la somme de vos préférences en matière d’écriture et du but que vous poursuivez avec votre texte

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Mon résumé de l’épisode 3 saison 1 de Procrastination “Les trois genres de l’imaginaire”

Dans cet article, je vais vous parler de ce que j’ai retenu de l’épisode 3 de la saison 1 du podcast Procrastination« Les trois genres de l’imaginaire », à savoir le fantastique, la science-fiction et la fantasy.

Définition des trois genres de l’imaginaire

Avant de définir les trois genres de l’imaginaire, Lionel Davoust précise qu’il s’agit de classifier, en aucun cas de hiérarchiser les genres. Ensuite, Laurent Genefort et Mélanie Fazi utilisent l’image du chat qui parle, de Denis Guillaud, qui constitue un moyen simple et efficace de comprendre la différence entre les trois genres et de les identifier.

Le fantastique

Le fantastique, c’est un univers réaliste où l’intervention d’un chat qui parle est inattendue, voire choquante. C’est un genre où le surnaturel est en rupture avec le réel.

La science-fiction

Si on rencontre un chat qui parle parce qu’il a été génétiquement ou robotiquement modifié pour avoir la capacité de parler, alors il s’agit de science-fiction.

La fantasy

Enfin, la fantasy propose des mondes imaginaires où, comme en science-fiction et contrairement au fantastique, le surnaturel est naturel. Si on croise parmi les personnages un chat qui parle dans un univers où il est admis que les chats peuvent parler, il s’agit d’un texte de fantasy.

La fantasy, un des trois genres de l’imaginaire
La fantasy, un des trois genres de l’imaginaire
Source : pikisuperstar sur Freepik

La SF et la fantasy sont des genres réalistes, mais qui dépeignent une autre réalité, ce qui induit la nécessité d’une immersion forte pour que læ lecteurice puisse y adhérer. Laurent Genefort cite comme exemple Star Wars, qui n’est pas un chef d’œuvre de précision scientifique ni historique, mais qui propose une fable métaphorique suffisamment dense pour obtenir l’adhésion du spectateur.

Une littérature du décalage : l’imaginaire pour parler de la réalité

La littérature de l’imaginaire est une littérature du décalage. Les trois genres de l’imaginaire nous parlent bel et bien de réalité, mais sous une lumière différente. L’auteurice décale son regard, fait un pas de côté pour placer des sujets et des thèmes réels dans des univers imaginaires (un peu comme Shakespeare qui situe ses tragédies au Danemark ou à Vérone pour parler de rien d’autre que de l’Angleterre, ou La Fontaine qui utilise des animaux pour faire la satire des travers humains).

Un genre vivant en perpétuelle évolution

Nés à des époques différentes (Laurent Genefort nous rappelle que le fantastique apparaît dès les années 1830, alors que la science-fiction fait son apparition vers 1900 avec l’émergence de la pensée scientifique et la fantasy, dans les années 50, même si on en trouve des traces à l’Antiquité), les trois genres sont avant tout définis par les auteurices et ce qu’iels en font.

Comme pour la technique en écriture, les codes des genres, une fois maîtrisés, peuvent être détournés, subvertis ou contournés, ce qui fait naître de nouveaux genres et sous-genres, qui se redéfinissent approximativement tous les dix ans avec l’apparition de nouveaux tropes et de nouveaux thèmes. Laurent Genefort prend ainsi l’exemple du cyberpunk, qui a infusé de nombreux genres avant de mourir.

Enfin, les trois auteurices rappellent que l’envie prime sur la définition et que c’est ce que les auteurices en font qui définit et fait évoluer un genre.

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Exercice d’écriture : Procrastination saison 1 épisode 2 : « Mais où allez-vous chercher tout ça ? » : un docu animalier pour l’inspiration

Pour cet exercice créé à partir de l’épisode 2 de la saison 1 du podcast Procrastination « Mais où allez-vous chercher tout ça ? », j’ai décidé de partir sur un exemple personnel de support au potentiel inspirant que j’ai trouvé digne des fictions les plus cultes telles que « Le trône de fer » ou « Dallas ».

L’inspiration est partout

Je ne vais pas re-résumer l’épisode, on l’aura compris, l’essentiel à retenir est que l’inspiration est partout. C’est d’ailleurs parce que je suis convaincue de ce précepte que je crée et/ou travaille à la création d’exercices d’écriture qui s’appuient sur des supports différents et qui peuvent parfois sembler inattendus.

J’ai déjà répété moult et moult fois que le jeu de rôle est un support d’écriture privilégié. Je nuancerai aujourd’hui en disant : un support de création d’histoire. Mais cette nuance n’est pas le propos du jour et j’y reviendrai lors de prochains projets.

Mais le jeu de rôle n’est pas tout. On peut trouver des idées et de l’inspiration dans la rue, dans un jeu vidéo (vous ai-je déjà dit tout le bien que je pense de Magic the Gathering en termes de potentiel d’inspiration ?), dans une phrase entendue à la radio, dans une chanson…

Tout ce qui procure une émotion et une réflexion est une source valable d’inspiration. Par exemple, j’ai toujours en tête ce moment où, alors que je marchais par un matin encore sombre, j’ai tourné la tête vers une fenêtre au moment où la lumière qui en émanait s’est éteinte. La lumière qui s’éteint a ouvert derrière cette fenêtre un monde que je rêve de pouvoir un jour explorer et je garde ça précieusement en moi pour le jour où j’aurai une autre inspiration à lui conjuguer et du temps à y consacrer.

Exemple de support inspirant : un documentaire sur les macaques

En guise d’exemple, je vais aujourd’hui vous parler d’un documentaire animalier que j’ai vu il y a quelques mois et qui m’a fait réaliser l’incroyable potentiel que contient le monde merveilleux des animaux en matière d’inspiration.

Qui aurait cru que regarder un documentaire sur les singes suffisait pour écrire une histoire digne des plus sombres intrigues du Trône de fer ? Et encore, je dis « inspirer », mais on pourrait se contenter de calquer l’intrigue du docu telle quelle.

L’inspiration, c’est simple comme un docu animalier
L’inspiration, c’est simple comme un docu animalier
Source : wirestock sur Freepik

Ce documentaire résume une année de la vie d’un groupe de macaques en prenant pour personnage central Anna, une jeune mère de basse extraction qui a mis au monde un des bâtards du roi. Anna traverse la sécheresse, la pauvreté, les querelles, les rivalités, le kidnapping de son bébé, la visite inattendue mais ô combien significative du roi ou encore une tentative de coup d’état par un des lieutenants du roi.

Transposée dans un univers original, développée et (à peine) romancée, l’histoire d’Anna a tout pour donner une saga riche en rebondissements et en suspense. Le prince bâtard survivra-t-il à la sécheresse ? Anna et le roi remettront-ils le couvert ? La future mère stressée et kidnappeuse de bébé rendra-t-elle son enfant à Anna ? Et si oui, dans quel état ? Le roi parviendra-t-il à déjouer le coup d’État qui couve et à réaffirmer son autorité auprès des mâles ET des femelles de son clan ?

Autant de questions auxquelles répond le documentaire, mais dont vous pouvez modifier le déroulement et l’issue à votre guise !

L’exercice d’écriture : s’inspirer et adapter à son propos

Je vous propose aujourd’hui de regarder ce documentaire – ou n’importe quel autre de votre choix sur les gnous, les raies ou les caïmans – et de vous en servir pour rédiger le synopsis détaillé d’une histoire que cela vous inspire.

Adaptez les personnages pour qu’ils servent votre propos et choisissez un angle d’attaque pour votre projet : une intrigue sombre et racoleuse, un pamphlet féministe sur le consentement et la condition des femelles de basse condition, une success-story, un portrait de femelle, une romance…
 Vous pouvez évidemment modifier les personnages – ou en ajouter – et le cours et/ou l’issue des évènements à votre guise (la sécheresse peut devenir une épidémie de peste, la kidnappeuse peut profiter de son statut social pour garder l’enfant d’Anna et l’élever, le roi peut épouser Anna et devenir monogame et fidèle…

Le support n’est qu’une inspiration qui doit servir votre création et dont vous pouvez – et devez – vous émanciper.

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Mon résumé de l’épisode 2 saison 1 de Procrastination : « Où allez-vous chercher tout ça ? »

Loin du cliché de l’auteur béni des dieux et inspiré par les muses, l’épisode 2 de la saison 1 de Procrastination affirme que l’imagination est fertile et l’inspiration est partout. Les deux se cultivent, se travaillent pour permettre aux auteurices attentif·ves de combiner l’afflux d’idées qui en découle et en tirer de nouvelles histoires.

Les idées sont partout

Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort sont formel·les : l’imagination n’est pas réservée à une élite créative. C’est un muscle dont tout le monde est pourvu et qui se travaille.

Chercher l'inspiration
Comment trouver une idée pour mon prochain roman ?
Source : vectorjuice sur Freepik

Et l’inspiration ne vient pas à quelques élus choisis par des créatures féminines légèrement drapées qui viennent susurrer des chefs-d’œuvre aux oreilles des artistes les plus prometteurs. Elle vient à toute personne qui se met en condition de la recevoir.

Être attentif·ve au monde, et à soi

Observer le monde et être à l’écoute de son ressenti sont les deux mamelles de l’inspiration. Lionel Davoust insiste et martèle cette idée tout au long du podcast. L’inspiration est partout et on la trouve aisément, pour peu qu’on soit en alerte et à l’écoute de soi et du monde qui nous entoure.

Il suffit d’observer autour de soi pour puiser des idées. Encore faut-il être attentif·ve pour y être réceptif·ve. Mais regarder et écouter autour de soi ne suffit pas. Il faut aussi écouter ses émotions et son propre ressenti pour sélectionner les idées qui nous intéressent, nous amusent, nous intriguent, nous interrogent… Bref, les idées qui font vibrer quelque chose en nous, qui nous mènent vers un sujet qu’on a envie de traiter.

Être réceptif·ve pour accueillir les idées qui nous entourent

L’attention consciente portée au monde qui nous entoure finit par devenir un automatisme, une seconde nature. Les trois auteurices rappellent d’ailleurs la part importante que l’inconscient peut jouer dans la création : l’esprit voit et enregistre, même de façon inconsciente, des éléments et idées qui émergent dans nos créations.

Cette attention en éveil constant met l’auteurice en alerte et læ rend réceptif·ve, favorisant ce qu’on peut appeler « des moments de grâce imaginaire » : les idées affluent, l’histoire semble se mettre en place d’elle-même. Cela explique notamment pourquoi on a toujours plus d’idées sous la douche : l’esprit est disponible pour vagabonder et trouver des idées et des solutions aux questions et blocages.

Combiner les idées pour créer

L’inspiration se trouve souvent dans des détails qui attirent notre attention. Lionel Davoust recommande donc d’avoir toujours sur soi un moyen de prendre des notes, physiques ou numériques, afin de ne perdre aucune idée. Bien conservées, elles pourront mûrir et se combiner pour faire naître de nouvelles histoires.

Notez vite cette idée !
Une idée ? Notez-la vite pour ne pas l’oublier !
Source : rawpixel.com sur Freepik

Une fois ces idées recueillies, il ne suffit évidemment pas de les régurgiter telles quelles pour faire une histoire. Les idées vont mûrir, évoluer, se rencontrer, se combiner et/ou s’amalgamer pour en créer de nouvelles dont pourra émerger une histoire. Un peu à la façon des murs en pierre naturelle qu’on trouve autour des champs et qui résultent de l’accumulation d’un certain nombre de pierres choisies et positionnées avec soin et attention.

Pour Mélanie Fazi, une idée de roman naît le plus souvent de la rencontre de deux idées : celle d’un élément fantastique qui va percuter le quotidien d’un personnage à un moment et dans une situation donnée.

Laurent Genefort évoque un processus similaire pour la création de certaines de ses histoires, qui résultent de deux idées qui finissent par se rencontrer et se combiner pour créer quelque chose de nouveau.

Conclusion

En résumé, l’inspiration ne vient pas en regardant fixement le curseur clignoter sur la page blanche d’un document Word. Pour la trouver, il faut la chercher. C’est alors qu’elle se présentera d’elle-même pour nourrir notre imagination et faire germer de nouvelles histoires.

Les sources d’inspiration sont partout, à chacun·e de trouver les méthodes pour les débusquer : une douche, une promenade, une après-midi à la terrasse d’un café, un jeu, le silence, une musique relaxante ou stimulante…