Publié dans écriture, Procrastination

Mon résumé de l’épisode 2 saison 1 de Procrastination : « Où allez-vous chercher tout ça ? »

Loin du cliché de l’auteur béni des dieux et inspiré par les muses, l’épisode 2 de la saison 1 de Procrastination affirme que l’imagination est fertile et l’inspiration est partout. Les deux se cultivent, se travaillent pour permettre aux auteurices attentif·ves de combiner l’afflux d’idées qui en découle et en tirer de nouvelles histoires.

Les idées sont partout

Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort sont formel·les : l’imagination n’est pas réservée à une élite créative. C’est un muscle dont tout le monde est pourvu et qui se travaille.

Chercher l'inspiration
Comment trouver une idée pour mon prochain roman ?
Source : vectorjuice sur Freepik

Et l’inspiration ne vient pas à quelques élus choisis par des créatures féminines légèrement drapées qui viennent susurrer des chefs-d’œuvre aux oreilles des artistes les plus prometteurs. Elle vient à toute personne qui se met en condition de la recevoir.

Être attentif·ve au monde, et à soi

Observer le monde et être à l’écoute de son ressenti sont les deux mamelles de l’inspiration. Lionel Davoust insiste et martèle cette idée tout au long du podcast. L’inspiration est partout et on la trouve aisément, pour peu qu’on soit en alerte et à l’écoute de soi et du monde qui nous entoure.

Il suffit d’observer autour de soi pour puiser des idées. Encore faut-il être attentif·ve pour y être réceptif·ve. Mais regarder et écouter autour de soi ne suffit pas. Il faut aussi écouter ses émotions et son propre ressenti pour sélectionner les idées qui nous intéressent, nous amusent, nous intriguent, nous interrogent… Bref, les idées qui font vibrer quelque chose en nous, qui nous mènent vers un sujet qu’on a envie de traiter.

Être réceptif·ve pour accueillir les idées qui nous entourent

L’attention consciente portée au monde qui nous entoure finit par devenir un automatisme, une seconde nature. Les trois auteurices rappellent d’ailleurs la part importante que l’inconscient peut jouer dans la création : l’esprit voit et enregistre, même de façon inconsciente, des éléments et idées qui émergent dans nos créations.

Cette attention en éveil constant met l’auteurice en alerte et læ rend réceptif·ve, favorisant ce qu’on peut appeler « des moments de grâce imaginaire » : les idées affluent, l’histoire semble se mettre en place d’elle-même. Cela explique notamment pourquoi on a toujours plus d’idées sous la douche : l’esprit est disponible pour vagabonder et trouver des idées et des solutions aux questions et blocages.

Combiner les idées pour créer

L’inspiration se trouve souvent dans des détails qui attirent notre attention. Lionel Davoust recommande donc d’avoir toujours sur soi un moyen de prendre des notes, physiques ou numériques, afin de ne perdre aucune idée. Bien conservées, elles pourront mûrir et se combiner pour faire naître de nouvelles histoires.

Notez vite cette idée !
Une idée ? Notez-la vite pour ne pas l’oublier !
Source : rawpixel.com sur Freepik

Une fois ces idées recueillies, il ne suffit évidemment pas de les régurgiter telles quelles pour faire une histoire. Les idées vont mûrir, évoluer, se rencontrer, se combiner et/ou s’amalgamer pour en créer de nouvelles dont pourra émerger une histoire. Un peu à la façon des murs en pierre naturelle qu’on trouve autour des champs et qui résultent de l’accumulation d’un certain nombre de pierres choisies et positionnées avec soin et attention.

Pour Mélanie Fazi, une idée de roman naît le plus souvent de la rencontre de deux idées : celle d’un élément fantastique qui va percuter le quotidien d’un personnage à un moment et dans une situation donnée.

Laurent Genefort évoque un processus similaire pour la création de certaines de ses histoires, qui résultent de deux idées qui finissent par se rencontrer et se combiner pour créer quelque chose de nouveau.

Conclusion

En résumé, l’inspiration ne vient pas en regardant fixement le curseur clignoter sur la page blanche d’un document Word. Pour la trouver, il faut la chercher. C’est alors qu’elle se présentera d’elle-même pour nourrir notre imagination et faire germer de nouvelles histoires.

Les sources d’inspiration sont partout, à chacun·e de trouver les méthodes pour les débusquer : une douche, une promenade, une après-midi à la terrasse d’un café, un jeu, le silence, une musique relaxante ou stimulante…

Publié dans écriture, exercice d'écriture, narration

Exercice d’écriture : un monstre pour Halloween

Cet exercice paraissant le 31 octobre, il n’y avait pas à chercher bien loin pour en trouver le thème. Pour rester dans la dynamique des exercices précédents, nous allons créer et décrire notre monstre d’Halloween !

Un exercice d'écriture pour Halloween
Un exercice d’écriture monstrueux pour le jour d’Halloween
Source : Freepik

L’exercice d’écriture d’Halloween

Pour cet exercice, j’irai droit au but. J’ai en effet déjà parlé de la création de personnages et de la description dans des articles précédents et je ne vais pas écrire l’historique et la signification de la fête d’Halloween, qui a surtout l’avantage de me fournir un thème facile pour l’exercice du jour.

Comme annoncé en introduction, la consigne sera brève et simple : créer et décrire un monstre ou une créature monstrueuse.

Des monstres pour Halloween
Une belle brochette de monstres pour Halloween
Source : pikisuperstar

Comme ce serait un peu trop simple, pour vous comme pour moi, de m’arrêter là, je vais quand même préciser un peu.

Les difficultés à surmonter

Une description fluide qui s’insère dans la narration

La description de votre créature d’Halloween devra s’insérer dans le contexte d’une rencontre avec læ protagoniste/victime/antagoniste sans suspendre la narration ni le déroulement de l’action en cours.

Et oui, il ne faut pas que l’exercice soit trop simple non plus. S’il s’agissait simplement de mettre l’action en pause le temps de décrire la créature, ce serait trop simple, et trop amateur.

Si l’objectif de ces exercices d’écriture est de prendre du plaisir dans la création et la rédaction, c’est aussi de vous permettre d’appréhender les bases de la narration et de progresser.

Degré d’horreur et sécurité émotionnelle

Bien que l’ambiance d’Halloween se veuille terrifiante et horrifique, si, comme moi, vous n’êtes pas fan du genre et n’aimez pas avoir peur, votre créature et la rencontre que vous allez décrire n’ont pas à être effrayantes. Casimir n’était-il pas « un monstre gentil » ?

Vous pouvez tout à fait dévoyer l’esprit d’Halloween pour y glisser un peu de magie de Noël ou des œufs de Pâques et écrire une scène mignonne et attendrissante, avec juste ce qu’il faut de spooky pour ne pas être hors sujet.

Un compromis à la Monsieur Jack serait non seulement acceptable, mais fortement appréciable !

La règle principale : le plaisir d’écrire

Halloween est une fête qui me laisse de marbre, mais qui reste une opportunité pour un exercice d’écriture publié un 31 octobre.

Pour autant, celui-ci n’a pas à être sanglant et effrayant. Le thème n’est qu’un prétexte, un support pour notre créativité. Dans cet exercice, l’essentiel est d’écrire une description qui s’intègre naturellement à la narration sans mettre l’action en pause, et de vous faire plaisir en imaginant une créature d’Halloween qui vous fera plaisir !

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Rédiger un synopsis détaillé pour la soumission en maison d’édition

Le synopsis détaillé est un élément crucial du dossier de soumission aux maisons d’édition et un exercice parfois compliqué pour les auteurices, qui peuvent manquer du recul nécessaire sur leur texte pour n’en sélectionner que l’essentiel.

Dans cet article, je vais expliquer ma méthode pour rédiger le synopsis détaillé d’un roman. Et si ça ne vous aide toujours pas, je peux toujours le rédiger pour vous.

Le synopsis détaillé, essentiel pour les maisons d’édition

Les maisons d’édition reçoivent des dizaines de manuscrits par jour. Impossible pour leur comité de lecture de lire et d’évaluer toutes les soumissions. De la même façon qu’un casting préliminaire permet d’écrémer la foule des candidats de The Voice, le synopsis offre aux maisons d’édition un raccourci vers la sélection des romans qu’elle pourra étudier (et refuser de façon aimable et impersonnelle).

Premier contact entre les éditeurices et votre roman, votre synopsis doit éveiller leur intérêt et donner en une page toute l’essence de votre œuvre. Car c’est si et seulement si ce résumé factuel les a titillé·es qu’iels se donneront la peine de lire l’intégralité de votre prose et de découvrir votre style.

Oui, j’ai bien écrit factuel. Car le synopsis n’a pas vocation à être stylistique. Il n’est que le résumé à la fois détaillé et grossier de votre histoire. Il doit en donner toutes les péripéties, sans en véhiculer le style ni le ton.

Dur dur de rédiger un synopsis détaillé
Dur dur de rédiger un synopsis détaillé
Auteur : wayhomestudio

Et si synthétiser le roman pour le réduire à l’essentiel est un exercice compliqué, le faire sans y imprimer sa patte en est un autre. Mais avec un peu de méthode et suffisamment de recul, tout devient possible.

Ma méthode pour rédiger un synopsis détaillé et précis

En guise d’introduction, je dois quand même préciser que c’est plus facile pour moi de rédiger un synopsis « sans âme » de votre manuscrit, car je n’ai aucun affect avec le texte. Il ne m’a pas coûté des mois ou des années de ma vie et n’a pas été écrit avec mon sang et mes larmes, d’où le recul.

Ma méthode pour livrer un synopsis détaillé, complet et précis est d’une simplicité presque enfantine. Elle est surtout… méthodique.

Contrairement à la correction éditoriale, je ne fais pas de lecture intégrale préliminaire. Armée d’un papier ou d’un document en ligne ouvert, je résume de façon exhaustive les grandes lignes du chapitre que je viens de lire. Une fois chaque chapitre lu et résumé, je me retrouve avec un synopsis beaucoup trop long, mais également avec la certitude de n’oublier aucun élément important de l’histoire.

C’est là que le vrai travail commence. Il faut raboter, supprimer, sélectionner. Élaguer le superflu pour ramener le synopsis à une page, la taille recommandée et demandée par les maisons d’édition, en prenant garde de ne conserver que les éléments essentiels de l’intrigue.

Le petit plus qui fait plus ? Quand je livre un synopsis détaillé, j’y surligne quelques passages ou morceaux de phrases qui peuvent, si nécessaire, être supprimés sans altérer le résumé.

Mon service de rédaction de synopsis

Rédiger un synopsis détaillé n’a rien de complexe, pour peu qu’on arrive à discerner ce qui est essentiel au déroulement de l’intrigue de ce qui ne l’est pas.

Si toutefois la tâche vous rebute ou que vous manquez de temps, vous pouvez me confier votre manuscrit et la rédaction de son synopsis détaillé. Sur ComeUp pour un service encadré et un tarif fixe, ou sur Ko-Fi pour une prestation à prix libre.

Publié dans écriture, exercice d'écriture

Exercice d’écriture : « Procrastination » saison 1 épisode 1 « La technique en question » : la description

Pour faire suite à la création de la nouvelle série d’articles sur le podcast « Procrastination », et comme je croule sous les bonnes idées, je me suis dit que j’allais associer un peu de mise en pratique à la théorie. Je propose donc aujourd’hui un exercice d’écriture basé sur l’épisode 1 – « La technique en question » – dont j’ai publié le résumé la semaine dernière.

Comme le sujet de cet épisode est vaste, et comme je n’aime pas ça, j’ai choisi de traiter la description.

La description en littérature

Comme beaucoup, j’ai été abreuvée aux classiques pendant les années collège et lycée, et comme beaucoup, j’ai dû lire Balzac. Sa capacité à décrire une chaussure dégueulasse pendant trois pages m’a laissée circonspecte. Je me suis longtemps demandé quel était l’intérêt de cet exercice de style, en dehors d’exposer sa virtuosité au monde entier.

Des vieilles godasses crasseuses
Rédigez une description de trois pages de ces souliers boueux. Vous avez 4h.
Source : Freepik

En vrai, il y a au moins deux raisons et je les connais, mais laissez-moi être de mauvaise foi, s’il vous plaît.

L’immersion

La première, la plus basique et évidente, c’est l’immersion. Donner une description détaillée permet aux lecteurices de peindre une représentation mentale des lieux et des personnages et favorise l’immersion dans l’histoire et son univers.

C’est dans cet aspect que je trouve la description limitante et c’est la raison pour laquelle je décris très peu mes personnages : parce que j’aime l’idée que chacun·e puisse les imaginer avec sa propre perception et favoriser ainsi son identification aux personnages.

Le focus

La deuxième raison, c’est le focus. On attire l’attention du lecteur ou de la lectrice sur un point précis pour en dire quelque chose. Par exemple, trois pages sur une chaussure trouée et crasseuse ne permet pas de parler de la passion du narrateur pour la cordonnerie, mais met plutôt l’accent sur la modestie, voire la pauvreté (ou la radinerie) extrême du personnage qui la porte.

La description peut attirer l’attention sur un détail particulièrement révélateur, mais aussi sur une fausse piste, ou encore un élément crucial pour la suite de l’histoire et dont il faut à tout prix se souvenir.

L’exercice du jour : écrire une description

Pas de suspense ni de surprise. Après avoir placé autant de fois le mot « description », il restait peu de place pour le doute quant au sujet de l’exercice du jour. Comme dirait Sardoche :

Mais c’était sûr, en fait !

La consigne est donc simple et limpide : rédigez une description. Pas d’obligation sur l’objet de votre description : vous pouvez choisir un personnage, un lieu, un objet ou encore un bout de quelque chose.

La seule contrainte que j’ajoute est plus un rappel qu’autre chose : ne vous arrêtez pas à la description visuelle de votre sujet. Rendez votre description plus vivante et intéressante en faisant participer tous les sens : les odeurs, les sons, les sensations au toucher ou encore le goût peuvent donner une touche bienvenue de sensualité ou renforcer/contredire les informations perçues par la vue. Faire appel à plusieurs sens favorise les représentations mentale et donc, l’immersion.

Publié dans écriture, narration

Mon résumé de l’épisode 1 saison 1 du podcast d’écriture « Procrastination »

J’ai décidé de réécouter tous les épisodes du très bon podcast « Procrastination », un must listen pour tout auteurice, amateurice ou non. Pour en conserver autre chose qu’un vague souvenir, j’ai pensé qu’en garder une trace écrite pourrait être une bonne idée, et que la partager sous forme d’article en était une encore meilleure.

Voici donc ce que j’ai retenu de l’épisode 1 de la saison 1 de Procrastination intitulé «La technique en questions », présenté par Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort  .

Studio d'enregistrement de podcast
Procrastination, un podcast qu’il est bien

La maîtrise technique, une nécessité

Cela ne surprendra personne, mais Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort sont d’accord pour dire que la maîtrise technique en écriture, même si elle n’est pas une fin en soi et ne suffit pas à faire un·e grand·e auteurice, est nécessaire. D’une part, maîtriser les aspects techniques de la rédaction et de la narration permet de « canaliser la création ». Elle donne un cadre et des outils qui permettent d’éviter un récit trop brouillon.

D’autre part, la maxime est bien connue, pour briser les règles, il faut les connaître. Pour s’affranchir de la technique, il faut d’abord la maîtriser. Et comme pour n’importe quelle forme d’art, une technique maîtrisé est une technique qui ne se voit pas.

Un complément, pas une finalité

L’écriture étant une sorte d’équilibre entre l’inspiration/l’élan créatif et la technique, la maîtrise, voire la virtuosité technique, n’est certainement pas une fin en soi. Elle constitue la trousse à outils de l’écrivain·e, qu’iel étoffe au fil de ses apprentissages et de sa pratique, et ce tout au long de sa carrière.

Chaque aspect technique maîtrisé élargit ses compétences et ses possibilités et lui permet de contrôler son récit, afin de servir au mieux son propos. 

Un outil personnalisable au service de l’auteur·rice

Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort mettent tous trois en garde contre une mise en œuvre trop appliquée de la technique et des « méthodes » d’écriture, qui finissent par conduire à des contenus calibrés sur un même schéma trop lisse.

Outre les aspects théoriques de la technique, le meilleure moyen de se former est l’apprentissage par imprégnation (j’ai d’ailleurs ce sujet dans ma liste d’articles potentiels), et par imitation, chose qu’on peut avoir tendance à faire à nos débuts en écriture, jusqu’à ce que notre maîtrise technique soit justement suffisante pour nous permettre de trouver nos propres codes et notre propre style.

Il est donc crucial de lire beaucoup, sans avoir peur de se laisser « influencer » par les textes des autres. En lisant, on s’imprègne d’écriture et on assimile sans s’en rendre compte les codes de cette discipline.

conclusion

La maîtrise technique en écriture est une nécessité indiscutable. En dehors de cette règle, il n’y en a aucune. Chacun·e est libre de se former à son rythme et à sa façon, seul·e ou en réseau.

Les aspirant·es écrivain·es sont invité·es à affûter leur technique, mais aussi leur esprit critique, et à ne jamais rien prendre pour argent comptant. Tout et tout le monde peut et doit être remis en question.

Publié dans écriture, poèmes

J’ai du poil sous les bras

J’ai du poil aux pattes

Du poil sous les bras

Le ch’veu un peu gras

Des bourrelets sympa

Ailes de chauve souris

Tombant sous les bras

Pas de beaux habits

J’aime mieux les sketba

Je mets pas de talons

Que des pantalons

J’m’habille comme un sac

Sauf pour mon mari

Pour les autres morbacs

J’me fous d’être jolie


Je

Suis une femme

Imparfaite

Pas refaite


J’ai

Une âme

J’suis pas qu’une jupette

Une paire de gambettes


J’ai des cicatrices

Et puis des varices

Je suis la matrice

Et ça laisse des traces

J’ai des p’tits kilos

En vrai ils sont gros

Et ils sont en trop

Je suis un peu grasse

J’ai des p’tits boutons

Un poil au menton

Des rides sur le front

Le nez un peu rond

Des yeux bleus tout cons

Du sébum en masse


Je

Suis une femme

Imparfaite

Pas refaite


J’ai

Du charme

Une tête bien faite

Pas trop bête


Ces foutus défauts

N’affectent pas trop

Ma féminité

Quand je mets mon haut

Mon mari a chaud

Mon buste est parfait

Ces foutus défauts

N’altèrent pas trop

Ma féminité

J’suis quand même jolie

Puisque je te l’dis

Même pas toshopée

Ces foutus défauts

Je les aime pas trop

Mais faut accepter

Alors ne pointe pas

Ton vilain gros doigt

Pour les désigner


Je

Suis une femme


Je

Suis un homme


Je

Suis humaine, en somme

Publié dans écriture, narration, Prestations

La bêta lecture, un outil précieux pour tout auteurice

En tant qu’autrice, je suis bien placée pour savoir que la critique, même constructive, est difficile à recevoir. Elle blesse l’ego, nourrit le syndrome de l’imposteur et donne l’impression qu’on vient de chier sur le travail accompli avec cœur et qu’on pensait être notre chef d’œuvre.

Pourtant, une fois l’ego remis à sa place et la confiance en soi rétablie, la bêta lecture est un atout et un outil essentiel pour évaluer et améliorer son travail.

Identifier les forces et les faiblesse de son roman avec la bêta lecture

Un peu comme un maçon à qui on dirait « Ton mur n’est pas droit ». Est-ce qu’il va se plaindre d’être incompris ? Ou est-ce qu’il va prendre son niveau, vérifier et reprendre ses outils pour rectifier et remettre son mur droit ?

C’est ce que permet la bêta lecture : identifier les failles d’une histoire, mais aussi ses forces. Une bêta lecture bien menée et un retour détaillé permettent à l’auteurice de voir ce qui fonctionne dans son histoire, ainsi que ce qui fonctionne moins bien : passages pas compris ou pas comme on le voulait, incohérences, longueurs, lourdeurs, mais aussi comment est reçue l’intrigue et comment sont perçus les personnages.

De la même façon que les comédien·nes font des rodages de leur spectacle pour voir ce qui fonctionne ou pas et pour l’améliorer, les auteurices ont recours à la bêta lecture pour avoir un retour sur leur texte. Fort·e de toutes les remarques de sæ ou ses bêta lecteurices, l’auteurice peut remodeler son manuscrit pour le faire mieux correspondre à ses intentions et faciliter le lien entre son texte et ses lecteurices.

La bêta lecture par une autrice et ancienne éditrice professionnelle

Autrice, éditrice et amoureuse des histoires et de leur création, j’ai bien évidemment et en toute modestie toutes les compétences requises pour une bêta lecture à la fois efficace et bienveillante. À l’affût du moindre problème dans la narration, j’ai également à cœur de transmettre et d’expliquer mes remarques avec pédagogie et diplomatie, mon but étant de servir l’histoire, pas de froisser ou de décourager son auteurice.

Bêta lecture
Une bêta lecture professionnelle, exigeante et bienveillante

Ma façon de procéder est simple : je transfère une copie du manuscrit sur un Google Doc, que j’annote de commentaires et suggestions au fil de ma lecture. Je note les remarques et questions qui ont pour but d’éclairer l’auteurice sur la façon dont le texte est reçu, mais aussi de lui indiquer des pistes d’amélioration pour renforcer son histoire et l’impact de son écriture tout en la rendant plus fluide.

Les tarifs pour une bêta lecture

Pour bénéficier de ce service, il y a deux possibilités : passer par ComeUp pour une bêta lecture au tarif classique ou passer par Ko-fi pour une bêta lecture à prix libre. Pour cette seconde solution, vous êtes libre de payer au prix juste, de sous ou de surpayer la prestation, en fonction de votre budget, de votre estimation du coût d’un tel service et de la pureté de votre âme.

Vous pouvez également passer par le tip faible mais régulier pour un paiement en cinquante ou cent fois sans frais !

Publié dans écriture, narration, Prestations

Parfaire son manuscrit avec une correction éditoriale

Fusion d’une bêta-lecture très poussée et d’une correction orthographique minutieuse, la correction éditoriale s’attaque à tous les aspects d’un texte pour le rendre prêt à la publication. Ici, elle est plutôt destinée aux auteurices qui souhaitent publier leur manuscrit en autoédition ou qui veulent mettre toutes les chances de leur côté pour une soumission en maison d’édition. La correction éditoriale avec une correctrice indépendante peut s’apparenter à un coaching littéraire qui va à la fois améliorer significativement la qualité du manuscrit, et les compétences d’écriture de son auteurice.

Comment se déroule la correction éditoriale ?

Avant toute chose, parce qu’on ne peut pas corriger une histoire sans savoir où elle va et ce qu’elle raconte, je lis attentivement le manuscrit dans son intégralité. Je m’imprègne ainsi de l’histoire, des personnages et des thèmes.

Je fais ensuite un retour global sur l’œuvre, ses forces et ses faiblesses, puis j’entame une première relecture au cours de laquelle je fais part de mes commentaires, remarques, questions et suggestions. Tout au long de ma relecture, je m’assure de bien capter les intentions de l’auteurice pour ne pas les trahir, et de bien comprendre l’histoire pour mieux la servir.

correction éditoriale
La correction éditoriale, une correction en profondeur pour votre manuscrit

Pendant ce temps, l’auteurice apporte les corrections qu’iel estime pertinentes en fonction de mes retours. Iel reste maître·sse de son manuscrit du début à la fin du processus. Pour garantir cette maîtrise totale de l’auteurice sur son œuvre, je n’interviens qu’en mode « suggestion » et via des commentaires dans la marge du document partagé[1].

Une fois la première relecture et les corrections terminées, je fais une seconde relecture pour m’assurer que tout reste cohérent et pour affiner le style.

Ensuite, avec l’accord explicite de l’auteurice, j’effectue en autonomie une correction Antidote pour traquer les dernières coquilles et répétitions. Lors de cette phase, je n’utilise pas le mode « suggestion », car, Antidote réactualisant le document à chaque sortie du logiciel, cela me demanderait trop de temps

Si le manuscrit l’exige, je peux proposer une troisième relecture pour garantir un résultat aussi qualitatif et fidèle aux attentes de l’auteurice que possible.

La correction édito sur ComeUp

Sur la plateforme ComeUp, cette offre s’adresse aux personnes qui veulent une correction éditoriale et qui ont le budget nécessaire pour rémunérer une correctrice édito professionnelle.

Elle se déroule exactement selon le procédé décrit, à la différence que læ cliente paye plein tarif et qu’au moment de la commande, un délai de correction est défini, ce qui m’oblige à prioriser les client·es ComeUp dans mon planning.

La correction édito à prix libre

Via la boutique de Ko-fi, j’ai décidé de proposer des corrections éditoriales à prix libre. Mon temps n’étant pas infini, elles seront disponibles en quantité limitée, le stock se renouvelant à chaque correction prix libre terminée.

Destinées aux mécènes et aux fauché·es, elles ont pour but principal de permettre aux auteurices qui ont un budget serré d’accéder à une correction éditoriale professionnelle de qualité (sans me vanter) sans avoir à casser leur tirelire.

Reco Julien
Doublure Stylo, recommandée par le directeur édito de Vivlio

Il n’y a pas de montant minimum requis et la responsabilité du tarif reviendra uniquement à la personne qui passe la commande après avoir fait la moyenne de ce qu’elle est prête à payer, de ce qu’elle peut payer et de ce qu’elle estime être le tarif le plus juste.

Il est également possible de payer très peu et de reverser un tip une fois devenu·e riche (surtout si ma correction y est un peu pour quelque chose :p).

La seule contrainte à cette offre beaucoup-trop-belle-pour-être-vraie est liée au délai. Ma situation financière m’obligeant à privilégier le travail rémunéré, les commandes à prix libre les moins payées seront en bas de l’échelle des priorités. Cela implique que, à moins que je n’aie aucune autre commande en cours, mes interventions sur le manuscrit se feront de façon brève et sporadique (ce qui veut dire une correction lente, mais active).

En gros, moins vous payez et plus ce sera long, dans un délai approximatif de trois ou quatre mois maxi (estimation non-contractuelle). Ce sera long, mais ce sera bon !


[1] Pour des raisons éthiques, je privilégie OnlyOffice, mais pour celleux qui le souhaitent, je peux également travailler sur Google Docs.

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Exercice d’écriture : improviser ou renforcer un synopsis avec le Story Circle

J’ai récemment publié un article sur le Story Circle et son utilité pour éprouver son histoire autant que pour décortiquer les histoires des autres et mieux appréhender la façon dont elles ont été fabriquées. Je ne vais donc pas y revenir, il est maintenant temps de mettre en pratique et d’utiliser le Plot embryo (ou Story Circle) dans cet exercice d’écriture en deux temps.

Premier temps de l’exercice d’écriture : un peu de décorticage littéraire

Puisque le Plot Embryo nous offre deux possibilités et que choisir, c’est renoncer, j’ai décidé que cet atelier serait double ou ne serait pas.

Pour cette première partie, il suffit de choisir une histoire parmi celles que vous connaissez. Livre, film, série, jeux vidéo… Peu importe. Choisissez l’histoire que vous voulez décortiquer et appliquez-lui le Story Circle comme Lilwen Morrigane l’a fait avec « Hunger games » et « Breaking bad ».

Le Story circle de Dan Harmon
Le Story circle de Dan Harmon Jameswerver, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons
  1. La zone de confort
  2. Le désir/besoin
  3. L’entrée dans une situation inhabituelle
  4. L’adaptation
  5. L’obtention
  6. Le prix à payer
  7. Le retour
  8. Le changement

Quand vous avez fini, passez à la suite, ou choisissez une autre histoire et recommencez.

Second temps de l’exercice d’écriture : éprouver/improviser le synopsis d’une histoire en s’appuyant sur le Story Circle

Pour cette seconde phase de l’exercice, vous avez deux options :

Vous avez une histoire en cours de création

Dans ce cas, appliquez le Story Circle à votre histoire et voyez comment cet outil narratif peut vous aider à la consolider.

Vous n’avez pas d’histoire en cours de création

Si vous n’avez aucun projet sur le feu, utilisez le Plot Circle pour improviser le synopsis d’une histoire.

Créez un personnage et placez le dans une situation initiale simple. Vous pouvez vous servir d’archétypes pour démarrer plus rapidement. Ensuite, en vous aidant du Plot Embryo, développez un scénario cohérent et inspirant (qui vous inspire et/ou vous amuse).

Et après ?

Une fois l’exercice fini, si votre histoire vous laisse indifférent·e, vous pouvez en rester là. En revanche, si la base que vous avez créée vous semble intéressante et que vous avez envie d’approfondir, n’hésitez pas à reprendre votre synopsis depuis le début pour faire toutes les corrections et modifications que vous jugerez nécessaires pour affiner et étoffer cette histoire.

Publié dans écriture, décorticage, narration

« The Royals », une série mauvaise, mais formatrice

Petit plaisir coupable : j’ai commencé ce week-end la série « The Royals » et, bien que j’aie vite trouvé ça nul, j’ai avalé la saison 1 au mépris de mon quota de sommeil. Avalé comme on avale un MacDo (j’en mange plus depuis longtemps, mais vous voyez l’idée), en sachant que c’est de la merde, mais après tout, de temps en temps, ça fait pas de mal. Et puis, une daube, c’est aussi formateur qu’un chef d’œuvre.

Je m’excuse d’avance auprès de celles et ceux qui ont aimé la série pour le mal que je vais en dire.

« The Royals », une mauvaise série dont on tire de bonnes leçons (de narration)

« The Royals« , c’est une série sur une famille royale britannique alternative, mais dans notre monde à nous (comme disait Calo quand il chantait avec Les Charts).

Là où ça coince d’emblée, c’est qu’il n’y a rien de britannique dans la série, au point que je me suis dit : « c’est pas possible que ça soit une série anglaise ». Bingo ! C’est une série américaine. Avec toute la subtilité que ça implique.

La série "The Royals"
« The Royals », une leçon de narration « à ne pas reproduire chez soi »

Il n’y a rien qui va dans cette série. Des décors aux costumes en passant par le jeu des acteurices, la pauvreté des dialogues ou encore la romance toxique et la culture du viol. J’en veux pour preuve le rouge intense typique des tapis, tentures et autres tissus d’ameublement de la royauté qui est remplacé par un rouge fuchsia cheapos qui confère une ambiance Barbie Kitsch à un palais qui n’avait déjà rien de British.

Et que dire de l’intrigue, aussi inspirée qu’une chanson de Vianney. C’est pas dur, chaque épisode nous éloigne un peu plus de The Crown (dont on était déjà à des années lumières) pour nous rapprocher un peu plus de Pretty little liars (autre plaisir coupable que j’avais fini par lâcher parce que, putain, ça n’en finissait jamais).

La reine d’Angleterre, interprétée par Liz Hurley, n’a rien d’une reine et n’a rien d’anglais. Elle fleure bon la pétasse et l’Amérique et passe son temps à bitcher sa fille tout en se tapant la moitié du palais, pendant que ladite fille se tape l’autre moitié (même s’il arrive que l’une empiète sur la moitié de l’autre).

La fille est une princesse trash qui passe son temps à se camer et à se complaire dans des relations toxiques largement dominées par le sexe pas toujours très consenti.

Le fils est un mélange pas subtil de la blondeur sage et candide de William et de la rebelle et fêtarde attitude d’Harry, avec comme résultat un prince insipide qui oscille entre deux personnalités sans faire honneur ni à l’une ni à l’autre. On ne crache toutefois pas sur la multitude de plans sur sa gueule d’ange.

Que dire du frère du roi, un dépravé qui abuse des bonnes, de la came et de la corruption et qui jalouse et convoite le trône de son frère tout en étant fringué comme le bouffon du roi. Je ne parlerai même pas de ses deux filles, qui sont finalement peut-être la plus grande réussite de la série.

Le flegme et l’élégance britanniques vus par les Américains, ça donne une série cheap qui tient plus du teen movie que de la série historique et qu’on regarde avec délice et culpabilité en se disant « Allez, je ferai attention demain ».

Un demain qui pourrait arriver plus vite que prévu, parce que j’ai commencé la saison 2 et je vous préviens, ça ne va pas en s’arrangeant !

Mais tout n’est pas à jeter dans les séries de merde, pour peu qu’on arrive à les regarder.

Apprendre de ses erreurs ? Ou de celles des autres !

Et oui, l’observation et le décorticage d’une création de mauvaise qualité nous en apprend autant que celle d’un chef d’œuvre, que ce soit en peinture ou en narration.

Parce qu’apprendre à reconnaître ce qui ne fonctionne pas, c’est aussi précieux que de savoir identifier ce qui marche. Et puis, quitte à apprendre des erreurs, autant gagner du temps et apprendre de celles des autres !

Dans « The Royals », bien que tout soit plus ou moins nullos, le plus gros fail de la série, c’est la crédibilité de son univers. Si cela avait été un royaume fictif, ça aurait peut-être pu passer. Mais quand on déclare que son histoire se déroule au palais d’Angleterre, tout alternatif qu’il est, ça suscite quelques attentes et ici, le contrat n’est pas du tout rempli.

On voit que le sujet n’a pas été bossé, que les Américains n’y connaissent putain rien à l’Angleterre et à la monarchie, et que cette série relève plutôt du fantasme d’un ignorant (so Trump !).

Le souci, c’est que quand læ spectateurice/lecteurice ne croit pas à l’univers, iel ne croit pas à l’histoire. Il est donc crucial de bosser son sujet et de faire des recherches, le cas échéant. Parce qu’un détail peut faire décrocher.

Le décorticage littéraire, une bonne excuse pour mater des séries de merde sans culpabiliser

On pourrait aussi tirer des leçons de cette série sur les dialogues, le développement des personnages et la construction d’une intrique, mais l’idée de cet article, en dehors de bitcher un peu sur la série, c’est surtout de souligner le fait que les créations de mauvaise qualité peuvent être aussi formatrices que celles qui nous fascinent et nous font rêver.

Pour terminer, j’ajouterai que même dans une œuvre de qualité, on peut relever des défauts, des fragilités, des « ah moi, c’est pas comme ça que j’aurais fait » qui sont autant de leçons à tirer et à retenir pour nos propres créations.