Publié dans écriture

Qu'est-ce qui fait écrire le monde ?

Je sais écrire. Je sais même bien écrire. Mais je ne sais pas toujours quoi écrire. Si je me mets devant l’écran en me disant « Allez ! Aujourd’hui, j’écris ! », je me retrouve immanquablement à regarder le curseur clignoter sur la page blanche, à taper quelques mots, quelques phrases, relire et tout effacer.

C’est peut-être pour ça que j’ai d’abord choisi le métier d’écrivain public. C’est plus facile d’écrire pour les autres sans trop avoir à réfléchir au contenu.

L'angoisse de la page blanche
L’angoisse de la page blanche

Alors… Comment trouver l’inspiration ? 

J’écris, mais pas quand je l’ai décidé. J’écris pour exprimer. Une émotion, un sentiment, une conviction, une frustration, ma créativité, mon humour… Mes textes sont souvent le contrecoup d’un événement, d’une émotion… J’écris en réaction. Comme ce texte que j’ai écrit la nuit des attentats du 13 novembre 2015.

J’écris aussi en récréation : pour créer, jouer, rire et m’amuser. C’est là qu’interviennent le jeu de rôle et l’écriture sous contraintes. En canalisant la créativité, ces deux outils, au lieu de brider l’inspiration, la libèrent et nous font voir de nouvelles possibilités.

Mais si l’écriture m’aide à gérer et/ou évacuer mes émotions, elle me sert aussi, et surtout, à en procurer. C’est d’ailleurs le but de toute œuvre, que ce soit un film, un tableau, une série, un roman ou même un jardin.

Transmettre ce qui nous inspire

Écrire, c’est comme jouer la comédie. Je compare souvent l’écriture à l’Actors Studio. Pour transmettre quelque chose, il faut chercher en nous de quoi donner un peu de vérité à notre création. On puise dans nos émotions, dans nos souvenirs, dans notre entourage…

En fin de compte, c’est toujours un peu de nous que l’on parle, même quand notre personnage est notre exact opposé.

D’ailleurs, j’ai appris à maîtriser mon écriture en jouant un rôle.

Le jeu de rôle, meilleur support d’écriture ?

Comme j’aime à le répéter, le jeu de rôle est un excellent support d’écriture. Il intègre toutes les mécaniques narratives, de la création de personnage au développement d’univers en passant par les désirs, les obstacles et les enjeux.

Là plus que jamais, l’Actors Studio s’impose, et je dois avouer que j’ai souvent ri en écrivant les aventures absurdes de Pincemi et qu’il m’est arrivé, dans les moments difficiles que je lui ai infligés, d’écrire l’œil humide et la vue trouble.

Mais en jeu de rôle aussi, la page blanche fait trembler. La différence avec l’écriture solo, c’est les autres joueurs, qui vont faire agir et réagir leurs propres personnages, créer de nouveaux obstacles, en supprimer d’autres… C’est la collaboration qui fait avancer l’histoire dans laquelle on s’est toustes lancés. Et de leur réaction viendra l’inspiration.

Car l’inspiration, ce n’est rien d’autre qu’une réaction.