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Exercice d’écriture : Procrastination saison 1 épisode 5 « Question de point de vue »

L’épisode 5 de la saison 1 du podcast « Procrastination » nous parle de point de vue de la narration et de focalisation. C’est donc avec ça qu’on va jouer au cours de cet atelier d’écriture.

La focalisation

Dans un premier temps, on va s’amuser avec la focalisation, c’est-à-dire le réglage de la lunette à travers laquelle on va regarder l’histoire.

Tout est question de point de vue
Tout est question de point de vue
Source : brgfx sur Magnific

Pour cet exercice, vous pouvez partir d’un de vos textes, en rédiger un nouveau ou partir d’un extrait de roman.

Dans le cas d’un texte déjà écrit, il vous faudra identifier la focalisation utilisée. Dans le cas d’un texte tout neuf que vous rédigez pour l’occasion, il vous faudra choisir avec quelle focalisation vous commencez.

Ensuite, réécrivez ce texte en changeant la focalisation. Vous devrez donc avoir trois versions d’un même texte, à la focalisation 0 (narrateur omniscient), interne (à travers les sens, les pensées et les émotions d’un personnage) et externe (à l’extérieur des personnages, de leurs pensées et émotions).

Le point de vue

Jouer avec les focalisations, c’est intéressant pour discerner les atouts et les limites de chacune d’entre elles. Mais pour mettre en évidence la façon dont le point de vue (la voix du personnage) influence la narration et le déroulement de l’histoire, on va aussi jouer avec la multiplicité des points de vue et raconter une histoire à travers les sens et les émotions de plusieurs personnages.

Choisissez au moins deux personnages (dans la banque de personnages qu’on a créée lors d’un précédent atelier ou parmi des personnages réels ou fictifs déjà existants) ou créez-les. Avec trois personnages différents, l’exercice sera sans doute encore plus parlant.

Sélectionnez ou écrivez une courte scène à travers le point de vue de chaque personnage, puis appréciez les différences et les subtilités qui en découlent dans la narration (le ton, le registre de langue, la fiabilité des informations du narrateur, etc.).

Vous pouvez (et devez) choisir un ou plusieurs points de vue décalés par rapport à l’histoire que vous racontez et l’univers de cette histoire (le point de vue du chat sur la vie de son humain, un extra-terrestre qui observe les Terriens, un narrateur dénué d’empathie ou, au contraire, hypersensible…) et voir comment ce décalage va renforcer la subjectivité de la narration et lui donner un ton unique, chose qui doit impérativement être aussi le cas – même si de façon moins évidente – avec un point de vue moins décalé.

Pour conclure

Le point de vue et la focalisation sont des aspects techniques de l’écriture complexes et difficiles à appréhender et maîtriser. Dans cet exercice, l’important n’est pas d’avoir une technicité parfaite, mais de jouer avec les différents points de vue et focalisations pour mieux les comprendre, les aimer et les choisir en fonction de ce qu’on veut qu’ils apportent au récit.

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Mon résumé de l’épisode 5 saison 1 de Procrastination : « Question de point de vue »

Parce qu’elle va influencer toute la narration, la question du point de vue est un choix crucial. C’est aussi un élément mal connu et difficile à maîtriser qui peut devenir un véritable écueil si on n’y prend pas garde.

Dans l’épisode 5 de la saison 1 du podcast Procrastination, Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort, tel un phare dans la nuit de l’auteurice perdu·e, nous donnent les outils pour guider ce choix afin qu’il soit fait en conscience et en maîtrise.

Les différents points de vue

La première chose à savoir et à retenir, c’est que narrateur et personnage sont deux rôles différents, même si un personnage peut-être narrateur. La ou le narrateur, c’est celui qui raconte l’histoire. Et c’est de son point de vue qu’elle nous sera contée.

Le point de vue
Le point de vue, c’est la longue-vue à travers laquelle on regarde l’histoire
Source : studio4rt sur Magnific

La focalisation, c’est le mode de vision. Il en existe trois :

La focalisation zéro

Le narrateur sait tout (omniscient). Il connaît les faits autant que les intentions des personnages. Cette narration se fait au passé (temps du conte) et à la 3è personne.

La focalisation externe

Le narrateur est extérieur à l’histoire et aux personnages. Il s’apparente à une caméra en plan fixe : on voit l’action se dérouler, mais on ne sait pas ce que pensent les protagonistes. Cette focalisation donne une impression d’objectivité du récit.

La focalisation interne

Le narrateur est un personnage. Cette focalisation permet de ménager le suspense, puisque le narrateur ne peut parler que de ce qu’il sait. Il peut aussi mentir et dissimuler, ce qui donne un récit forcément subjectif (on ne peut pas se fier au narrateur) et dont la subjectivité est assumée.

Les focalisations les plus répandues sont la focalisation interne à la première personne et le point de vue externe focalisé (d’un personnage). Il peut arriver que le narrateur donne au lecteur des infos que le personnage n’a pas : “Il ne savait pas que…” (avis personnel : c’est bidon).

Le point de vue et la focalisation ne sont pas forcément fixes et il est courant de voir une alternance de points de vue dans un récit, ainsi que des fluctuations de la focalisation externe à interne et inversement.

Le choix du point de vue

Les trois auteurices nous rappellent qu’une histoire, c’est avant tout des personnages. C’est non seulement leur histoire qu’on va suivre, mais c’est à travers leurs yeux qu’elle va nous être racontée. Les personnages sont le guide du lecteur (surtout quand, comme l’explique Shonda Rhimes dans sa Masterclass, le personnage à travers lequel on suit l’histoire est aussi novice que la lectrice).

Vivre l’histoire à travers les sens et les émotions d’un personnage permet de relever les enjeux et de ménager le suspense. Le choix du personnage focal est donc fondamental, car c’est ce qui va guider le lecteur, mais aussi l’histoire. Cela implique également la possibilité que le récit soit faux, partiel et teinté d’une subjectivité qu’on a évoquée dans un paragraphe précédent.

La multiplicité des points de vue est une technique courante, notamment en fantasy épique. Les mêmes évènements sont vus à travers le point de vue de plusieurs personnages, ce qui permet de mettre en évidence la complexité d’une situation.

Pour Mélanie Fazi, le point de vue et le temps de narration sont liés. La première personne se prête plutôt au présent et répond pour l’autrice à « un besoin d’immédiateté, d’être dans la tête du personnage » (ce sont aussi le point de vue et le temps qui ont ma préférence et que j’utilise le plus souvent).

Les problèmes de point de vue les plus courants

La vision stéréoscopique est souvent considérée comme une erreur de point de vue nommée « headhopping ». Lionel Davoust soulève la question de comment embarquer le lecteur ? Laurent Genefort souligne l’importance de l’identité des personnages (leur voix, d’où la nécessité d’une caractérisation soignée). La question à se poser au moment du choix du point de vue est : qu’apporte le point de vue par rapport à la situation ? Expérimenter les perceptions permet de jouer avec la narration, la fiabilité de ce qui est raconté…

Parmi les “erreurs” de point de vue les plus courantes, il convient de rappeler qu’on évite de changer de point de vue au sein d’une même scène. Il est également important de se rappeler que le personnage est véhicule, et quel personnage nous suivons.

Le “resserrage de caméra” (ou changement de point de vue/focalisation) doit se faire dans une logique de narration, pour la servir, et pas au petit bonheur la chance. Tout est possible tant que le système construit reste cohérent.

Le point de vue est une distribution d’informations sur le monde et les sentiments. Si le statut de la distribution change, c’est là qu’est la faute. On peut changer la focalisation si la distribution d’informations reste harmonieuse et cohérente.

Conclusion

Pour conclure, j’insisterai sur l’importance de caractériser ses personnages en amont de l’écriture d’une histoire et de s’appuyer sur ce travail préliminaire pour choisir le point de vue le plus adapté et en tirer le meilleur parti.

“Le PdV le plus simple est toujours le meilleur.”

Charlie Chaplin

Pour aller plus loin

Pour approfondir le sujet du point de vue et de la focalisation, parmi toutes les ressources possibles, Lionel Davoust suggère le livre de Élisabeth Bonharbour « Comment écrire des histoires », ainsi qu’un article sur son blog (auquel j’ajoute un lien vers celui de Stéphane Arnier, auquel je renvoie souvent les auteurices qui ont des lacunes/questions sur le sujet).

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Exercice d’écriture : Procrastination saison 1 épisode 4 « C’est pas la taille qui compte »

Pour l’exercice d’écriture basé sur l’épisode 4 de la saison 1 du podcast « Procrastination », il m’est difficile de proposer un atelier qui invite à écrire une histoire dans chacun des formats décrits dans l’épisode. Si toutefois l’expérience vous tente, je vous laisse la gérer en solo et me contenterai pour l’heure de vous présenter Writever, le défi d’écriture qui valorise la micronouvelle, format le plus commode à exploiter pour un exercice d’écriture, il faut bien l’avouer.

La micronouvelle, toute une histoire

Pour rappel, la micronouvelle est une histoire racontée en quelques mots. Son format oblige à une concision et une force d’évocation plus fortes encore que la nouvelle.

La micronouvelle la plus célèbre et la plus souvent citée en exemple est celle attribuée à Ernest Hemingway qui, au cours d’un dîner entre amis, aurait parié pouvoir écrire un roman en six mots.

Ernest aurait alors raflé la mise avec :

For sale : baby shoes, never worn.

(À vendre : chaussures bébé, jamais portées.)

Fake tweet créé avec Tweetgen
La microfiction la plus célèbre
Fake tweet créé avec Tweetgen

Ce qu’on retiendra de cet exemple, ce n’est pas qu’elle soit bel et bien d’Ernest ou que la légende lui ait attribué une paternité potentiellement illégitime, mais plutôt la masterclass narrative de cette micronouvelle.

Writever, un défi littéraire en ligne

Né sur Twitter, Writever est un défi d’écriture consiste à écrire une histoire en un tweet. L’exercice privilégie les genres de l’imaginaire dont parlait l’épisode 3 de la saison 1 et que je vous ai présentés dans l’article précédent (le hasard est réel et bienheureux, je dois l’admettre). Mais soyons fol·les, fuck les injonctions et écrivons dans le genre qui nous fait plaisir.

Twitter étant devenu X et ayant connu une fuite massive des cerveaux, le défi s’est exporté sur des réseaux plus… moins… Notamment sur Mastodon.

On retrouve les participations sous le hashtag #writever, où vous pourrez lire des microfictions aussi bien en français qu’en anglais.

L’exercice d’écriture : une micronouvelle par jour

Tous les mois, une liste thématique est proposée avec un mot pour chaque jour. Héritier de l’écriture sous contrainte oulipienne, ce défi invite les auteurices, confirmé·es ou aspirant·es, à poster quotidiennement une micronouvelle à partir du mot du jour, accompagnée du hashtag #writever.

L’ exercice que je vous propose – qui ne m’aura demandé nul autre effort que de présenter ce défi d’écriture et de vous inviter à le faire – consiste donc, vous l’aurez compris, à trouver la liste du mois en cours – et/ou des mois précédents si ça vous botte – et à rédiger une micronouvelle par jour (sans liste ou avec votre propre liste, ça marche aussi).

Ayant de plus en plus de mal avec les contraintes et les délais, j’ai écrit et posté au rythme de mon envie et de mon inspiration (et fini par abandonner) et je vous inviterais bien à faire pareil, mais je pense qu’un brin de rigueur et d’autodiscipline ne peuvent nuire ni à vous ni à moi.

Il n’y a évidemment aucune obligation à publier vos créations sur les réseaux sociaux, mais si vous le faites, n’oubliez pas le #writever pour vous donner une chance d’être vu·e et lu·e.

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Mon résumé de l’épisode 4 saison 1 de Procrastination : « C’est pas la taille qui compte »

Dans l’épisode 4 de la saison 1 du podcast « Procrastination », Lionel Davoust, Mélanie Fazi et Laurent Genefort nous parlent de la taille des textes et de l’évolution des normes des différents formats au fil des avancées technologiques. Iels s’attardent entre autres sur ce qui différencie, outre le nombre de caractères, un roman d’une nouvelle.

Des différences de taille

Avant de définir la taille des différents formats d’histoires, les trois auteurices précisent que dans l’édition française, les textes se mesurent en SEC (Signes Espaces Comprises) et non en mots.

Iels nous présentent ensuite les différents formats sous lesquels on peut raconter une histoire et qui se définissent principalement selon la taille du texte :

  • La short short story (ou micronouvelle, format courant sur les réseaux sociaux) est une histoire racontée en une phrase à une page maximum.
  • La short story, ou nouvelle en français, compte de 2-3 000 sec à 50 000 SEC.
  • De 50 à 150 000 SEC, on aura affaire à une novela.
Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la taille d’un texte
Tout, tout, tout, vous saurez tout sur la taille d’un texte
Source : wirestock sur Freepik
  • Si le roman et le cycle (une histoire coupée en morceau ou une histoire et ses suites) ont connu une inflation de la taille du récit et vont aujourd’hui aisément jusqu’à un million de signes – voire deux, il y a encore quelques années, la taille moyenne d’un roman se situait plutôt autour de 300 k SEC.

Des différences de taille

Comment décide-t-on de la longueur d’un roman ? Et bien, on ne décide pas vraiment. Le format se dessine de lui-même, comme l’explique Mélanie Fazi, dont la nouvelle est le genre de prédilection. Elle pense que certain·es auteurices sont plus fait·es pour un type de longueur ou l’autre, selon que leur style d’écriture repose sur la suggestion et la concision ou sur la description.

Outre les préférences personnelles, la question des contraintes (éditoriales notamment), qui peuvent être induites par le genre, la maison d’édition… peut également influer sur la taille d’un texte (je dois d’ailleurs revoir la taille d’une de mes histoires à la hausse avant de la soumettre, afin de rentrer dans les critères d’une éventuelle publication papier en plus de l’e-book).

Le texte lui-même, en fonction de plusieurs critères, peut se prêter plus facilement à un format ou à l’autre en dépit de la volonté de son auteurice.

La taille des textes, une norme soumise aux contraintes et aux évolutions technologiques

Les normes éditoriales sont soumises aux limites et progrès de la technologie plus qu’à la volonté des auteurices et/ou des éditeurices. Par exemple, le feuilleton littéraire est né des contraintes de publication quotidienne dans les journaux, et l’apparition du format poche et les contraintes qu’il implique ont causé des problèmes de coupe et de restriction de signes, menant à la moyenne précédemment citée de 300 k sec pour un roman.

Cette moyenne a ensuite explosé grâce à l’apparition du traitement de texte, qui a facilité l’accès à l’écriture, mais aussi aux réductions des coûts d’impression et à l’apparition de longs cycles et des univers partagés (les grosses licences comme Star Wars…), qui ont formé l’esprit de læ lecteurice à des exigences de longueur, auxquelles bon nombre d’auteurices sont heureuxses de se plier.

La nouvelle, tout un art

Pour résumer de façon un peu simpliste, la nouvelle pourrait être un épisode de la vie d’un personnage et le roman en raconterait l’intégralité.

Une des principales différences entre les deux formats réside dans la gestion du rythme de la narration. Dans un roman, l’auteurice joue avec les variations de rythme pour tenir læ lecteurice en haleine, tandis que le rythme de la nouvelle tend vers l’élan constant ou l’accélération (les trois auteurices valident la comparaison du sprint Vs marathon).

Outre la taille et le rythme, une autre différence majeure entre la nouvelle et le roman réside dans la chute, qui est la ligne directrice de la nouvelle, tandis que le roman se concentre plus sur la route qui y mène. Si la nouvelle est moins tributaire d’un formatage, l’aspiration vers la fin pose d’autres contraintes, telles que la limite du nombre de personnages, de péripéties ou encore la nécessité de descriptions sommaires mais percutantes.

Concision et précision sont les deux mamelles de la nouvelle. Edgar Poe disait d’ailleurs à ce sujet :

Dans une nouvelle, tout doit concourir à l’effet final.

Lionel Davoust ajoute que l’écriture de nouvelles est une excellente école, notamment parce que le risque est minimum : si une nouvelle est mauvaise ou rejetée par une maison d’édition, elle aura demandé un investissement en temps et en énergie moindre et même si les enseignements de la nouvelle doivent s’oublier dès qu’on passe à l’écriture d’un roman, elle est un très bon moyen d’exercer son écriture.

Laurent Genefort précise que la science-fiction est le genre de la nouvelle par excellence, car la SF concerne l’expérience plus que l’histoire avec tous ses développements.

En conclusion

En littérature comme ailleurs, ce n’est pas la taille qui compte, mais la façon dont on s’en sert. Le format n’est pas une fin en soi, il n’est que la somme de vos préférences en matière d’écriture et du but que vous poursuivez avec votre texte