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Arc narratif : la rédemption du méchant

méchant clown tueur
Un méchant en quête de rédemption ? Image de freepik

C’est, avec la « prédestination » en romance, un de mes arcs narratifs préférés, parce qu’il me redonne un peu de foi en l’humanité et me leurre de ce doux espoir que même les plus pourri·es peuvent réaliser leurs erreurs, demander pardon pour leurs crimes et vouer le reste de leur vie à tenter de racheter des fautes qu’iels n’effaceront jamais.

C’est un arc puissant qui résonne en beaucoup d’entre nous, car on a toustes été un jour victime ou bourreau ou les deux et, dans les deux cas, si on a une âme, la soif de pardon est immense.

Je ferai rapidement une distinction entre le bon méchant et le mauvais méchant selon moi, même si l’idée est plutôt tenter de présenter un des arcs narratifs que l’on peut suivre pour donner de la profondeur au méchant en en faisant plus qu’un simple accessoire. Quand c’est réussi, le méchant peut devenir un des protagonistes de l’histoire et parfois même un des personnages préférés.

Le bon méchant et le mauvais méchant

On observe souvent en fiction deux types de méchants. Les méchants accessoires, qui sont généralement caricaturaux et inintéressants, et les méchants qui sont de véritables personnages, avec ces désirs et des besoins qui percutent ceux des protagonistes.

Le méchant « accessoire »

Le méchant accessoire est une facilité scénaristique, un outil pour empêcher artificiellement læ protagoniste d’avancer et pour læ faire briller en mettant en avant son éthique, son courage et sa bienveillance face à un·e méchant·e souvent réduit·e à un problème mental (du genre psycho-sociopathe).

En plus d’être légèrement psychophobe sur les bords, cette façon de faire est narrativement pauvre et fait du méchant un personnage sans profondeur contre lequel on se positionnera sans aucune réflexion ou remise en question de quoi que ce soit face à un traitement manichéen d’une intrigue banalement affligeante.

Le « personnage » méchant

Évidemment, le méchant « accessoire » est un personnage pourri qui appauvrit l’histoire en n’apportant aucune nuance ni aucun questionnement. Un bon méchant, selon moi, est toujours un être « humain » (je mets des guillemets parce que je parle d’humanité de l’âme, mais les extra-terrestres et les loutres sont les bienvenues) qu’on peut comprendre (sans excuser) et aimer.

Pour résumer très grossièrement, le méchant est réussi quand il est simplement un personnage. Il doit susciter de l’empathie, provoquer des émotions, des questionnements, remettre en question l’éthique et les motivations du personnage principal… Un bon méchant n’est condamnable que pour ses actes, qu’on ne pardonnera pas, mais qu’on doit malgré tout pouvoir comprendre.

Deux exemples pour illustrer l’arc de rédemption

Pour illustrer mon propos sans avoir à le théoriser en un milliard de signes que je n’ai aucune envie d’écrire et que vous n’avez aucune envie de lire, je vais parler des deux principaux exemples qui m’ont donné à réfléchir sur le sujet et donné envie de partager cette réflexion avec celleux qui le voudraient.

Attention SPOILERS, donc si vous n’avez pas vu ces séries et que vous comptez les voir, revenez après les avoir vues ^^

Ruth ( Snowpiercer)

Dans le Snowpiecer, Ruth est, au début de la série, la cheffe du personnel de bord. C’est en gros la larbine en cheffe et, toute grisée qu’elle est par ce pouvoir, elle flambe sévère. À tel point que quand elle se rend dans le wagon de queue, où s’amassent les passager·ères clandestin·es du train, c’est en reine cruelle et intraitable qui n’hésite pas à exercer sa supériorité et son pouvoir pour annihiler les plus faibles.

Pour la faire courte, elle doit punir une passagère pour je ne sais plus quelle faute et pour ce faire, c’est pas dur, on lui fait passer le bras par un trou dans la paroi du train, ce qui gèle immédiatement ledit bras, qu’il est ensuite aisé d’arracher et de mettre en miettes. La punition est bien évidemment injuste et disproportionnée et a lieu devant la fillette de la criminelle, qui décède des suites de son amputation.

Quand Ruth finit par se frotter à la réalité, elle retrouve son âme et son humanité. Elle devient alors un pilier de la résistance et fait un émouvant mea culpa auprès de la fillette, qui finit par se raccrocher à la bourreau de sa mère.

Si Ruth redevient très vite secondaire, sa prise de conscience et la transformation qui en découle sont un des moments forts de l’ histoire et me semblent bien plus intéressants que les égarements lascifs de j’ai oublié son nom, diva chanteuse masochiste trop heureuse d’avoir quitté un pervers narcissique psychopathe, puis de le retrouver (sa romance avec la fliquette sera bien plus intéressante et trop vite expédiée).

 Negan ( The walking dead)

Grand méchant par excellence, Negan est un exemple parfait du propos que j’essaie d’exprimer. Même quand il est la pire des ordures, qu’il opprime et abuse de ses sujets, il est dans une optique de protection. Oui, il abuse de ses privilèges, mais il fait aussi ce qui lui semble nécessaire pour assurer la protection et la survie de son groupe.

Je vous renvoie à Machiavel et ses théories sur le pouvoir et la façon de l’exercer, que je ne connais moi-même que vaguement via un podcast (2000 ans d’Histoire, il me semble). Pour résumer très grossièrement, le bien commun nécessite parfois de chier sur l’éthique et la morale, ce que fait très bien Negan, avec une vision très personnelle du bien commun.

Sa rencontre avec Carl, gamin exaspérant à qui on a envie de coller deux claques (mais qui pourrait lui en vouloir quand il a fallu qu’il euthanasie lui-même sa mère d’une balle…), fait renaître en lui une once d’humanité qui germe et pousse gentiment jusqu’à ce que Rick lui-même embrasse les aspirations pacifistes et humanistes de son fils maintenant décédé et exerce son droit de vie sur Negan plutôt que son droit de mort.

Ses années de taule et ses conversations avec Judith finissent de faire grandir cette belle fleur qu’avait semée Carl. Negan sait qu’il ne pourra pas racheter ses crimes (snif Glenn et Abraham), mais sa quête de rédemption lui fera faire tout ce qu’il est possible de faire pour rééquilibrer la balance du bien et du mal.

Même si ses méthodes restent discutables et expéditives (monde post-apo infesté de zombies et d’enflures oblige) et qu’il agit toujours pour le bien de son groupe, il n’écarte plus son humanité et a à présent une certaine conscience du bien et du mal. Il ressent surtout la culpabilité, le remord et la souffrance qu’il a causée et, tout assoiffé de pardon qu’il est, essaie de renverser la vapeur non pas par les mots, mais par les actes.

En conclusion

Le pardon se mérite et pour l’obtenir, il faut le vouloir, mais aussi le demander, par les mots et par les actes. Voir un monstre réaliser l’ampleur de ses crimes et chercher à les expier pour le reste de sa vie est aussi bouleversant (plus ?) que de voir un personnage intègre s’évertuer à rester dans le droit chemin malgré ce que cela peut lui coûter.

L’arc de la rédemption est un arc narratif puissant qui permet de creuser l’humanité du méchant, de le nuancer et d’en faire un personnage à part entière plutôt qu’un simple accessoire en toc. Il nous aide à remettre en question nos certitudes et entraîne une réflexion plus nuancée sur le bien et le mal.

Il fait du méchant un personnage qui fait réfléchir au lieu d’en faire un bouc-émissaire de notre bien-pensance.

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Le décorticage littéraire pour apprendre à écrire

Le décorticage littéraire, c’est analyser en détail une œuvre de fiction, quelle qu’elle soit, et en retirer des notions et principes applicables à l’écriture et à la narration.

J’ai toujours été persuadée qu’on apprend beaucoup sans le savoir, rien qu’on « consommant » et en expérimentant par la pratique. L’ingestion inconsciente de grands principes de narration est devenue pour moi une certitude pendant le confinement, quand mon fils de 5 ans s’est mis à écrire une histoire dans laquelle il intégrait naturellement des connecteurs (il était une fois, car, soudain…), des obstacles et des rebondissements.

Dans une optique de progression, le décorticage littéraire permet un apprentissage conscient des grandes notions de narration en se basant sur des œuvres qu’on a aimée ou, au contraire, détestée et en essayant de comprendre pourquoi.

Un calepin pour prendre des notes
Prendre des notes devant une série, un livre, un jeu vidéo… Image de freepik

Extraire et critiquer les techniques d’écriture et de narration

Quand on consomme une œuvre de fiction, il y a forcément des choses qui nous plaisent et d’autres qui ne nous plaisent pas. Décortiquer une œuvre – que ce soit un livre, un film, une série ou un jeu vidéo – est un bon moyen de les identifier et de les formaliser.

Savoir ce qu’on aime et ce qu’on n’aime pas en fiction permet ensuite d’affiner son écriture et sa narration pour créer une œuvre qui nous ressemble.

Comme rien ne vaut un bon exemple, je prendrai le mien, qui n’est pas forcément le meilleur, mais que j’ai l’avantage de bien connaître. Des exemples de ce que j’ai aimé ou pas en fiction, je pourrais en donner plein, mais je garde ce déluge d’avis pour des articles plus consistants et je vais me contenter ici d’en survoler un ou deux.

Parmi les choses que je déteste quand je regarde une série, c’est quand on me balade et qu’on me prend pour une imbécile en me cachant des choses juste pour ménager un faux suspense. Par exemple, dans un drama coréen, la toute fin de l’avant-dernier épisode nous montre les 2 protagonistes se promettre un combat à mort le lendemain.

Consternation, les 2 amis se trahissent et trahissent leurs propres convictions, défendues ardemment et violemment durant les 2000 épisodes précédents ?! Et bien non, Ginette, figure-toi que læ réalisateurice a volontairement tronqué une partie du dialogue pour te cacher la partie où ils se détendent pour finalement élaborer un plan qui fera éclater au grand jour leur grande et belle complicité tout en niquant chanmé les méchants.

Et ben, là, je sais pas toi, mais moi, je me dis qu’iels nous ont bien pris pour des con·nes et que cette astuce pour ménager le suspense, elle est tout sauf efficace et naturelle et qu’elle a même failli coûter la crédibilité des personnages. Du coup, pour moi, c’est un gros fail et une technique bidon que je mets dans ma liste « À NE PAS FAIRE ! ».

Il y a aussi les dialogues tout claqués dans lesquels les personnages racontent entre eux les évènements qu’iels ont vécu ensemble, de façon artificielle pour mettre læ spectateurice/lecteurice au jus. Le dialogue est alors purement fonctionnel et n’apporte rien ni pour le développement de l’intrigue ni pour celui des personnages.

Conclusion

Apprendre par la théorie, les livres de narratologie et les blogs d’auteurices, c’est cool, mais rien ne vaut l’apprentissage par l’expérience ! En tant que consommateurices d’œuvres de fiction, on a toustes intégré des principes de narration sans forcément savoir les identifier clairement et les nommer. Mais ils font partie de nous et on y fait appel inconsciemment.

En apprenant la théorie et en faisant un travail de décorticage d’œuvres, on apprend à le faire systématiquement et en connaissance de cause, gagnant ainsi plus de maîtrise et de contrôle sur nos créations.

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Écriture : caractériser un personnage et respecter sa voix

Quand on parle de caractériser un personnage, on pense souvent à définir ses caractéristiques physiques et psychologiques en amont de l’écriture elle-même. Pourtant, l’écriture aussi sert la caractérisation des personnages. Du moins le devrait-elle.

Un bon texte, selon moi, c’est un texte qui illustre le personnage par ses actes et son propos. On pourra me dire qu’un·e tel·le est courageux·se ou vulgaire ou encore prétentieux·se, ce n’est pas ça qui caractérisera le personnage selon l’idée que l’auteur·rice s’en fait.

Et oui, on en revient toujours au show, don’t tell et à l’idée que si læ lecteur·rice ressent l’identité de votre personnage, cela aura bien plus d’impact que le fait que vous l’ayez simplement décrété.

Machine à écrire rétro
Donner une couleur et une voix à ses personnages Image de Freepik

La fiction, un mensonge avec un soupçon de vérité

N’avez-vous jamais pioché dans votre entourage ou dans votre propre expérience pour donner corps à un texte ou à un personnage ? Si la réponse est non, il est plus qu’urgent de commencer. C’est même un des conseils de Neil Gaiman himself dans sa Masterclass : pour donner une identité, une voix et un soupçon de vérité à vos personnages, mettez-leur un chapeau (un élément distinctif unique qui permet de les identifier au premier coup d’œil) et inspirez-vous des personnes que vous connaissez.

C’est également le principe de la célèbre méthode Actor Studio : pour donner de la vérité à son jeu d’acteur·rice, il est recommandé de chercher au fond de soi une expérience qui nous fait véritablement ressentir l’émotion à interpréter et de puiser dans ses propres sentiments pour nourrir ceux du personnage.

Ce n’est donc pas un truc ou une astuce, mais un véritable précepte qu’il est essentiel et urgent d’appliquer.

Respecter la cohérence de son personnage

Pour l’exercice de février, il va falloir donner de la voix. Ce n’est pas compliqué, mais c’est important et parfois délicat à tenir sur la longueur. Pourtant, de cette voix que vous aurez choisie pour votre personnage découlera sa cohérence, sa crédibilité et son identité.

Si vous avez choisi que votre personnage était une écervelée un peu stupide et très matérialiste, ses réactions et ses dialogues devront prendre en compte ces paramètres et elle ne pourra briller intellectuellement que par accident. De même, ses décisions et ses propos seront guidés par son matérialisme et son avidité.

Ou encore, si votre personnage est inspiré du fameux vieux tonton raciste et sexiste qu’on nous ressert à toutes les sauces, il devra être grossier, insupportable et mettre des mains au cul.

Ça peut sembler évident, mais nombre de personnages de série ont perdu toute crédibilité à mes yeux quand ils ont cessé d’agir en cohérence avec leur voix. Le dernier exemple qui me vient à l’esprit, attention spoiler, c’est Daryl en France qui oublie toutes les règles de sécurité dans un monde dévasté par les zombies et qui entre dans un hangar tranquilou bilou sans prendre la moindre précaution.

Ce genre de chose peut passer si le cours de l’histoire, le contexte, un évènement récent l’expliquent de façon crédible. Mais quand, sans raison, un personnage cesse d’agir selon sa voix, il perd de la crédibilité et donc du poids dans l’affect des lecteur·rices/spectateur·rices.

L’exercice d’écriture de février

Pour cet exercice, je vous demande d’écrire un même texte avec plusieurs voix. Choisissez parmi vos propres personnages, votre entourage ou définissez rapidement au moins 3 archétypes, et écrivez le texte autant de fois que vous avez de personnages, en veillant à chaque fois à respecter la voix de chacun·e !

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Exercice d’écriture : l’écriture ou la réécriture parodique

Pour l’exercice d’écriture (en retard) de janvier, étant donné que je n’ai pas pu préparer à temps ce que j’avais prévu, je vais présenter un exercice simple et amusant inspiré d’un article que j’ai rédigé il y a peu pour la Gazette de bouzouks.net, le jeu de rôle textuel sur lequel j’ai appris à écrire : l’écriture parodique.

Une critique cinéma parodique

Pour celleux qui ne le savent pas, Pincemi, mon personnage de jeu de rôle textuel, est rédactrice en cheffe et journaliste de la Gazette de Vlurxtrznbnaxl. Il m’arrive donc régulièrement d’écrire des articles de presse parodiques.

Pincemi, mon avatar bouzouk pour l’écriture parodique

Ces articles ont deux fonctions principales :

  • Promouvoir les RP (role play/jeu de rôle) en cours et/ou présenter des fonctionnalités, objets et mécaniques de jeu de façon RP
  • Amuser les autres joueureuses en écrivant une foule de bêtises

Ces articles sont parodiques et absurdes parce que tel est l’univers de bouzouks.net : une transposition ridicule à l’extrême des travers de notre société.

Comme j’ai récemment vu le film Barbie et que Pincemi est une sorte de Barbie assoiffée de pouvoir, de gloire et d’argent, il me semblait évident qu’elle devait rédiger une critique bouzouk de ce film. Ce que nous avons fait.

Pour cet article, j’ai choisi l’angle mégalo : Pincemi est révoltée de voir quelqu’un d’autre interpréter son rôle dans un film ouvertement inspiré d’elle et de sa plastique idyllique.

Extrait :

L’exercice d’écriture parodique

Pour cet exercice, je vous invite tout simplement à choisir un univers (il n’a pas besoin d’être absurde, il peut être tragique, futuriste, préhistorique, romantique, tiré d’un livre ou d’un film…) et un sujet à traiter : critique de film, de concert, de série, de livre, ou même un fait divers, une actualité, un édito… tout ce qu’on peut trouver dans un journal d’un tant soit peu rédigé.

Une fois que vous avez ces 2 éléments, il ne vous reste plus qu’à traiter votre sujet en tenant compte de l’univers et, si vous avez caractérisé votre journaliste, de son caractère et ses valeurs.

Cela vous aidera, dans l’écriture en général, à écrire différemment en fonction des personnages, notamment pour les dialogues ou si vous utilisez un point de vue focalisé (à travers les yeux d’un ou plusieurs personnages). En écrivant avec la voix de votre personnage et en adéquation avec votre univers, vous donnez de la force et de la crédibilité à votre texte.

En conclusion, l’écriture parodique, c’est…

L’écriture parodique est un bon exercice pour s’entraîner à trouver le ton adapté à l’univers et au personnage. C’est également un exercice qui peut se révéler amusant et assurément stimulant.

C’est d’ailleurs un exercice d’écriture que j’avais déjà effleuré avec un texte qui parodiait le journal de confinement romantique des bourgeois hors sol.

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[décorticage littéraire] La pub Banga, ou l'imaginaire pour frapper les esprits

Avant toute chose, la pub Banga, c’est ça :

    Les personnes de ma génération connaissent toustes cette pub et son hymne « En route pour l’aventure ». Alors qu’on a oublié toutes les pubs Nutella et leur succession d’enfants trop lisses. À quoi ça tient ? Pas à la qualité du produit, ça, c’est certain !

L’incursion du rêve dans la réalité

    Banga, qui ne pouvait pas miser sur la qualité de sa boisson – ni sur son originalité – a trouvé le meilleur canal pour parler à nos âmes d’enfants : l’imaginaire. « En route pour l’aventure ! » nous clame la chanson de la pub. Mais comme il ne suffit jamais de le dire, Banga nous montre à quel point sa boisson chimique sait réveiller l’aventurier qui sommeille en nous (dire… montrer… vous l’avez ? ). Et voilà que l’enfant qui jouait mollement à l’aventurier dans son couloir d’une banalité désolante se retrouve propulsé dans une jungle luxuriante. L’aventure s’invite dans son morne quotidien, à grand renfort de rivière bouillonnante et de crocodile affamé.

Marquer les esprits

    C’est ce qui fait qu’on se souvient de cette pub et que, trente ans après, les quadras chantonnent encore « On ne résiste paaaaaaas… à l’appel du Banga ! ». L’incursion de l’imaginaire dans la réalité rend le moment plus intense, à tel point qu’il en devient inoubliable. Oui, trente ans après, on voit encore parfaitement cet enfant traverser la jungle de son couloir de liane en liane en faisant la nique à un crocodile menaçant. On avait en revanche totalement oublié la mère Barbara Gould digne d’un spot pour Kinder, dont on a d’ailleurs oublié toutes les pubs. Ne reste des pubs Nutella que l’arrière-goût insipide du quotidien trop lisse et trop parfait d’une famille tout aussi fake que le goût de la pâte à tartiner. L’image aseptisée de notre vie, ou de ce qu’elle est supposée être. Franchement, qui cela fait-il rêver ?

Comment on fait dans nos livres, alors ?

    Je vous vois venir. Ne comptez pas sur moi pour vous donnez des injonctions ni même des conseils d’écriture dans les décorticages littéraires. Le but de cette rubrique est de partager des techniques, des idées, de l’inspiration. Parenthèse magique, rêve éveillé, impression fugace… À vous de trouver si et comment vous frapperez les esprits avec vos écrits.

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La méthode Actor Studio en écriture

Comme pas prévu, mais comme on s’y attendait, j’ai toujours une semaine de décalage pour la publication de cet article. Je compte sur votre indulgence pour tenir compagnie à la mienne. Cette semaine, l’atelier portait sur la technique Actor Studio transposée à l’écriture.

La méthode Actor Studio

Cette méthode est assez connue, et utilisée par la plupart des acteurs pour rendre leur performance plus réaliste et leur personnage plus convaincant. La technique est simple, puisqu’elle consiste à puiser dans sa propre expérience pour nourrir son jeu d’acteur. On recherche un souvenir pour ressentir les émotions qu’il suscite et on s’en sert pour donner corps au personnage.

Image par Björn Eichenauer de Pixabay

C’est comme ça que certain·es acteurices arrivent à pleurer de vraies larmes (avec de la vraie bave et de la vraie morve) là où d’autres se contentent de gémir en se déformant le visage dans d’atroces grimaces censées exprimer la souffrance morale.

La méthode Actor Studio transposée à l’écriture

Il s’agit de la même chose, mais à l’écrit. Elle permet de rendre l’émotion plus juste et le texte, plus immersif. Et oui, car qui dit émotion crédible dit identification ? Et qui dit identification dit empathie pour le personnage. Et là, c’est gagné. Parce que le but, c’est bien que læ lecteurice s’intéresse à notre personnage.

Image par Fathromi Ramdlon de Pixabay

Cette méthode peut rendre l’écriture plus pénible, parce qu’elle nous renvoie à des situations potentiellement douloureuses. Mais elle la rend également plus facile, car on n’a plus qu’à « raconter notre vie », en retirant le filtre de la situation initiale et en y apposant celui de notre personnage et de son histoire.

Il ne s’agit pas de raconter le souvenir, mais bel et bien de se souvenir de ce qu’on a ressenti dans une situation donnée et de le retranscrire à l’écrit en prêtant son émotion à ses personnages.

L’exercice de la semaine

Pour inaugurer l’exercice, j’ai choisi le thème « Grosse fatigue ».

Chronic fatigue syndrome

On s’est donc mis dans la peau de quelqu’un de très fatigué (ce jour-là, pour moi, ça n’a pas été très compliqué :p), on a fait appel au souvenir d’une fois où on était parfaitement crevé (fatigue morale ou physique) et on a rédigé un petit bout de texte pour exprimer l’épuisement de notre personnage.

À vous de jouer !

Voir le replay de l’atelier

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Exercice d'écriture : les pots en folie de Céline Badaroux

Voici venu le temps de l’atelier d’écriture de la semaine dernière. Malheureusement, je n’ai pas encore réussi à rattraper le décalage (que j’espère parvenir à combler cette semaine), mais je ne doute pas que vous saurez me pardonner ce petit retard.Et cette fois, c’est sur la talentueuse Céline Badaroux que je me suis appuyée pour vous proposer cet exercice ludique déclencheur d’inspiration : les pots en folie.

Les petits papiers

C’est le nom que leur a donné leur créatrice (qui vous explique ici comment elle les a créés et comment ils fonctionnent ^^). Et c’est un nom judicieux, puisque l’outil consiste en une multitude de petits papiers ! L’idée, c’est d’avoir un pot par catégorie, à savoir :

  • Genre
  • Époque
  • Lieu
  • Thème

Chaque pot contient autant de petits papiers que vous avez pu/voulu y glisser. L’avantage, c’est que le contenu des pots est vraiment personnalisable et vous pouvez tout à fait ne pas mettre « Espace » dans le pot « Lieu » si vous n’aimez pas les trucs chiants dans l’espace…

Vous pouvez aussi jouer sur le nombre de pots et sur leur contenu. On pourrait très bien imaginer un pot « Personnages ». De même, quand j’ai découvert cet outil au cours d’un atelier en ligne animé par Céline lors de la convention virtuelle « A Place to geek », nous n’avons pas utilisé le pot des thèmes. Croyez-moi, cela n’a bridé l’imagination de personne et les idées ont fusé dans tous les sens et à nos risques et périls.

Les pots en folie

Pour ma part, j’ai eu l’audace de renommer l’exercice en « Les pots en folie », parce que j’ai particulièrement aimé l’esthétique que Céline Badaroux a donné à ces anciennes conserves de petits pois devenues outils créatifs autant par leur forme que leur utilité. Jugez plutôt !

Les petits papiers de Céline Badaroux

(source : https://celinebadaroux.fr/les-petits-papiers/)

Le principe est simple : on tire au hasard un papier dans chaque pot, puis on réfléchit à un (ou plusieurs) pitch en se basant sur le tirage obtenu. Ensuite, rien n’empêche d’écrire une nouvelle, voire un roman en partant d’un de ces pitchs, bien au contraire.

Cet outil a de multiples qualités. Son aspect ludique, bien évidemment. Mais aussi le côté personnalisable et modulable, qui permet de l’adapter à ses envies et ses besoins.

Il représente également un formidable exercice pour faire travailler son imagination, pour booster son inspiration et, pour les plus téméraires d’entre nous, pour sortir de notre zone de confort en écrivant, par exemple, une romance dans l’espace ou un thriller sous marin (Werber a bien fait un thriller dans la fourmilière).

L’exercice d’écriture de la semaine

Il est simple et vous l’avez sans doute déjà compris. Je propose tout d’abord aux plus bricoleur·euses d’entre vous de confectionner leurs petits pots personnalisés (je n’ai pas encore pris le temps de le faire, alors si vous le faites, je vous en prie, envoyez-moi une photo !), de les garnir d’autant de petits papiers qu’iels le souhaitent, puis de procéder à trois ou quatre tirages et de rédiger autant de pitchs.

Vous pouvez évidemment faire varier les combinaisons en ajoutant-retirant un ou plusieurs pots à l’envie.

Pour les allergiques du DIY, Céline a pensé à tout et a conçu (un peu spécialement pour nous) une version en ligne de son formidable outil ! On l’a testée lors de l’atelier en live de mercredi dernier (que vous pouvez d’ailleurs revoir en replay, pour vous inspirer ou comprendre pourquoi je parle autant de l’espace) et autant vous dire qu’on a adoré ! 

Alors à vous de jouer, et n’hésitez pas à mettre vos tirages et pitchs en commentaire 😉

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Marathon littéraire : une nouvelle pour Noël

Voilà plusieurs semaines que je stream des ateliers d’écriture, des coachings ou des tests/présentations d’outils et plateformes d’écriture. De ces soirées est née une petite communauté sympathique et soudée autour de deux passions communes : l’écriture et la déconnade. Et de cette communauté est né un projet : les Petits Disciples du Stylo.

Le streaming littéraire

Il y a quelques semaines, j’ai créé une chaîne sur Twitch et j’ai commencé à animer des lives. Au programmes, quatre grands thèmes :

L’atelier d’écriture ludique et créative (le mercredi soir à 21h)

Chaque mercredi soir, je présente l’exercice et les participant·es qui le souhaitent peuvent me rejoindre sur un framapad (un document partagé en ligne). Chacun·e y écrit ce que lui inspire le sujet, pendant que je navigue d’un texte à l’autre en commentant. Si le besoin s’en fait sentir, j’apporte ma contribution pour tenter de surmonter les blocages et les trous.

La présentation de plateformes et outils d’écriture et de narration (le mardi soir à 21h)

Chaque mardi soir, je présente et teste en direct un logiciel ou une plateforme en ligne autour de l’écriture. Outil pour rédiger des fictions interactives ou environnement d’écriture, j’aime expérimenter tout ce qui me permet de raconter des histoires et de m’amuser avec les mots et la narration, et partager le fruit de ces expérimentations. 

Le coaching littéraire

Quand un·e auteur·ice a besoin d’un avis sur son texte et/ou de pistes et suggestions d’amélioration, iel me le soumet. Je mets à profit mon expérience de coach littéraire pour Rocambole en travaillant d’abord en amont sur le document, puis on revient ensemble en direct sur tout ce que j’ai relevé : commentaires, questions, suggestions… tout est bon pour comprendre et appréhender le texte et en tirer le meilleur.

L’écriture/réécriture/correction en direct de mes écrits personnels.

Ce sont des lives que je fais en journée. Ce sont les moins fréquents, parce qu’ils nécessitent un environnement calme que je ne parviens que difficilement à avoir en dehors des périodes scolaires. Au cours de ces séances, je rédige/corrige et commente mes écrits en direct.

Les Petits Disciples du Stylo

Ce projet est né de notre volonté commune de progresser dans l’écriture et d’aiguiser notre plume. Volonté parfois découragée par l’ampleur de nos projets et une ambition mal mesurée. De la même façon qu’on dit qu’il faut savoir marcher avant de courir, on dit aussi qu’en écriture, c’est bien de s’exercer d’abord avec de petits projets.

Nous avons donc lancé une idée, qui est devenue un défi à relever (pour les volontaires uniquement) : écrire pour Noël une nouvelle courte (dix mille signes espaces comprises maximum), mais patiemment retravaillée, dont on aura soigné tous les aspects qui composent la narration : point de vue du narrateur, show don’t tell, justesse des personnages et des émotions, pertinence de l’intrigue, enjeux motivants, vocabulaire précis et varié, syntaxe…

C’est avec cet objectif en ligne de mire que j’ai conçu le planning des streamings jusqu’à la fin de l’année.

Si le défi est relevé et que les participant·es acceptent, j’espère pouvoir présenter les nouvelles produites dans un petit recueil, évidemment intitulé « Les Petits Disciples du Stylo ».

N’hésitez pas à nous rejoindre pour cette quête littéraire et pour nos ateliers d’écriture ludique et créatives du mercredi. Bonne humeur, bienveillance et déconnade garanties \o/

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Exercice d'écriture : le Writionary #1

C’est la rentrée et j’ai déjà une semaine de retard pour l’article du premier exercice d’écriture de l’année. Comme dirait Ophélie Winter, shame on me. Mais comme disait aussi je-sais-pas-qui, « mieux vaut tard que jamais ». Voici donc la présentation du nouvel exercice littéraire tendance de la rentrée 2020, j’ai nommé le Writionary.

Le Writionary, un exercice d’écriture ludique…

Le principe du jeu est simple. Vous aurez sans doute remarqué la troublante ressemblance du nom de notre petit exercice avec celui du Pictionary, sorte de « Dessinez, c’est gagné ! » où on pioche une carte, on lit ce qui y est écrit et, je vous le donne en mille, on le dessine. Et si les autres participant·es trouvent ce que c’est, vous avez gagné.

Ca dessine et ca s'engueule. -Pictionary -DessinYeuxFermés -MainGauche (6528021827)

Le Writionary, c’est la même idée – soufflée par une des piliers de notre petite communauté fondée autour de la chaîne twitch – que j’ai éhontément adaptée en plagiant totalement le principe de la version dessinée (gribouillée, si on veut être vraiment précis·e – et honnête). On y a d’ailleurs joué mercredi dernier et c’était amusant. En plus d’être instructif.

… mais un exercice quand même !

Et oui, c’est subtilement que, sous couvert d’exercices ludiques hyper fun, je vous amène à travailler certaines techniques narratives, ni vu ni connu. Par exemple, avec le mutisme, on avait pu s’exercer sur la description, la précision et le vocabulaire autour des expressions faciales et de la communication corporelle.

Avec le Writionary, l’idée, c’est de travailler le fameux et incontournable show, don’t tell. On choisit donc ce qu’on veut (les prochaines versions seront peut-être plus encadrées) et on doit le faire deviner sans le dévoiler, rien que par l’écriture. Certain·es d’entre nous ont utilisé un générateur de mots pour l’inspiration, et on s’est lancé dans la rédaction individuelle de plusieurs petits textes (un par mot ou expression). À la fin du temps imparti, on a lu les productions et tenté de deviner le mot/expression décrit. On a eu des personnages, des métiers, des couleurs, des émotions…

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C’est un exercice difficile, mais qui permet de repérer ses failles et de les travailler. S’exercer à montrer les choses au lieu de les énoncer permet de produire des textes de bien meilleure qualité, beaucoup plus immersifs et qui favorisent l’empathie pour le personnage.

Par exemple, si on écrit :

Elle est dans le noir et elle a peur.

C’est très (trop) simpliste et un peu (beaucoup) expéditif. On a une banale énumération, façon liste de courses. On nous balance froidement deux infos, qu’on doit prendre pour argent comptant. Mais est-ce qu’on tremble pour « elle » ?

Le but du fameux Show, don’t tell, c’est de décrire : l’obscurité, le noir, les sensations que ça procure au personnage, puis d’embarquer læ lecteurice en lui montrant la peur, en détaillant les réactions physiologiques et émotionnelles qu’entraîne ce sentiment.

On pourrait donc décrire l’absence de lumière, de visibilité, la perte des repères spatio-temporels, les yeux qui s’écarquillent pour essayer de voir dans le noir, le rythme cardiaque qui accélère, la transpiration, le souffle, les muscles qui se crispent, le corps qui se recroqueville…

Il y a une foule de détails qu’on pourrait donner et qui rendraient le texte beaucoup plus dense, vivant, et beaucoup plus riche.

Pour illustrer tout ça, je vous propose le petit texte que j’ai rédigé mercredi dernier pour décrire la peur du noir :

L’ampoule grésille avant de rendre sa dernière étincelle. Elle meurt dans un crépitement fugace, emportant la lumière avec elle. Que vais-je faire, à présent ? Elle était mon dernier rempart contre la peur. J’écarquille les yeux à me les faire péter, mais rien à faire, je vois que dalle. Je tâtonne dans cette obscurité opaque. Je retire ma main brutalement quand je heurte une substance inattendue et répugnante. Je réprime une grimace d’un dégoût bien vite remplacé par une foule de questions. Qu’est-ce que c’était ? Est-ce vivant ? Est-ce dangereux ? Quel est ce bruit visqueux et gourmand qui se rapproche de moi ? J’ouvre grand les yeux, mais je ne vois rien.

Le Writionary #1

Mercredi 2 septembre 2020 est donc une date historique à retenir au même titre que celle de la prise de la Bastille (Hep ! Je vous vois la googler !), puisque c’est le jour béni qui a vu l’inauguration du Writionary en live (que vous pouvez revoir en différé).

En plus, c’est un exercice que vous pouvez parfaitement reproduire à la maison, sans aucun autre risque que celui d’améliorer vos compétences rédactionnelles et la qualité de vos textes.

Ah oui et… si vous voulez progresser, mais que vous ne voulez pas bosser tout·e seul·e dans votre coin, rejoignez-nous pour les ateliers d’écriture en live sur Twitch, tous les mercredis à 21h \o/

Consulter le planning des streamings sur Twitch

Publié dans écriture

Exercice d'écriture #11 : la super vilaine

Pour trouver l’exercice de cette quinzaine, je n’ai pas eu à chercher très loin. Je me suis tournée une fois de plus vers mon support d’écriture et d’expérimentations rédactionnelles préféré : le jeu de rôle textuel. Je vous propose le thème que j’ai eu envie de jouer cette semaine, à savoir la super vilaine.

Les super héros/héroïnes

Les super héros·ïnes sont des êtres généralement doté·es de super pouvoirs et/ou de super accessoires, ayant pour vocation de combattre le mal et de protéger la veuve et l’orphelin. Pétri·es de sentiments honorables et paré·es des qualités les plus nobles, leur principal dilemme consiste souvent à vouloir concilier leur identité et leurs devoirs de super héros·ïnes avec leur désir d’une vie simple et « normale » vécue dans l’anonymat le plus pur.

Image par Christian Dorn de Pixabay

Si j’ai eu envie de jouer la super vilaine avec Pincemi, c’est parce qu’il y a sur le jeu un personnage de super héroïne. Cette super héroïne déchue est devenue une épave et pleure sa misère, étendue sur un trottoir, la trompe nasale dans la gadoue. Comme aucun personnage ne s’est vraiment dévoué pour la consoler et la remettre sur pied, Pincemi, en bonne peste psychotique, a donc saisi l’occasion de pouvoir une nouvelle fois péter un plomb et devenir une super vilaine.

Les super vilain·es

Le·a super vilain·e, c’est l’antagoniste par excellence du super héros. Parfois plus subtil·e que son homologue bienveillant·e, iel a souvent un passé trouble, voire douloureux. Abîmé·e et animé·e par un profond traumatisme, le·a super vilain·e est violent·e, cruel·le et sans pitié. Prêt·e à tout pour assouvir des objectifs pas jolis jolis comme la destruction ou la domination du monde, iel ne lésine pas sur les moyens, ni sur les dommages collatéraux.

Comme ce n’est pas la première fois que Pincemi passe du côté obscur pour devenir une Super Peau de Vache et que je la trouve un peu trop sage depuis un peu trop longtemps, je me suis dit que ça pourrait être marrant de devenir l’incarnation du Mal. Et redonner ainsi une raison de vivre à notre super héroïne pour l’instant vautrée dans sa propre déchéance. Car une super vilaine à combattre, c’est la raison d’être de ces gugusses masqué·es aux idéaux de justice et de paix. Et puis, avouons-le, c’est super jouissif de jouer les ordures.

L’exercice #11

L’exercice #11 est, vous l’aurez deviné, super simple : devenir un·e super vilain·e (avec un pouvoir, un équipement ou une aptitude quelconque), échafauder un plan pour conquérir/détruire le monde – ou, l’autre classique du genre, se débarrasser durablement et de façon irréversible de votre antagoniste en collants – et le mettre à exécution.

Vous n’êtes évidemment pas obligé·e d’écrire un texte parodique. Qu’il soit dramatique, héroïque ou que ce soit un pamphlet ; que votre plan diabolique réussisse ou échoue, l’essentiel est de prendre du plaisir. Il y a tant de méchant·es dont on peut s’inspirer dans les livres, les films et les séries. Choisissez, adaptez, écrivez ^^