Publié dans écriture, décorticage, narration

Outils narratifs : les 22 règles de storytelling de Pixar

Les 22 règles de narration de Pixar
Les 22 règles de narration de Pixar
Source : soepratman sur magnific.com

Dans cet article, je ne vais pas retracer l’historique de Pixar ni celui d’Emma Coats, la personne qui a dicté les 22 règles de narration utilisées chez Pixar. De nombreux articles le font déjà, donc je vais me contenter de partager ces règles, les traduire et donner mon humble avis au sujet de la pertinence de cette liste.

Les 22 règles de narration de Pixar : une recette magique ?

#1 You admire a character for trying more than for their successes.

Vous admirez un personnage pour ce qu’iel entreprend plus que pour ses réussites.

Cette règle fait partie des nombreuses choses que j’ai apprises chez Rocambole et un des points de vigilance particulièrement scrutés lors des corrections éditoriales des séries littéraires que nous publiions : le personnage principal doit être proactif.

Il n’a pas pour obligation de réussir, mais il doit essayer. Personne ne va rouler pour un personnage qui subit l’action et semble extérieur à l’histoire.

#2 You gotta keep in mind what’s interesting to you as an audience, not what’s fun to do as a writer. They can be v. different.

Vous devez garder à l’esprit ce qui vous intéresse en tant que spectateurice, pas ce qui vous amuse en tant qu’écrivain·e. Il peut y avoir une grosse différence.

Ce précepte, je l’ai déduit et formalisé de mon expérience de lectrice et de rôliste textuelle.

De la lecture, j’ai appris que les auteurices qui pratiquent la masturbation cérébrale et n’écrivent que pour leur propre plaisir produisent des textes imbuvables.

Du jeu de rôle textuel, j’ai appris à écrire pour les autres : pour les amuser, mais aussi pour leur donner envie de jouer avec moi et de participer à mes délires.

J’en ai tiré la même conclusion que cette règle numéro 2 des studios Pixar : parce qu’on écrit pour être lu, on doit écrire pour les autres, pas pour soi-même.

#3 Trying for theme is important, but you won’t see what the story is actually about til you’re at the end of it. Now rewrite.

Chercher un thème est important, mais vous ne saurez pas de quoi parle vraiment votre histoire avant d’en avoir écrit la fin. Maintenant, réécrivez.

Il n’y a pas grand chose à expliquer sur cette règle limpide, alors je vais juste la confirmer avec mon propre exemple.

Quand j’ai écrit « Phase terminale », je pensais écrire une histoire autour du cancer, de la peur de mourir, de comment on peut réagir face à l’inéluctable mort. Mais en vrai, elle parle de ce que subissent les femmes dans une société prédatrice où les personnes vulnérables sont considérées des proies faciles.

#4 Once upon a time there was ___. Every day, ___. One day ___. Because of that, ___. Because of that, ___. Until finally ___.

Il était une fois un·e ___. Chaque jour, ___. Un jour, ___. À cause de ça, ___. À cause de ça, ___. Jusqu’à ce que finalement, ___.

Plus qu’un règle de narration, c’est surtout un résumé du Story Circle, du voyage du héros, bref, du schéma narratif classique qui décompose l’histoire en situation initiale, élément déclencheur, péripéties et situation finale.

#5 Simplify. Focus. Combine characters. Hop over detours. You’ll feel like you’re losing valuable stuff but it sets you free.

Simplifie. Cible. Combine les personnages. Enjambe les détours. Tu auras l’impression de perdre du bon boulot, mais ça te libère.

C’est un peu le résumé de la règle « Kill your darlings », que je traiterai peut-être dans un prochain article (les plus curieuxses peuvent déjà lancer une recherche internet et découvrir ce merveilleux précepte).

Même si je n’aime pas les auteurices qui se branlent le neurone, j’ai quand même envie de souligner le risque d’un abus de simplicité, qui conduit tout droit à des séries et des films Netflix calibrés pour des cerveaux en déficit d’attention et peu regardants sur la qualité des fictions ingérées.

Il y a sans doute un juste milieu.

#6 What is your character good at, comfortable with? Throw the polar opposite at them. Challenge them. How do they deal?

Dans quoi votre personnage excelle, est-iel à l’aise ? Donnez-lui l’exact opposé. Défiez- læ. Comment s’en sort-iel ?

Soyons honnête quelques secondes et admettons-le, les auteurices sont sadiques ou, du moins, devraient l’être. Écrire, c’est mettre ses personnages dans la panade la plus épaisse, gluante et puante possible et voir comment iels vont s’en sortir (ou pas).

L’adversité est ce qui va rendre le parcours des personnages intéressant. Enjeux élevés et obstacles balèzes sont les deux mamelles d’une histoire palpitante.

Ceci étant dit, je dois bien avouer que des personnages comme Saitama ou Mashle, qui affrontent les situations et les adversaires avec une facilité et un flegme déconcertants, ont quelque chose de jouissif.

Parfois, des héros qui roulent sur tout et tout le monde sans transpirer une seule goutte, ça a aussi son charme.

#7 Come up with your ending before you figure out your middle. Seriously. Endings are hard, get yours working up front.

Trouvez votre fin avant de réfléchir à votre milieu. Sérieusement. Les fins sont difficiles, travaillez les vôtres en amont.

Ce subtil complément légèrement redondant de la règle 3 insiste sur la nécessité de savoir où va votre histoire pour savoir comment vous allez l’y emmener. C’est un conseil récurrent et utile en écriture, mais aussi dans la vie en général. Il est plus facile de trouver le meilleur itinéraire quand on connaît la destination.

#8 Finish your story, let go even if it’s not perfect. In an ideal world you have both, but move on. Do better next time.

Finissez votre histoire, tournez la page même si ce n’est pas parfait. Dans un monde idéal, vous auriez les deux, mais passez à la suite. Faites mieux la prochaine fois.

Paraphrase du dicton « Le mieux est l’ennemi du bien », de « Un tiens vaut mieux que deux tu l’auras » etc etc etc.

Le perfectionnisme est un ennemi redoutable qui nous empêche d’avancer. Tout est toujours améliorable, mais terminer une histoire et savoir passer à la suivante sont des étapes nécessaires pour progresser. Il est important d’aller au bout d’un projet et de ressentir la satisfaction du devoir accompli.

Oui, votre nouvelle ou votre roman auraient pu être meilleurs, mais ils auraient aussi pu être pires. Commencez avec un projet modeste, des objectifs réalisables, tirez des leçons du travail accompli et repartez pour un nouveau projet plus ambitieux avec la douce certitude que vous saurez lui aussi le mener à son terme.

#9 When you’re stuck, make a list of what WOULDN’T happen next. Lots of times the material to get you unstuck will show up.

Quand vous êtes bloqué, faites une liste de ce qui n’arriverait PAS ensuite. La plupart du temps, la matière pour vous débloquer apparaîtra d’elle-même.

Éliminer ce dont on ne veut pas, en péripéties littéraires comme ailleurs, est un bon moyen de réduire les possibilités et de mettre en évidence les options disponibles pour choisir la plus adaptée à notre histoire et notre propos.

#10 Pull apart the stories you like. What you like in them is a part of you; you’ve got to recognize it before you can use it.

Décortiquez les histoires que vous aimez. Ce que vous aimez en elles fait partie de vous ; vous devez l’identifier avant de pouvoir l’utiliser.

C’est la raison pour laquelle j’ai une rubrique « décorticage littéraire » sur le blog et que je propose des exercices qui invitent à démonter des fictions comme un horloger démonterait une montre pour en comprendre le mécanisme.

En écriture comme ailleurs, l’apprentissage passe par l’observation minutieuse, la compréhension technique et la pratique constante.

Spoiler alert : ça marche aussi quand on décortique ce qu’on n’aime pas.

#11 Putting it on paper lets you start fixing it. If it stays in your head, a perfect idea, you’ll never share it with anyone.

Noter les choses sur papier vous aide à les fixer. Si elle reste dans votre tête, cette idée parfaite, vous ne la partagerez jamais avec personne.

Voilà un autre conseil qu’on retrouve sur tous les blogs d’écriture : poser les choses par écrit pour ne pas les oublier, pour faire le tri et pouvoir y revenir pour creuser et développer cette idée géniale, mais pas si parfaite.

#12 Discount the 1st thing that comes to mind. And the 2nd, 3rd, 4th, 5th – get the obvious out of the way. Surprise yourself.

Bazardez la première chose qui vient à l’esprit. Et la seconde, la troisième, la quatrième, la cinquième – écartez les évidences. Surprenez-vous.

La première idée qui nous vient à l’esprit viendra à l’esprit de tout le monde. Pour qu’une idée soit vraiment intéressante, il faut la creuser, la développer, la contorsionner, la tordre, la presser plusieurs fois pour en extraire le meilleur jus.

Au cours d’un de ses ateliers en ligne, Michael Roch préconisait de retravailler une idée au moins cinq fois. Lors de la séance à laquelle j’ai participé, cela a donné naissance à des pitchs parfois un peu dingues, mais jamais banals (comme une révolution des légumes dans le potager).

#13 Give your characters opinions. Passive/malleable might seem likable to you as you write, but it’s poison to the audience.

Donnez des opinions à vos personnages. La passivité et la malléabilité pourraient vous sembler séduisantes en tant qu’écrivain·e, mais c’est du poison pour le public.

Les conseils se suivent, se ressemblent et se complètent. Un personnage passif, que ce soit dans l’action ou sur le plan des idées, c’est chiant.

On aime rouler pour des personnages qui ont des convictions, des sentiments et qui se battent pour eux.

On aime aussi les détester pour les mêmes raisons, selon notre degré de compatibilité avec lesdites convictions.

Il n’y a pas de bon personnage sans une bonne motivation. Les opinions et les convictions en sont.

#14 Why must you tell THIS story? What’s the belief burning within you that your story feeds off of? That’s the heart of it.

Pourquoi devez-vous raconter CETTE histoire ? Quelle est cette croyance qui brûle en vous dont se nourrit votre histoire ? C’en est le cœur.

Et oui, si on ne met pas un peu de notre cœur dans nos histoires, elles n’auront pas d’âme. C’est pour ça qu’on écrit beaucoup sur des sujet qui nous touchent, des choses qu’on connaît ou qu’on aimerait connaître.

Il y a une très belle chanson de Zazie dans laquelle elle explique à son amoureux que le moteur de son écriture, c’est la révolte, la tristesse, le chagrin et que lui, il n’est que bonheur, donc pas le bon carburant pour alimenter ses chansons.

#15 If you were your character, in this situation, how would you feel? Honesty lends credibility to unbelievable situations.

Si vous étiez votre personnage, dans cette situation, comment vous sentiriez-vous ? L’honnêteté donne de la crédibilité aux situations improbables.

C’est ce que je compare à la méthode actor studio et dont je parle dans un article : le fait de faire appel à nos expériences et nos émotions pour teinter nos abracadabrants mensonges d’une once de vérité.

Parce qu’en fiction, ce qui compte, ce n’est pas que ce soit possible, mais que ce soit plausible.

C’est cette once de vérité qui résonnera dans le cœur des lecteurices, qui les fera s’identifier à votre histoire et à vos personnages, le premier pas pour les aimer.

#16 What are the stakes? Give us reason to root for the character. What happens if they don’t succeed? Stack the odds against.

Quels sont les enjeux ? Donnez-nous des raisons de rouler pour le personnage. Qu’arrive-t-il si iel échoue ? Entassez les obstacles sur sa route.

Là encore, Pixar n’a rien inventé et se répète. C’est un des premiers conseils qu’on reçoit en écriture : définir des enjeux élevés pour les personnages.

Plus l’enjeu et le risque d’échec seront élevés, plus læ lecteurice va trembler pour les personnages et vouloir suivre leur aventure en espérant leur réussite.

#17 No work is ever wasted. If it’s not working, let go and move on – it’ll come back around to be useful later.

Aucun travail n’est jamais gâché. Si ça ne fonctionne pas, lâchez l’affaire et passez à autre chose – ça s’avérera utile plus tard.

On revient au « Kill your darlings », qui suggère de se débarrasser des passages qui ne fonctionnent pas dans l’histoire, même si on les trouve vraiment bien.

Au mieux, on pourra les recaser ailleurs plus tard, au pire, on sait qu’on est capable d’écrire des choses qu’on juge bonnes – même si elle ne nous servent pas – et il n’y a pas de raison pour qu’on ne réitère pas cet exploit.

#18 You have to know yourself: the difference between doing your best & fussing. Story is testing, not refining.

Vous devez vous connaître vous-même : la différence entre faire de votre mieux et chipoter. Écrire des histoire, c’est expérimenter, pas peaufiner.

Comme j’ai pas la vie devant moi, je vais pas réexpliquer un conseil qu’on a déjà vu en #8.

#19 Coincidences to get characters into trouble are great; coincidences to get them out of it are cheating.

Les coïncidences qui mettent les personnages dans la mouise sont géniales ; les coïncidences qui les en sortent sont de la triche.

C’est le fameux Deus ex machina, où l’intervention divine de l’auteurice qui sort un tour de magie de son slop pour résoudre une situation désespérée d’un coup de stylo magique.

Les lecteurices et spectateurices ne sont pas dupes de cette pratique paresseuse qui aboutit chez moi le plus souvent à un « Bah dis donc, ils se sont vraiment pas fait chier ! ».

La paresse et les raccourcis, c’est mal. Si vous faites plein de nœuds dans votre histoire, ne réglez pas tout avec un gros coup de ciseaux. Laissez vos personnages se casser la tête et le cul à démêler les fils un par un, en veillant bien à ce qu’ils soient résistants et coupants.

#20 Exercise: take the building blocks of a movie you dislike. How d’you rearrange them into what you DO like?

Exercice : prenez les briques d’un film que vous n’aimez pas. Comment les assembleriez-vous pour en faire quelque chose que vous AIMEZ ?

Bah dis donc, ça recycle sévère chez Pixar ! Deux règles pour un même propos !

J’ai déjà évoqué la possibilité d’étudier les histoires qu’on n’a pas aimées à la fin de la règle #10… Il y a des enseignement à tirer de tout et comprendre pourquoi on n’aime pas quelque chose nous aide à ne pas le reproduire et à affirmer notre propre style.

#21 You gotta identify with your situation/characters, can’t just write ‘cool’. What would make YOU act that way?

Vous devez vous identifier à votre situation/vos personnages, vous ne pouvez pas juste écrire « Cool ». Qu’est-ce qui vous ferait agir de cette façon ?

Oh waouw, mais c’est qu’on radote, chez Pixar.

On a déjà abordé ça avec la méthode actor studio et le soupçon de vérité dans une piscine de mensonges…

Ils feraient mieux de donner (et suivre) des conseils pour éviter les redondances qui font gagner en quantité, mais perdre en qualité.

#22 What’s the essence of your story? Most economical telling of it? If you know that, you can build out from there.

Quelle est l’essence de votre histoire ? Son résumé le plus simple ? Si vous le savez, vous pouvez construire à partir de là.

Je sais pas si c’est parce qu’on arrive au bout des 22 et que j’en ai marre, mais j’ai l’impression que Pixar se fout un peu de notre gueule avec ses conseils redondants et parfois abscons.

Oui, il faut être capable de réduire son histoire à l’essentiel pour mettre en évidence son… essence et développer ce qui mérite de l’être. En plus, ça servira pour le synopsis de soumission aux maisons d’édition.

Les 22 règles de narration de Pixar, une liste qu’elle est bien, mais pas top

J’avais épinglé ces 22 règles depuis longtemps sans jamais vraiment m’y pencher. Je les ai décortiquées pour écrire cet article et maintenant que c’est fait, je peux dire que cette liste est surcotée.

C’est une succession de paraphrases de conseils et concepts littéraires déjà existants. En plus, au lieu de donner une règle complète, la liste se répète en éparpillant des conseils et règles similaires ou complémentaires loin les uns des autres pour pas que ça se voit trop.

Retenez surtout les règles #1, #2, #4, #6, #8, #10, #12, #13, #16 et #19 et ayez conscience que Pixar ne les a pas inventées. Ils les ont juste mises sous forme de liste qui fait genre « je maîtrise mon sujet », mais quiconque à déjà étudié un peu les principes techniques de la narration les connaît.

Voyez cette liste comme un pense-bête sympa, mais n’oubliez jamais que Pixar a vendu son âme à Disney.

Publié dans écriture, exercice d'écriture, narration, Procrastination

Exercice d’écriture : Procrastination saison 1 épisode 5 « Question de point de vue »

L’épisode 5 de la saison 1 du podcast « Procrastination » nous parle de point de vue de la narration et de focalisation. C’est donc avec ça qu’on va jouer au cours de cet atelier d’écriture.

La focalisation

Dans un premier temps, on va s’amuser avec la focalisation, c’est-à-dire le réglage de la lunette à travers laquelle on va regarder l’histoire.

Tout est question de point de vue
Tout est question de point de vue
Source : brgfx sur Magnific

Pour cet exercice, vous pouvez partir d’un de vos textes, en rédiger un nouveau ou partir d’un extrait de roman.

Dans le cas d’un texte déjà écrit, il vous faudra identifier la focalisation utilisée. Dans le cas d’un texte tout neuf que vous rédigez pour l’occasion, il vous faudra choisir avec quelle focalisation vous commencez.

Ensuite, réécrivez ce texte en changeant la focalisation. Vous devrez donc avoir trois versions d’un même texte, à la focalisation 0 (narrateur omniscient), interne (à travers les sens, les pensées et les émotions d’un personnage) et externe (à l’extérieur des personnages, de leurs pensées et émotions).

Le point de vue

Jouer avec les focalisations, c’est intéressant pour discerner les atouts et les limites de chacune d’entre elles. Mais pour mettre en évidence la façon dont le point de vue (la voix du personnage) influence la narration et le déroulement de l’histoire, on va aussi jouer avec la multiplicité des points de vue et raconter une histoire à travers les sens et les émotions de plusieurs personnages.

Choisissez au moins deux personnages (dans la banque de personnages qu’on a créée lors d’un précédent atelier ou parmi des personnages réels ou fictifs déjà existants) ou créez-les. Avec trois personnages différents, l’exercice sera sans doute encore plus parlant.

Sélectionnez ou écrivez une courte scène à travers le point de vue de chaque personnage, puis appréciez les différences et les subtilités qui en découlent dans la narration (le ton, le registre de langue, la fiabilité des informations du narrateur, etc.).

Vous pouvez (et devez) choisir un ou plusieurs points de vue décalés par rapport à l’histoire que vous racontez et l’univers de cette histoire (le point de vue du chat sur la vie de son humain, un extra-terrestre qui observe les Terriens, un narrateur dénué d’empathie ou, au contraire, hypersensible…) et voir comment ce décalage va renforcer la subjectivité de la narration et lui donner un ton unique, chose qui doit impérativement être aussi le cas – même si de façon moins évidente – avec un point de vue moins décalé.

Pour conclure

Le point de vue et la focalisation sont des aspects techniques de l’écriture complexes et difficiles à appréhender et maîtriser. Dans cet exercice, l’important n’est pas d’avoir une technicité parfaite, mais de jouer avec les différents points de vue et focalisations pour mieux les comprendre, les aimer et les choisir en fonction de ce qu’on veut qu’ils apportent au récit.

Publié dans écriture, narration, Procrastination

Mon résumé de l’épisode 5 saison 1 de Procrastination : « Question de point de vue »

Parce qu’elle va influencer toute la narration, la question du point de vue est un choix crucial. C’est aussi un élément mal connu et difficile à maîtriser qui peut devenir un véritable écueil si on n’y prend pas garde.

Dans l’épisode 5 de la saison 1 du podcast Procrastination, Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort, tel un phare dans la nuit de l’auteurice perdu·e, nous donnent les outils pour guider ce choix afin qu’il soit fait en conscience et en maîtrise.

Les différents points de vue

La première chose à savoir et à retenir, c’est que narrateur et personnage sont deux rôles différents, même si un personnage peut-être narrateur. La ou le narrateur, c’est celui qui raconte l’histoire. Et c’est de son point de vue qu’elle nous sera contée.

Le point de vue
Le point de vue, c’est la longue-vue à travers laquelle on regarde l’histoire
Source : studio4rt sur Magnific

La focalisation, c’est le mode de vision. Il en existe trois :

La focalisation zéro

Le narrateur sait tout (omniscient). Il connaît les faits autant que les intentions des personnages. Cette narration se fait au passé (temps du conte) et à la 3è personne.

La focalisation externe

Le narrateur est extérieur à l’histoire et aux personnages. Il s’apparente à une caméra en plan fixe : on voit l’action se dérouler, mais on ne sait pas ce que pensent les protagonistes. Cette focalisation donne une impression d’objectivité du récit.

La focalisation interne

Le narrateur est un personnage. Cette focalisation permet de ménager le suspense, puisque le narrateur ne peut parler que de ce qu’il sait. Il peut aussi mentir et dissimuler, ce qui donne un récit forcément subjectif (on ne peut pas se fier au narrateur) et dont la subjectivité est assumée.

Les focalisations les plus répandues sont la focalisation interne à la première personne et le point de vue externe focalisé (d’un personnage). Il peut arriver que le narrateur donne au lecteur des infos que le personnage n’a pas : “Il ne savait pas que…” (avis personnel : c’est bidon).

Le point de vue et la focalisation ne sont pas forcément fixes et il est courant de voir une alternance de points de vue dans un récit, ainsi que des fluctuations de la focalisation externe à interne et inversement.

Le choix du point de vue

Les trois auteurices nous rappellent qu’une histoire, c’est avant tout des personnages. C’est non seulement leur histoire qu’on va suivre, mais c’est à travers leurs yeux qu’elle va nous être racontée. Les personnages sont le guide du lecteur (surtout quand, comme l’explique Shonda Rhimes dans sa Masterclass, le personnage à travers lequel on suit l’histoire est aussi novice que la lectrice).

Vivre l’histoire à travers les sens et les émotions d’un personnage permet de relever les enjeux et de ménager le suspense. Le choix du personnage focal est donc fondamental, car c’est ce qui va guider le lecteur, mais aussi l’histoire. Cela implique également la possibilité que le récit soit faux, partiel et teinté d’une subjectivité qu’on a évoquée dans un paragraphe précédent.

La multiplicité des points de vue est une technique courante, notamment en fantasy épique. Les mêmes évènements sont vus à travers le point de vue de plusieurs personnages, ce qui permet de mettre en évidence la complexité d’une situation.

Pour Mélanie Fazi, le point de vue et le temps de narration sont liés. La première personne se prête plutôt au présent et répond pour l’autrice à « un besoin d’immédiateté, d’être dans la tête du personnage » (ce sont aussi le point de vue et le temps qui ont ma préférence et que j’utilise le plus souvent).

Les problèmes de point de vue les plus courants

La vision stéréoscopique est souvent considérée comme une erreur de point de vue nommée « headhopping ». Lionel Davoust soulève la question de comment embarquer le lecteur ? Laurent Genefort souligne l’importance de l’identité des personnages (leur voix, d’où la nécessité d’une caractérisation soignée). La question à se poser au moment du choix du point de vue est : qu’apporte le point de vue par rapport à la situation ? Expérimenter les perceptions permet de jouer avec la narration, la fiabilité de ce qui est raconté…

Parmi les “erreurs” de point de vue les plus courantes, il convient de rappeler qu’on évite de changer de point de vue au sein d’une même scène. Il est également important de se rappeler que le personnage est véhicule, et quel personnage nous suivons.

Le “resserrage de caméra” (ou changement de point de vue/focalisation) doit se faire dans une logique de narration, pour la servir, et pas au petit bonheur la chance. Tout est possible tant que le système construit reste cohérent.

Le point de vue est une distribution d’informations sur le monde et les sentiments. Si le statut de la distribution change, c’est là qu’est la faute. On peut changer la focalisation si la distribution d’informations reste harmonieuse et cohérente.

Conclusion

Pour conclure, j’insisterai sur l’importance de caractériser ses personnages en amont de l’écriture d’une histoire et de s’appuyer sur ce travail préliminaire pour choisir le point de vue le plus adapté et en tirer le meilleur parti.

“Le PdV le plus simple est toujours le meilleur.”

Charlie Chaplin

Pour aller plus loin

Pour approfondir le sujet du point de vue et de la focalisation, parmi toutes les ressources possibles, Lionel Davoust suggère le livre de Élisabeth Bonharbour « Comment écrire des histoires », ainsi qu’un article sur son blog (auquel j’ajoute un lien vers celui de Stéphane Arnier, auquel je renvoie souvent les auteurices qui ont des lacunes/questions sur le sujet).

Publié dans écriture, exercice d'écriture, narration

Exercice d’écriture : Procrastination saison 1 épisode 3 « Les trois genres de l’imaginaire »

Pour celles et ceux qui n’auraient pas lu mon résumé de l’épisode 3 de la saison 1 de « Procrastination », je vais commencer par un bref rappel de la définition des trois genres avant d’énoncer l’exercice.

Les trois genres de l’imaginaire

Le fantastique

Le fantastique, c’est un univers réaliste où l’élément surnaturel est inattendu et constitue une rupture avec le réel :

Oh ! My god ! Un chat qui parle ! C’est quoi, ce bordel !

La science-fiction

La science-fiction décrit des futurs potentiels rendus possibles par des évolutions scientifiques et/ou technologiques :

Bonjour ! Je suis un chat génétiquement modifié. Cette évolution me permet de pouvoir exiger ma pâté de manière plus élégante que par un miaulement rauque et plaintif.

La fantasy

La fantasy décrit des univers dits merveilleux, où les créatures fantastiques et féeriques font partie du quotidien et où personne n’est surpris de voir un chat converser avec une licorne.

L’exercice d’écriture : réécrire un texte dans (chac)un des trois genres de l’imaginaire

Sans grande surprise, cet exercice vous invite à rédiger un texte réaliste – qui n’implique aucun chat qui parle – et à le réécrire en plaçant l’action et les personnages dans l’un ou dans les trois genres de l’imaginaire.

Écrire de la fantasy, de la SF ou du fantastique
Écrire de la fantasy, de la SF ou du fantastique
Source : pikisuperstar sur freepik

Par exemple, le récit d’un voyage en train deviendra un voyage en navette spatiale ou en téléporteur nucléaire à densité moléculaire, un trajet en carrosse tiré par des licornes ou des dragons roses et/ou un voyage en train agrémenté d’une rencontre avec un fantôme ou un vampire.

Pour conclure

Outre l’exploration des genres et des codes qui les régissent, cet exercice d’écriture vous invite avant tout à prendre du plaisir en racontant des histoires, sérieuses ou absurdes, qui vous amuseront et vous donneront envie d’écrire.

Si un genre vous bloque ou vous déplaît, faites l’impasse et attardez-vous plutôt sur le ou les genres qui vous inspirent et vous font vibrer.

Publié dans écriture, narration

Mieux que la chasse aux Pokemons, la chasse aux adverbes

Les adverbes sont les grands mal-aimés de l’écriture. À raison, car s’ils peuvent s’avérer utiles, ils sont rarement incontournables et peuvent la plupart du temps rester sur le banc des remplaçants au profit de mots plus précis, adaptés et percutants.

Ami·es auteurices, dites « non » aux adverbes !

Avant, je ne faisais pas très attention aux adverbes. Comme la plupart des gens, j’utilisais ces mots-outils pour donner un complément d’information sur le ton, l’action en cours ou la façon dont le personnage se déplace. Lentement, doucement, légèrement, sérieusement, obstinément…

Jusqu’à cet « Atilié » d’écriture en ligne avec Michael Roch – où l’auteur nous fait non seulement gratter des lignes, mais prend le temps de lire et commenter nos productions. Un jour, c’est tombé sur moi et j’ai découvert sa défiance envers les adverbes. Sa mise en garde à leur encontre a sonné pour moi l’heure d’une prise de conscience et une révélation quasi divine : les adverbes, c’est le mal.

Mais pourquoi tant d’adverbes ?
Mais pourquoi tant d’adverbes ?
Source : Freepik

Au cours de mes corrections éditoriales, j’ai pu confirmer à maintes reprises cette vérité devenue évidence : la plupart du temps, le texte gagne à tous les niveaux quand on remplace les adverbes. Précision, richesse du vocabulaire, impact des mots mieux choisis, plus adaptés et plus puissants.

Hashtag balance ton adverbe (à la poubelle)

Il m’arrive d’avoir de la peine pour eux. Pas au point de les défendre ou de les réhabiliter, bien sûr. Mais je me mets à leur place, abandonnés et dénigrés du jour au lendemain après tant de bons et loyaux services.

Mais cette émotion ne suffit pas à rétablir l’aveuglement et à me faire oublier combien, en fait, les adverbes sont souvent le choix de la facilité.

Pas besoin de théorie fumeuse interminable, de cours de grammaire avancée et de grandes démonstrations pour s’en rendre compte. Faites l’essai et vous verrez, c’est aussi flagrant que mathématique :

Un adverbe remplacé = plus de style, et plus de sens.

Soyons honnêtes. Qu’apporte véritablement (mouahahah un adverbe) l’adverbe « légèrement » dans la phrase :

« Il se pencha légèrement. »

Que. Dalle.

C’est une phrase d’une banalité affligeante, vide de beauté autant que de sens. Bah oui, qu’est-ce que ça veut dire, « se pencher légèrement ». Rien du tout. Du moins, rien d’intéressant. S’est-il penché vers l’arrière ou vers l’avant ? Dans quel but ? Avec quelle intention ? Vers qui ? Vers quoi ? Est-ce un rapprochement de proximité physique de type romance ou de type menace ?

Et si, au lieu d’écrire une platitude, on réfléchissait à faire passer de vraies infos et de vraies émotions dans nos phrases ?

Et si, au lieu de mettre le premier mot qui nous vient, on prenait quelques instants pour réfléchir à ce qu’on veut faire passer et à chercher les mots – plutôt qu’un mot – qui vont donner un style littéraire porté par la précision et l’émotion plutôt que par la paresse (beaucoup d’auteurices cachent leur paresse stylistique et orthographique derrière le style et vous savez quoi ? Ça se voit) et l’ego (vous savez, les styles alambiqués pour démontrer sa grande maîtrise et se masturber l’ego).

Dans un contexte de romance où on voudrait instiller une petite dose de sensualité, on pourrait envisager quelque chose comme :

« Il approcha son visage à quelques centimètres de l’oreille de Kelly – juste assez pour qu’elle sente le souffle de son murmure et lui donner envie de combler la distance qui les sépare. »

Oui, c’est un peu plus long, mais c’est aussi un peu plus évocateur que « se pencher légèrement ». Ça demande de prendre un temps pour réfléchir à ce qu’on veut écrire et de corriger son texte pour qu’il colle à notre représentation de la scène autant qu’à notre intention.

Les adverbes, c’est comme les Kleenex : mieux vaut les jeter après la première utilisation

En conclusion, je dirais que les adverbes sont très bien pour le premier jet. Ils permettent de capturer l’idée pour ne pas la perdre et d’avancer dans la rédaction sans perdre de temps.

En revanche, au moment de la réécriture, pour donner du relief au style et de la précision au texte, il est primordial de les traquer et de se demander pour chacun d’entre eux si on ne peut pas le remplacer.

Prêt pour la chasse aux adverbes
Votre mission ? Traquer tous les adverbes et les éliminer
Source : Freepik

Je ne prône évidemment pas l’extermination totale des adverbes et vous invite à en laisser quelques-uns quand rien de mieux ne vous vient, car mieux vaut un adverbe un peu creux que rien.P.S. : Si tu as du mal à traquer tes adverbes et/ou à les remplacer, je t’invite à me contacter sur ComeUp ou sur Ko-Fi, selon tes préférences et tes moyens.

Publié dans écriture, exercice d'écriture, narration, Procrastination

Exercice d’écriture : Procrastination saison 1 épisode 2 : « Mais où allez-vous chercher tout ça ? » : un docu animalier pour l’inspiration

Pour cet exercice créé à partir de l’épisode 2 de la saison 1 du podcast Procrastination « Mais où allez-vous chercher tout ça ? », j’ai décidé de partir sur un exemple personnel de support au potentiel inspirant que j’ai trouvé digne des fictions les plus cultes telles que « Le trône de fer » ou « Dallas ».

L’inspiration est partout

Je ne vais pas re-résumer l’épisode, on l’aura compris, l’essentiel à retenir est que l’inspiration est partout. C’est d’ailleurs parce que je suis convaincue de ce précepte que je crée et/ou travaille à la création d’exercices d’écriture qui s’appuient sur des supports différents et qui peuvent parfois sembler inattendus.

J’ai déjà répété moult et moult fois que le jeu de rôle est un support d’écriture privilégié. Je nuancerai aujourd’hui en disant : un support de création d’histoire. Mais cette nuance n’est pas le propos du jour et j’y reviendrai lors de prochains projets.

Mais le jeu de rôle n’est pas tout. On peut trouver des idées et de l’inspiration dans la rue, dans un jeu vidéo (vous ai-je déjà dit tout le bien que je pense de Magic the Gathering en termes de potentiel d’inspiration ?), dans une phrase entendue à la radio, dans une chanson…

Tout ce qui procure une émotion et une réflexion est une source valable d’inspiration. Par exemple, j’ai toujours en tête ce moment où, alors que je marchais par un matin encore sombre, j’ai tourné la tête vers une fenêtre au moment où la lumière qui en émanait s’est éteinte. La lumière qui s’éteint a ouvert derrière cette fenêtre un monde que je rêve de pouvoir un jour explorer et je garde ça précieusement en moi pour le jour où j’aurai une autre inspiration à lui conjuguer et du temps à y consacrer.

Exemple de support inspirant : un documentaire sur les macaques

En guise d’exemple, je vais aujourd’hui vous parler d’un documentaire animalier que j’ai vu il y a quelques mois et qui m’a fait réaliser l’incroyable potentiel que contient le monde merveilleux des animaux en matière d’inspiration.

Qui aurait cru que regarder un documentaire sur les singes suffisait pour écrire une histoire digne des plus sombres intrigues du Trône de fer ? Et encore, je dis « inspirer », mais on pourrait se contenter de calquer l’intrigue du docu telle quelle.

L’inspiration, c’est simple comme un docu animalier
L’inspiration, c’est simple comme un docu animalier
Source : wirestock sur Freepik

Ce documentaire résume une année de la vie d’un groupe de macaques en prenant pour personnage central Anna, une jeune mère de basse extraction qui a mis au monde un des bâtards du roi. Anna traverse la sécheresse, la pauvreté, les querelles, les rivalités, le kidnapping de son bébé, la visite inattendue mais ô combien significative du roi ou encore une tentative de coup d’état par un des lieutenants du roi.

Transposée dans un univers original, développée et (à peine) romancée, l’histoire d’Anna a tout pour donner une saga riche en rebondissements et en suspense. Le prince bâtard survivra-t-il à la sécheresse ? Anna et le roi remettront-ils le couvert ? La future mère stressée et kidnappeuse de bébé rendra-t-elle son enfant à Anna ? Et si oui, dans quel état ? Le roi parviendra-t-il à déjouer le coup d’État qui couve et à réaffirmer son autorité auprès des mâles ET des femelles de son clan ?

Autant de questions auxquelles répond le documentaire, mais dont vous pouvez modifier le déroulement et l’issue à votre guise !

L’exercice d’écriture : s’inspirer et adapter à son propos

Je vous propose aujourd’hui de regarder ce documentaire – ou n’importe quel autre de votre choix sur les gnous, les raies ou les caïmans – et de vous en servir pour rédiger le synopsis détaillé d’une histoire que cela vous inspire.

Adaptez les personnages pour qu’ils servent votre propos et choisissez un angle d’attaque pour votre projet : une intrigue sombre et racoleuse, un pamphlet féministe sur le consentement et la condition des femelles de basse condition, une success-story, un portrait de femelle, une romance…
 Vous pouvez évidemment modifier les personnages – ou en ajouter – et le cours et/ou l’issue des évènements à votre guise (la sécheresse peut devenir une épidémie de peste, la kidnappeuse peut profiter de son statut social pour garder l’enfant d’Anna et l’élever, le roi peut épouser Anna et devenir monogame et fidèle…

Le support n’est qu’une inspiration qui doit servir votre création et dont vous pouvez – et devez – vous émanciper.

Publié dans écriture, exercice d'écriture, narration

Exercice d’écriture : un monstre pour Halloween

Cet exercice paraissant le 31 octobre, il n’y avait pas à chercher bien loin pour en trouver le thème. Pour rester dans la dynamique des exercices précédents, nous allons créer et décrire notre monstre d’Halloween !

Un exercice d'écriture pour Halloween
Un exercice d’écriture monstrueux pour le jour d’Halloween
Source : Freepik

L’exercice d’écriture d’Halloween

Pour cet exercice, j’irai droit au but. J’ai en effet déjà parlé de la création de personnages et de la description dans des articles précédents et je ne vais pas écrire l’historique et la signification de la fête d’Halloween, qui a surtout l’avantage de me fournir un thème facile pour l’exercice du jour.

Comme annoncé en introduction, la consigne sera brève et simple : créer et décrire un monstre ou une créature monstrueuse.

Des monstres pour Halloween
Une belle brochette de monstres pour Halloween
Source : pikisuperstar

Comme ce serait un peu trop simple, pour vous comme pour moi, de m’arrêter là, je vais quand même préciser un peu.

Les difficultés à surmonter

Une description fluide qui s’insère dans la narration

La description de votre créature d’Halloween devra s’insérer dans le contexte d’une rencontre avec læ protagoniste/victime/antagoniste sans suspendre la narration ni le déroulement de l’action en cours.

Et oui, il ne faut pas que l’exercice soit trop simple non plus. S’il s’agissait simplement de mettre l’action en pause le temps de décrire la créature, ce serait trop simple, et trop amateur.

Si l’objectif de ces exercices d’écriture est de prendre du plaisir dans la création et la rédaction, c’est aussi de vous permettre d’appréhender les bases de la narration et de progresser.

Degré d’horreur et sécurité émotionnelle

Bien que l’ambiance d’Halloween se veuille terrifiante et horrifique, si, comme moi, vous n’êtes pas fan du genre et n’aimez pas avoir peur, votre créature et la rencontre que vous allez décrire n’ont pas à être effrayantes. Casimir n’était-il pas « un monstre gentil » ?

Vous pouvez tout à fait dévoyer l’esprit d’Halloween pour y glisser un peu de magie de Noël ou des œufs de Pâques et écrire une scène mignonne et attendrissante, avec juste ce qu’il faut de spooky pour ne pas être hors sujet.

Un compromis à la Monsieur Jack serait non seulement acceptable, mais fortement appréciable !

La règle principale : le plaisir d’écrire

Halloween est une fête qui me laisse de marbre, mais qui reste une opportunité pour un exercice d’écriture publié un 31 octobre.

Pour autant, celui-ci n’a pas à être sanglant et effrayant. Le thème n’est qu’un prétexte, un support pour notre créativité. Dans cet exercice, l’essentiel est d’écrire une description qui s’intègre naturellement à la narration sans mettre l’action en pause, et de vous faire plaisir en imaginant une créature d’Halloween qui vous fera plaisir !

Publié dans écriture, narration

Mon résumé de l’épisode 1 saison 1 du podcast d’écriture « Procrastination »

J’ai décidé de réécouter tous les épisodes du très bon podcast « Procrastination », un must listen pour tout auteurice, amateurice ou non. Pour en conserver autre chose qu’un vague souvenir, j’ai pensé qu’en garder une trace écrite pourrait être une bonne idée, et que la partager sous forme d’article en était une encore meilleure.

Voici donc ce que j’ai retenu de l’épisode 1 de la saison 1 de Procrastination intitulé «La technique en questions », présenté par Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort  .

Studio d'enregistrement de podcast
Procrastination, un podcast qu’il est bien

La maîtrise technique, une nécessité

Cela ne surprendra personne, mais Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort sont d’accord pour dire que la maîtrise technique en écriture, même si elle n’est pas une fin en soi et ne suffit pas à faire un·e grand·e auteurice, est nécessaire. D’une part, maîtriser les aspects techniques de la rédaction et de la narration permet de « canaliser la création ». Elle donne un cadre et des outils qui permettent d’éviter un récit trop brouillon.

D’autre part, la maxime est bien connue, pour briser les règles, il faut les connaître. Pour s’affranchir de la technique, il faut d’abord la maîtriser. Et comme pour n’importe quelle forme d’art, une technique maîtrisé est une technique qui ne se voit pas.

Un complément, pas une finalité

L’écriture étant une sorte d’équilibre entre l’inspiration/l’élan créatif et la technique, la maîtrise, voire la virtuosité technique, n’est certainement pas une fin en soi. Elle constitue la trousse à outils de l’écrivain·e, qu’iel étoffe au fil de ses apprentissages et de sa pratique, et ce tout au long de sa carrière.

Chaque aspect technique maîtrisé élargit ses compétences et ses possibilités et lui permet de contrôler son récit, afin de servir au mieux son propos. 

Un outil personnalisable au service de l’auteur·rice

Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort mettent tous trois en garde contre une mise en œuvre trop appliquée de la technique et des « méthodes » d’écriture, qui finissent par conduire à des contenus calibrés sur un même schéma trop lisse.

Outre les aspects théoriques de la technique, le meilleure moyen de se former est l’apprentissage par imprégnation (j’ai d’ailleurs ce sujet dans ma liste d’articles potentiels), et par imitation, chose qu’on peut avoir tendance à faire à nos débuts en écriture, jusqu’à ce que notre maîtrise technique soit justement suffisante pour nous permettre de trouver nos propres codes et notre propre style.

Il est donc crucial de lire beaucoup, sans avoir peur de se laisser « influencer » par les textes des autres. En lisant, on s’imprègne d’écriture et on assimile sans s’en rendre compte les codes de cette discipline.

conclusion

La maîtrise technique en écriture est une nécessité indiscutable. En dehors de cette règle, il n’y en a aucune. Chacun·e est libre de se former à son rythme et à sa façon, seul·e ou en réseau.

Les aspirant·es écrivain·es sont invité·es à affûter leur technique, mais aussi leur esprit critique, et à ne jamais rien prendre pour argent comptant. Tout et tout le monde peut et doit être remis en question.

Publié dans écriture, narration, Prestations

La bêta lecture, un outil précieux pour tout auteurice

En tant qu’autrice, je suis bien placée pour savoir que la critique, même constructive, est difficile à recevoir. Elle blesse l’ego, nourrit le syndrome de l’imposteur et donne l’impression qu’on vient de chier sur le travail accompli avec cœur et qu’on pensait être notre chef d’œuvre.

Pourtant, une fois l’ego remis à sa place et la confiance en soi rétablie, la bêta lecture est un atout et un outil essentiel pour évaluer et améliorer son travail.

Identifier les forces et les faiblesse de son roman avec la bêta lecture

Un peu comme un maçon à qui on dirait « Ton mur n’est pas droit ». Est-ce qu’il va se plaindre d’être incompris ? Ou est-ce qu’il va prendre son niveau, vérifier et reprendre ses outils pour rectifier et remettre son mur droit ?

C’est ce que permet la bêta lecture : identifier les failles d’une histoire, mais aussi ses forces. Une bêta lecture bien menée et un retour détaillé permettent à l’auteurice de voir ce qui fonctionne dans son histoire, ainsi que ce qui fonctionne moins bien : passages pas compris ou pas comme on le voulait, incohérences, longueurs, lourdeurs, mais aussi comment est reçue l’intrigue et comment sont perçus les personnages.

De la même façon que les comédien·nes font des rodages de leur spectacle pour voir ce qui fonctionne ou pas et pour l’améliorer, les auteurices ont recours à la bêta lecture pour avoir un retour sur leur texte. Fort·e de toutes les remarques de sæ ou ses bêta lecteurices, l’auteurice peut remodeler son manuscrit pour le faire mieux correspondre à ses intentions et faciliter le lien entre son texte et ses lecteurices.

La bêta lecture par une autrice et ancienne éditrice professionnelle

Autrice, éditrice et amoureuse des histoires et de leur création, j’ai bien évidemment et en toute modestie toutes les compétences requises pour une bêta lecture à la fois efficace et bienveillante. À l’affût du moindre problème dans la narration, j’ai également à cœur de transmettre et d’expliquer mes remarques avec pédagogie et diplomatie, mon but étant de servir l’histoire, pas de froisser ou de décourager son auteurice.

Bêta lecture
Une bêta lecture professionnelle, exigeante et bienveillante

Ma façon de procéder est simple : je transfère une copie du manuscrit sur un Google Doc, que j’annote de commentaires et suggestions au fil de ma lecture. Je note les remarques et questions qui ont pour but d’éclairer l’auteurice sur la façon dont le texte est reçu, mais aussi de lui indiquer des pistes d’amélioration pour renforcer son histoire et l’impact de son écriture tout en la rendant plus fluide.

Les tarifs pour une bêta lecture

Pour bénéficier de ce service, il y a deux possibilités : passer par ComeUp pour une bêta lecture au tarif classique ou passer par Ko-fi pour une bêta lecture à prix libre. Pour cette seconde solution, vous êtes libre de payer au prix juste, de sous ou de surpayer la prestation, en fonction de votre budget, de votre estimation du coût d’un tel service et de la pureté de votre âme.

Vous pouvez également passer par le tip faible mais régulier pour un paiement en cinquante ou cent fois sans frais !

Publié dans écriture, narration, Prestations

Parfaire son manuscrit avec une correction éditoriale

Fusion d’une bêta-lecture très poussée et d’une correction orthographique minutieuse, la correction éditoriale s’attaque à tous les aspects d’un texte pour le rendre prêt à la publication. Ici, elle est plutôt destinée aux auteurices qui souhaitent publier leur manuscrit en autoédition ou qui veulent mettre toutes les chances de leur côté pour une soumission en maison d’édition. La correction éditoriale avec une correctrice indépendante peut s’apparenter à un coaching littéraire qui va à la fois améliorer significativement la qualité du manuscrit, et les compétences d’écriture de son auteurice.

Comment se déroule la correction éditoriale ?

Avant toute chose, parce qu’on ne peut pas corriger une histoire sans savoir où elle va et ce qu’elle raconte, je lis attentivement le manuscrit dans son intégralité. Je m’imprègne ainsi de l’histoire, des personnages et des thèmes.

Je fais ensuite un retour global sur l’œuvre, ses forces et ses faiblesses, puis j’entame une première relecture au cours de laquelle je fais part de mes commentaires, remarques, questions et suggestions. Tout au long de ma relecture, je m’assure de bien capter les intentions de l’auteurice pour ne pas les trahir, et de bien comprendre l’histoire pour mieux la servir.

correction éditoriale
La correction éditoriale, une correction en profondeur pour votre manuscrit

Pendant ce temps, l’auteurice apporte les corrections qu’iel estime pertinentes en fonction de mes retours. Iel reste maître·sse de son manuscrit du début à la fin du processus. Pour garantir cette maîtrise totale de l’auteurice sur son œuvre, je n’interviens qu’en mode « suggestion » et via des commentaires dans la marge du document partagé[1].

Une fois la première relecture et les corrections terminées, je fais une seconde relecture pour m’assurer que tout reste cohérent et pour affiner le style.

Ensuite, avec l’accord explicite de l’auteurice, j’effectue en autonomie une correction Antidote pour traquer les dernières coquilles et répétitions. Lors de cette phase, je n’utilise pas le mode « suggestion », car, Antidote réactualisant le document à chaque sortie du logiciel, cela me demanderait trop de temps

Si le manuscrit l’exige, je peux proposer une troisième relecture pour garantir un résultat aussi qualitatif et fidèle aux attentes de l’auteurice que possible.

La correction édito sur ComeUp

Sur la plateforme ComeUp, cette offre s’adresse aux personnes qui veulent une correction éditoriale et qui ont le budget nécessaire pour rémunérer une correctrice édito professionnelle.

Elle se déroule exactement selon le procédé décrit, à la différence que læ cliente paye plein tarif et qu’au moment de la commande, un délai de correction est défini, ce qui m’oblige à prioriser les client·es ComeUp dans mon planning.

La correction édito à prix libre

Via la boutique de Ko-fi, j’ai décidé de proposer des corrections éditoriales à prix libre. Mon temps n’étant pas infini, elles seront disponibles en quantité limitée, le stock se renouvelant à chaque correction prix libre terminée.

Destinées aux mécènes et aux fauché·es, elles ont pour but principal de permettre aux auteurices qui ont un budget serré d’accéder à une correction éditoriale professionnelle de qualité (sans me vanter) sans avoir à casser leur tirelire.

Reco Julien
Doublure Stylo, recommandée par le directeur édito de Vivlio

Il n’y a pas de montant minimum requis et la responsabilité du tarif reviendra uniquement à la personne qui passe la commande après avoir fait la moyenne de ce qu’elle est prête à payer, de ce qu’elle peut payer et de ce qu’elle estime être le tarif le plus juste.

Il est également possible de payer très peu et de reverser un tip une fois devenu·e riche (surtout si ma correction y est un peu pour quelque chose :p).

La seule contrainte à cette offre beaucoup-trop-belle-pour-être-vraie est liée au délai. Ma situation financière m’obligeant à privilégier le travail rémunéré, les commandes à prix libre les moins payées seront en bas de l’échelle des priorités. Cela implique que, à moins que je n’aie aucune autre commande en cours, mes interventions sur le manuscrit se feront de façon brève et sporadique (ce qui veut dire une correction lente, mais active).

En gros, moins vous payez et plus ce sera long, dans un délai approximatif de trois ou quatre mois maxi (estimation non-contractuelle). Ce sera long, mais ce sera bon !


[1] Pour des raisons éthiques, je privilégie OnlyOffice, mais pour celleux qui le souhaitent, je peux également travailler sur Google Docs.